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Relations

Numéro 755, mars 2012, p. 32-34

Souffrances

Direction : Élisabeth Garant (directrice)

Rédaction : Jean-Claude Ravet (rédacteur en chef), Catherine Caron (rédactrice en chef adjointe) et Amélie Descheneau-Guay (secrétaire de rédaction)

Éditeur : Centre justice et foi

ISSN : 0034-3781 (imprimé)  1929-3097 (numérique)

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Article

À mon frère, l’outarde aux pieds nus

Michel Dansereau

Résumé | Extrait

À mon frère, l’outarde aux pieds nus Michel Dansereau « Je ne suis pas revenu pour revenir Je suis arrivé à ce qui commence. » Tels sont les vers de Gaston Miron tirés de L’homme rapaillé que Pierre Dansereau, mon frère aîné, met en exergue de son autobiographie. Intitulée Projets inachevés, elle raconte ses jeunes années jusqu’à son mariage. Pour se remémorer son passé, mais non pour s’y fixer, Pierre dit d’où il vient, qui il est, où il va et les projets qu’il nous invite à continuer. Quelle mine d’or qu’un récit d’enfance pour comprendre le sens d’une vie! Jean-Paul Sartre affirme qu’on ne peut rien dire de la vie d’un homme tant qu’il n’est pas mort. Pierre est décédé le 28 septembre. On l’enterra le 5 octobre, jour de son anniversaire de naissance, dans cette terre qu’il a tant explorée. Il allait fêter ses 100 ans... après plusieurs mois de déracinement, d’arrachement à sa résidence1, de souffrances morales. Les derniers mois, on l’a même tenu attaché... Lui, homme de liberté, en état de contention! On pourrait graver sur sa tombe, comme on le faisait pour les premiers martyrs chrétiens : né le... et l’on inscrivait le jour de leur mort. Comme dit Hegel, le jour de sa mort est aussi le jour de sa naissance. Oui, Pierre est « arrivé à ce qui commence »! Entre-temps, il a beaucoup travaillé. Il a bien préparé ce qui commence ou ce qui cherche à commencer... D’autres diront mieux que moi son apport scientifique. Permettez-moi de vous confier plutôt quelques composantes affectives, poétiques, symboliques, qu’on ne trouvera peut-être pas dans son héritage d’homme de science à strictement parler. Je voudrais témoigner ici de la dimension mystique de sa personnalité. Je parlerai d’abord de l’importance qu’a prise la Gaspésie de notre enfance à travers la prévalence du thème de l’oiseau : oie sauvage, cormoran, goéland, fou de Bassan. C’est là que Pierre a contribué à me réconcilier avec le charnel alors que j’étais en pleine adolescence menacée de puritanisme....

Auteur : Michel Dansereau
Titre : À mon frère, l’outarde aux pieds nus
Revue : Relations, Numéro 755, mars 2012, p. 32-34
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67022ac

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