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Relations

Numéro 755, mars 2012, p. 20

Souffrances

Direction : Élisabeth Garant (directrice)

Rédaction : Jean-Claude Ravet (rédacteur en chef), Catherine Caron (rédactrice en chef adjointe) et Amélie Descheneau-Guay (secrétaire de rédaction)

Éditeur : Centre justice et foi

ISSN : 0034-3781 (imprimé)  1929-3097 (numérique)

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Article

Souffrance et création

Lino

Résumé | Extrait

L’entre-temps, c’est le présent actif des femmes, parce qu’elles savent que les plans d’avenir, les grands projets sociaux à longue échéance seront possibles seulement si la vie est maintenue au présent. Souffrance et création Lino Quoi qu’on en dise, création et souffrance sont intimement liées. Créer comporte une part d’obscurité et de souffrance. Lorsque l’artiste plonge au plus profond de lui pour en extraire une forme, une expression jusqu’alors inconnue, il se fait souffrance. C’est le prix à payer pour atteindre cet état créatif. Lorsque je peins, je ne cherche pas la souffrance; elle s’installe dans mes couleurs, elle m’invite à la suivre jusque dans mes retranchements les plus primitifs. C’est là que se trouve le vrai défi de l’artiste et de l’être humain : accepter que la souffrance réside en chacun de nous. Elle n’est pas une menace, mais une invitation à saisir le vivant dans toute sa fragilité et sa beauté. Mon travail artistique des dernières années s’est beaucoup appliqué à apprivoiser cette zone d’obscurité. Comme s’il y avait dans la souffrance une grande lumière. J’ai le sentiment que nous vivons d’une certaine manière conditionnés à ne voir qu’à travers une fausse lumière. C’est pourquoi toute tentative de démontrer qu’il y aurait une forme de beauté dans la souffrance est perçue comme négative. À mon sens, la vraie lumière provient de la compréhension de cet échange entre clarté et obscurité. Entre souffrance et bien-être. Il n’y a pas de plus belle lumière que la lucidité, qui réunit le bien et le mal, le jour et la nuit dans une forme complète et pure. C’est à chacun de nous de profiter de son éclat. Qu’y a-t-il de si lumineux dans la souffrance? Je crois que la beauté de la souffrance réside dans cet invisible sentiment d’obscurité que l’on éprouve, selon nos capacités, devant la vulnérabilité de l’être humain. Cette sensibilité fait de nous des êtres plus vrais et plus réceptifs aux autres. Comment comprendre ce qui nous entoure si...

Auteur : Lino
Titre : Souffrance et création
Revue : Relations, Numéro 755, mars 2012, p. 20
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67016ac

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