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Relations

Numéro 755, mars 2012, p. 24-27

Souffrances

Direction : Élisabeth Garant (directrice)

Rédaction : Jean-Claude Ravet (rédacteur en chef), Catherine Caron (rédactrice en chef adjointe) et Amélie Descheneau-Guay (secrétaire de rédaction)

Éditeur : Centre justice et foi

ISSN : 0034-3781 (imprimé)  1929-3097 (numérique)

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Article

L’idéologie managériale déshumanisanteEntrevue avec Vincent de Gaulejac

Entrevue réalisée par

Jean-Claude Ravet

Résumé | Extrait

L’idéologie managériale déshumanisante Entrevue avec Vincent de Gaulejac Une souffrance psychique est de plus en plus vécue dans le milieu du travail. Vincent de Gaulejac, sociologue clinicien, directeur du Laboratoire de changement social à l’Université Paris VII et auteur, entre autres, de Travail, les raisons de la colère (Paris, Seuil, 2011) analyse ce phénomène inquiétant qu’il relie directement à l’emprise de l’idéologie gestionnaire sur l’organisation du travail. Relations : Quelle est cette idéologie gestionnaire qui génère de nouvelles souffrances dans le monde du travail? Vincent de Gaulejac : Cette idéologie est indissociable du néolibéralisme qui s’est imposé comme le seul modèle économique valable depuis trente ans. Tous deux proviennent de l’École de Chicago de Milton Friedman où le néolibéralisme a été enseigné. Celui-ci venait en quelque sorte avec un mode d’emploi : la théorie du capital humain de Garry Becker notamment, selon laquelle l’humain est considéré comme une simple ressource au service du développement de l’entreprise, ou un capital à faire fructifier. Dans cette perspective, l’humain n’est surtout pas la finalité du développement économique. Le concept de « ressources humaines » qui remplace, dans les années 1980, celui de « service du personnel » dans les entreprises – jugé dépassé – l’illustre bien. Le moyen (le rendement, l’efficacité, la gestion) est devenu la finalité; tout est mis à son service, humains y compris. L’économie réelle, la production de biens et de services et le bien-être de la société ne comptent pas en comparaison du profit. Tout est soumis à la tyrannie du chiffre. Si cela garantit une meilleure rentabilité du capital, on est prêt à jeter massivement des travailleurs au chômage ou dans la misère, à fermer des entreprises même rentables, à détruire les écosystèmes. Cette gestion managériale, d’abord appliquée dans les multinationales, est devenue l’idéologie dominante de notre temps et tend à envahir tous les...

Auteur : Jean-Claude Ravet
Titre : L’idéologie managériale déshumanisante : entrevue avec Vincent de Gaulejac
Revue : Relations, Numéro 755, mars 2012, p. 24-27
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67019ac

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