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Relations

Numéro 754, janvier-février 2012, p. 3

L’Amérique latine : boussole pour les temps présents

Direction : Élisabeth Garant (directrice)

Rédaction : Jean-Claude Ravet (rédacteur en chef), Catherine Caron (rédactrice en chef adjointe) et Amélie Descheneau-Guay (secrétaire de rédaction)

Éditeur : Centre justice et foi

ISSN : 0034-3781 (imprimé)  1929-3097 (numérique)

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Sur le danger du fondamentalisme

Jean-Claude Ravet

Résumé | Extrait

Claudia Bernal, C’est ici le Paradis? IV, 2004, eau-forte, aquatinte, pointe-sèche Le 22 novembre dernier, un reportage télévisé de Radio-Canada a soulevé, à juste titre, l’indignation. Un imam de Brossard y affirmait d’un air enjoué que l’amputation en cas de vol et la lapidation en cas d’adultère étaient voulues par Dieu : « On ne peut rien y changer, c’est la Loi de Dieu. » Dans une lettre parue dans Le Devoir (5 décembre), des professeurs d’université et des militants pour la laïcité demandaient qu’il soit traduit devant les tribunaux pour de tels propos encourageant des pratiques inhumaines et barbares. Peu de temps après, on l’entendait de nouveau au téléjournal se confondre en excuses, ému, la voix tremblotante. On l’avait mal compris. Il respectait la loi canadienne et n’endossait pas ces pratiques. Qu’il respecte la loi, on ne peut en douter, quant à l’autre affirmation, c’est moins sûr. Sa manière de croire l’empêche, de toute évidence, de prendre une distance critique par rapport à la lettre du Coran. On voit ici tous les bienfaits de la sécularisation. Il n’y a pas de parole de Dieu qui tienne si elle s’écarte du respect de la dignité humaine et du respect des droits fondamentaux. Elle peut être jugée et condamnée comme toute parole dégradante, humiliante, haineuse. Cela ne signifie pas, pour autant, que la sécularisation soit incompatible avec le religieux, loin de là. Une manière de comprendre et de vivre la foi chrétienne n’y a-t-elle pas grandement contribué, comme l’ont très bien montré Jean-Claude Guillebaud dans Le principe d’humanité (Seuil, 2001) et Charles Taylor dans L’âge séculier (Boréal, 2011)? On pourrait même dire, pour employer une métaphore religieuse, que la sécularisation est une grâce, en ce sens qu’elle purifie la notion même de Dieu, comme disait Simone Weil, et indique un chemin d’humanité dont les religions ne peuvent s’écarter sans renier leur origine – c’est-à-dire le coeur humain, la parole et l’expérience humaine – et...

Auteur : Jean-Claude Ravet
Titre : Sur le danger du fondamentalisme
Revue : Relations, Numéro 754, janvier-février 2012, p. 3
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67065ac

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