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Relations

Numéro 759, septembre 2012, p. 4-5

Une Église appauvrie : une chance?

Direction : Élisabeth Garant (directrice)

Rédaction : Jean-Claude Ravet (rédacteur en chef), Catherine Caron (rédactrice en chef adjointe) et Emiliano Arpin-Simonetti (secrétaire de rédaction)

Éditeur : Centre justice et foi

ISSN : 0034-3781 (imprimé)  1929-3097 (numérique)

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Article

Attaque contre les chômeurs

Pierre Céré

Résumé | Extrait

Attaque contre les chômeurs Pierre Céré Il y a un peu plus d’un an, au sortir des élections fédérales de mai 2011, une sorte de bilan s’est imposé à nous au sein du Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC). En effet, depuis 1990, nous avons été de tous les combats contre les mesures régressives et autres contre-réformes imposées au régime d’assurance-chômage qui ont fini par consacrer le nivellement à la baisse de ce programme devenu l’assurance-emploi, en 1996. Pendant toutes ces années, nous avons livré une bataille incessante, parfois avec beaucoup d’impact, parfois moins il est vrai, mais presque toujours en étant la bougie d’allumage, le moteur organisationnel. Surtout, nous gardions espoir que les choses changeraient, qu’une majorité politique au fédéral finirait par nous donner raison. Le choc a été brutal lorsqu’il a fallu mesurer l’impasse dans laquelle nous nous retrouvions et ce qui nous attendait à la suite de l’élection, en 2011, d’un gouvernement majoritaire conservateur pourtant rejeté par 83 % des Québécois. À l’heure du bilan donc – étrange croisement de réflexion et de torpeur –, nous avons finalement vu émerger une idée qui avait déjà été évoquée dans nos milieux au fil du temps : celle de rapatrier au Québec le pouvoir de mettre en place notre propre programme d’assurance-chômage. Il est possible et souhaitable d’établir un tel programme qui protègerait mieux et de bonne foi les travailleurs, et assumerait pleinement le rôle qui lui est dévolu en s’articulant véritablement avec l’ensemble de nos politiques sociales. C’est à l’intérieur de ces paramètres que nous avons produit un argumentaire (voir notre site <lecnc.com>) et réuni un groupe de personnalités autour du projet. Des municipalités québécoises ont pris l’initiative de voter des résolutions d’appui. Au cours des mois de septembre et d’octobre, le CNC fera une tournée d’assemblées publiques au Québec. Bien sûr, il faudra une volonté politique à l’Assemblée nationale. À cela aussi nous travaillons, car au-delà de l’esprit de parti, de clan, d’intérêt, c’est du rôle même de l’État québécois, de sa capacité à mettre en place des mesures modernes de protection sociale qui répondent aux préoccupations et aux besoins actuels dont il est question. Les mesures adoptées au mois de juin, dans le cadre du projet de loi omnibus C-38, par le gouvernement conservateur, ne font que renforcer notre conviction qu’il faut sortir de là. En effet, ces mesures affecteront gravement le régime d’assurance-emploi, au point d’en ébranler les fondations mêmes. Tout un pan historique de la loi est mis à terre, comme le droit de refuser un emploi non convenable. Dorénavant, en faisant des « prestataires fréquents » leur bête noire, les conservateurs obligeront les travailleurs saisonniers ainsi que tous ceux et celles qui ne travaillent pas à l’année à accepter toute offre d’emploi à 80 % et même 70 % de leur salaire. On crée ainsi une nouvelle sous-classe de chômeurs qui n’aura plus les mêmes droits que les autres et qui sera soumise à plus d’obligations. Ce faisant, on jette à la poubelle 70 ans de jurisprudence. Précisons qu’en s’en prenant ainsi aux travailleurs saisonniers, on s’attaque avant tout au Québec et aux provinces de l’Atlantique. Au Québec, 34 % des prestataires d’assurance-emploi sont des travailleurs saisonniers (46 % au Nouveau-Brunswick, 51 % à Terre-Neuve), alors que cette proportion tombe à 19 % en Ontario, à 14 % en Colombie-Britannique et à 9 % en Alberta. C’est comme si le gouvernement fédéral avait déclaré la guerre à l’est du pays. D’autres mesures s’ajoutent à cela, comme l’abolition des tribunaux administratifs qui seront remplacés par une nouvelle instance où ne siégera qu’un seul commissaire nommé par le gouvernement. Est-il besoin de dire qu’en la matière, nous appréhendons le pire? Le gouvernement Harper met également fin aux projets-pilotes mis en place, en 2004 et 2005, pour adoucir les effets les plus néfastes des réformes de l’assurance-emploi et qui visaient les régions connaissant un haut taux de chômage.

Auteur : Pierre Céré
Titre : Attaque contre les chômeurs
Revue : Relations, Numéro 759, septembre 2012, p. 4-5
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67321ac

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