Érudit - Promouvoir et diffuser la recherche
FrançaisEnglishEspañol
 

Recherche détaillée

.

Relations

Numéro 759, septembre 2012, p. 14-16

Une Église appauvrie : une chance?

Direction : Élisabeth Garant (directrice)

Rédaction : Jean-Claude Ravet (rédacteur en chef), Catherine Caron (rédactrice en chef adjointe) et Emiliano Arpin-Simonetti (secrétaire de rédaction)

Éditeur : Centre justice et foi

ISSN : 0034-3781 (imprimé)  1929-3097 (numérique)

rel049
< PrécédentSuivant >

Abonnement requis!

L’accès à cet article est réservé aux abonnés. Toutes les archives des revues diffusées sur Érudit sont en accès libre (barrière mobile de 2 ou 3 ans). Pour plus d’information, consulter la page Abonnements et politique d’accès.

Connexion (abonné individuel)

Article

Où sont les prophètes?

Laurette Lepage

Résumé | Extrait

septembre 2012 relations Où sont les prophètes? Laurette Lepage1 Crie de toutes tes forces, ne te retiens pas! Que ta voix retentisse comme un cor! Isaïe 58, 1 Ce n’est pas d’hier que le cri des prophètes retentit pour la justice sociale. Ce cri vient du fond des temps, résonne encore avec une acuité alarmante et est devenu aujourd’hui l’écho de la planète tout entière. Ce n’est pas d’hier non plus que les humains font passer le rituel avant la justice, mais les prophètes sont là pour crier que la foi professée dans le culte ne doit pas se dissocier de la vie concrète. Ce qui compte d’abord, c’est la personne humaine dans son existence de chaque jour. Aujourd’hui comme hier, la voix dérangeante des prophètes saura-t-elle crier de toutes ses forces que la vraie religion, c’est d’abord « détacher les chaînes injustes, renvoyer libres les opprimés, et briser tous les jougs? » (Isaïe 58, 6). Le lion qui rugit Au temps du prophète Amos, au VIIIe siècle avant le Christ, la richesse se trouvait entre les mains de quelques riches, tandis qu’il y avait de plus en plus de pauvres. Des gens devaient se vendre « pour une paire de sandales ». Ils n’avaient même pas de quoi se couvrir la nuit. Ils étaient réduits à l’esclavage parce qu’incapables de payer leurs dettes. On était en train de les supprimer complètement. Cela n’est pas exagéré; le livre d’Amos nous en donne tous les détails. Le rugissement du lion, c’est la voix du Seigneur qui se fait entendre (Amos 1,2). Le prophète dénonce ces injustices sociales et une religion qui se contente de pratiques extérieures, d’une religiosité hypocrite où l’engagement n’est pas au rendez-vous : « Cessez de brailler vos cantiques à mes oreilles, mais faites que la justice coule comme un torrent jamais à sec » (5, 23-24). Amos nous révèle un Dieu qui défend les pauvres. Qu’en est-il aujourd’hui? En ce début du XXIe siècle, n’y a-t-il pas encore, ici, chez-nous, toute une frange de la population qui vit dans la pauvreté? Des gens surendettés survivent dans des appartements de misère. Et que dire de ce qui se vit à l’échelle de notre planète? Un milliard de personnes meurent de faim dans le monde et autant n’ont pas accès à l’eau potable. Huit millions d’enfants meurent chaque année de la pauvreté. Près de cent trente millions d’enfants vivent dans la rue, dans des conditions de dénuement extrême – trente millions seulement au Brésil. J’en ai vu dans un dépotoir à João Pessoa se disputer la nourriture avec les chiens et les rats. Cela est injuste et nous ne pouvons pas nous accommoder d’une telle situation. La pauvreté est la réalité quotidienne de la vie de trop d’hommes et de femmes. Pourtant, rien ne change. N’y a-t-il pas de quoi s’indigner? S’attaquer à une telle injustice peut paraître utopique, même avec les efforts gigantesques que font des organismes comme Développement et Paix. Le fossé entre l’Église et l’expérience quotidienne du peuple de Dieu ne cesse de se creuser. La plupart des gens donnent encore quelques dollars à l’occasion d’une collecte pour Noël ou le carême, et quelques bénévoles donnent du temps à un organisme qui ramasse et distribue des meubles, des vêtements ou de la nourriture. Mais la misère, la pauvreté et l’exclusion continuent sans qu’on se demande, au sein de l’Église, quelle en est la cause. Faire Église autrement À la suite des prophètes, le Christ amplifie sa voix pour signifier qu’il veut une Église libératrice : « L’Esprit m’a consacré pour donner aux pauvres une bonne nouvelle, annoncer la libération aux captifs, conduire les opprimés vers la liberté » (Luc 4, 18).

Auteur : Laurette Lepage
Titre : Où sont les prophètes?
Revue : Relations, Numéro 759, septembre 2012, p. 14-16
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67329ac

Tous droits réservés © Relations, 2012

À propos d'Érudit | Abonnements | RSS | Conditions d’utilisation | Pour nous joindre | Aide

Consortium Érudit ©  2015