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Relations

Numéro 759, septembre 2012, p. 23

Une Église appauvrie : une chance?

Direction : Élisabeth Garant (directrice)

Rédaction : Jean-Claude Ravet (rédacteur en chef), Catherine Caron (rédactrice en chef adjointe) et Emiliano Arpin-Simonetti (secrétaire de rédaction)

Éditeur : Centre justice et foi

ISSN : 0034-3781 (imprimé)  1929-3097 (numérique)

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Article

Le patrimoine religieux, un bien collectif

Denis Robitaille

Résumé | Extrait

Le patrimoine religieux, un bien collectif Denis Robitaille Ces années-ci, le rapport des autorités ecclésiales et religieuses avec leur patrimoine est difficile. Confrontées à un cruel manque de moyens financiers et de ressources humaines, elles doivent entretenir des résidences communautaires et des lieux de culte de plus en plus démesurés en regard de leurs besoins. La fermeture de couvents et les fusions de paroisses créent un parc immobilier excédentaire à un rythme sans cesse croissant. Cette situation, exposée maintes fois dans les médias ou les colloques spécialisés, est bien connue; des inventaires en cours et des études gouvernementales et universitaires en révèlent l’ampleur. Peut-elle se transformer en enrichissement collectif? Des exemples inspirants peuvent peut-être nous en convaincre. Déjà, par son existence même, le patrimoine religieux est une richesse collective. Il le devient encore davantage lorsqu’il est offert à la découverte et au partage du public en général. Les communautés religieuses figurent d’ailleurs parmi les pionnières dans la création de musées ouverts au public. Pensons au Musée des Ursulines à Québec et à celui des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal. Aujourd’hui, les religieux et, dans une plus grande mesure, les religieuses entreprennent de vastes projets d’inventaires, de regroupements de collections et d’entrevues avec leurs aînés afin de sauvegarder la mémoire de leur contribution au développement spirituel et social du Québec. Soulignons que leur patrimoine culturel (archives, collections et bâtiments) nous parvient dans un état impeccable, ce qui atteste d’un sens des responsabilités envers la population qui force l’admiration. Si le patrimoine est jugé excédentaire, sa reconversion est alors envisagée en filiation avec sa mission d’origine. Pensons à l’établissement de bibliothèques, de centres communautaires, de lieux de diffusion des arts de la scène – comme la salle Bourgie à Montréal dans l’église Erskine and American –, ou encore de lieux de séjour inspirants – comme celui que préparent les Augustines dans leur monastère du Vieux-Québec. Dans une localité ou un quartier, le maintien de l’usage communautaire de l’église ou du couvent est souvent un élément central désiré, non seulement sur le plan urbanistique, mais pour la population. Ainsi, tout en y conservant la célébration du culte, certaines paroisses réaménagent leur église en partenariat avec leur municipalité pour en faire un lieu à usage mixte où l’on trouve une salle communautaire, une bibliothèque, etc., ouvert au plus grand nombre – l’église de la Durantaye en est un bel exemple. D’autres paroisses, en collaboration avec les responsables du tourisme, les gens d’affaires ou les groupes communautaires, font de leurs églises des attraits touristiques ou des lieux de diffusion des arts en haute saison. C’est le cas de l’église Saint-Roch, à Québec, qui accueille un festival de musique sacrée. Le patrimoine religieux peut ainsi offrir un espace de rayonnement de la culture, des arts et de l’histoire. Un dialogue constant et ouvert est cependant nécessaire pour que différents acteurs – dont les intérêts, les fonctionnements et parfois même les valeurs peuvent diverger – puissent l’explorer. Cela implique d’accepter de voir le patrimoine religieux sous toutes ses facettes et dans le respect de ce qu’il représente pour les croyants, les propriétaires, la population, les spécialistes et les décideurs. Ce regard croisé contribue à l’enrichissement collectif en offrant une compréhension nouvelle d’un patrimoine parfois méconnu. Il faut du temps pour construire des collaborations solides et trouver de nouveaux usages viables. Il faut de la patience pour incuber les débuts de nouveaux projets et en soutenir les premiers balbutiements. Or, les communautés chrétiennes et religieuses manquent de temps. Le défi est grand, car les solutions de reconversion sont à trouver au cas par cas avec les acteurs du milieu. Cela n’est pas simple quand, dans tout le Québec, le patrimoine religieux se trouve au même moment dans une période critique.

Auteur : Denis Robitaille
Titre : Le patrimoine religieux, un bien collectif
Revue : Relations, Numéro 759, septembre 2012, p. 23
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67333ac

Tous droits réservés © Relations, 2012

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