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Relations

Numéro 754, janvier-février 2012, p. 7-8

L’Amérique latine : boussole pour les temps présents

Direction : Élisabeth Garant (directrice)

Rédaction : Jean-Claude Ravet (rédacteur en chef), Catherine Caron (rédactrice en chef adjointe) et Amélie Descheneau-Guay (secrétaire de rédaction)

Éditeur : Centre justice et foi

ISSN : 0034-3781 (imprimé)  1929-3097 (numérique)

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Article

Élections en République démocratique du Congo

Mouloud Idir

Résumé | Extrait

Élections en République démocratique du Congo La lutte contre la corruption et le pillage des ressources ne semble pas avoir trouvé une issue politique dans les récentes élections. Mouloud Idir Le 28 novembre dernier ont eu lieu les élections présidentielles et législatives en République démocratique du Congo (RDC). Ce rendez-vous électoral est le deuxième dans l’histoire de ce géant africain, indépendant depuis 1960. Près de 32 millions d’électeurs étaient attendus pour ce scrutin dans quelque 64 000 bureaux de vote. L’Église catholique a joué un rôle important lors de ces élections. La Conférence épiscopale nationale du Congo a mis sur pied, de concert avec des organismes d’autres confessions religieuses et le Centre Carter (ONG étasunienne), une mission d’observation réunissant 30 000 participants. La Conférence des évêques catholiques du Canada a ainsi répondu à l’appel de sa consoeur congolaise en demandant à Développement et Paix d’organiser une délégation composée de cinq personnes, dont j’étais au nom du Centre justice et foi. Finalement, après plusieurs jours de retard, la Commission électorale nationale indépendante (CÉNI) a annoncé la victoire de Joseph Kabila avec 48,95 % des voix. Une telle manoeuvre est possible parce que la majorité présidentielle au pouvoir à Kinshasa a voté, au début de 2011, une modification de la Constitution et de la Loi électorale permettant d’être élu à la majorité simple à un tour. Son opposant, Étienne Tshisekedi, qui a obtenu 32,33 % des voix, a pour sa part rejeté ce verdict et s’est autoproclamé président élu de la RDC. Le Centre Carter et la mission d’observation de l’Union européenne, s’ils ont relevé des anomalies et de nombreuses irrégularités entourant ce scrutin, refusent de se prononcer quant à savoir s’il y a eu des fraudes à grande échelle ou des dysfonctionnements. Il en va de même de l’Église catholique qui a déclaré les élections « crédibles » tout en déplorant « les irrégularités, les violences et les tentatives de fraude », sans donner de plus amples précisions et en appelant surtout tous les acteurs politiques à éviter la violence et à accepter le verdict des urnes. Le cardinal Laurent Monsengwo, archevêque de Kinshasa, a quant à lui déclaré sur les ondes de Radio Okapi, le 12 décembre dernier, que « les résultats annoncés par la CÉNI ne sont pas conformes à la vérité ni à la justice ». Dans ce contexte, les grandes puissances semblent embarrassées : les communiqués officiels des différentes chancelleries rechignent à donner un satisfecit au président Joseph Kabila. Sur place, la volonté de la population congolaise de prendre son avenir en main de façon souveraine pour en finir avec la corruption et la braderie des ressources naturelles était manifeste. La longue lutte de la société congolaise pour la démocratie et une plus grande justice ne date pas d’aujourd’hui. Elle remonte au début des années 1990 avec notamment l’épisode des Conférences nationales souveraines qui ont émergé en Afrique. Mais les grandes puissances avaient d’autres plans pour la RDC : il fallait trouver un remplaçant durable à Mobutu pour continuer de piller le pays en toute quiétude. Un article de Jooneed Khan (Relations, août 2009) rappelle que la responsabilité première de ce pillage silencieux et éhonté incombe à l’État congolais lui-même, faible et corrompu. Dès le début des années 1990, la carte politique interne a été redéfinie au profit des multinationales des États anglo-saxons, qui ont comme supplétifs des États régionaux. Ainsi, d’importantes concessions minières sont cédées à rabais à des multinationales des États-Unis, du Canada et de l’Europe, sur fond de privatisation de la guerre. C’est l’avenir de l’Afrique qui se dessine en RDC. Des analyses relèvent qu’au moment où l’Empire déploie l’Africom1, pousse le Kenya à guerroyer en Somalie et s’emploie à détourner le Printemps arabe en sa faveur en jouant la carte islamiste, les Congolais renouent avec la ferveur démocratique de la Conférence nationale souveraine d’il y a vingt ans.

Auteur : Mouloud Idir
Titre : Élections en République démocratique du Congo
Revue : Relations, Numéro 754, janvier-février 2012, p. 7-8
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67179ac

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