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Relations

Numéro 755, mars 2012, p. 16-18

Souffrances

Direction : Élisabeth Garant (directrice)

Rédaction : Jean-Claude Ravet (rédacteur en chef), Catherine Caron (rédactrice en chef adjointe) et Amélie Descheneau-Guay (secrétaire de rédaction)

Éditeur : Centre justice et foi

ISSN : 0034-3781 (imprimé)  1929-3097 (numérique)

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Article

Quand l’âme a cessé d’animer

Andrée Quiviger

Résumé | Extrait

Quand l’âme a cessé d’animer Andrée Quiviger Chaque année, au bout de notre fil téléphonique, des milliers de personnes laissent filtrer de façon plus ou moins décousue une souffrance intraduisible. Elles ne parviennent pas à surmonter les secousses d’une rupture amoureuse; elles sont aux prises avec une maladie mentale qui les éreinte; elles sont victimes de harcèlement à l’école ou d’injustice au travail; un malheur les accable, plus grand que leur courage; d’anciennes agressions remontent à leur conscience, allumant une imparable violence; elles sont en perte de foi en l’autre mais surtout en elles-mêmes ou encore elles savent à quel point elles ne ressentent plus. Dans tous les cas, des digues ont sauté dans leur psychisme et leur pensée ne sait plus décliner le futur simple. Leur âme a cessé de les animer et le suicide apparaît, dans ce qui leur reste d’horizon, comme la seule garantie d’arrêter enfin de souffrir. Leur souffrance étrange ne s’attaque ni aux os, ni à la chair mais au souffle vital. Ces personnes n’ont plus faim, dorment à peine, leur pensée s’embrouille, leurs yeux se détournent du soleil, elles n’entendent plus les oiseaux ni le vent dans les fenêtres, elles ne soignent plus leur corps vidé d’affects ni n’alimentent leur esprit dépourvu de direction. L’alcool les attire comme la lumière capture les papillons de nuit. Elles parlent d’autant moins qu’elles mesurent leur surpoids sur les épaules d’autrui. Comment, de l’extérieur, ranimer un souffle en dérive, qui n’a rien à voir avec un système cardiovasculaire détraqué ou l’inertie d’un noyé? Le naufrage, ici, c’est celui de l’espérance, celui de cette force psychologique bien proche de l’amour, inaugurée dans l’enveloppement d’une mère et qui s’alimente des liens et des relations tout au long de l’existence. Les personnes suicidaires ne s’en sortiront pas vraiment sans la bienveillante proximité de proches. Certes, des médicaments favoriseront le sommeil, d’autres stimuleront l’appétit et...

Auteur : Andrée Quiviger
Titre : Quand l’âme a cessé d’animer
Revue : Relations, Numéro 755, mars 2012, p. 16-18
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67014ac

Tous droits réservés © Relations, 2012

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