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Relations

Numéro 759, septembre 2012, p. 30-31

Une Église appauvrie : une chance?

Direction : Élisabeth Garant (directrice)

Rédaction : Jean-Claude Ravet (rédacteur en chef), Catherine Caron (rédactrice en chef adjointe) et Emiliano Arpin-Simonetti (secrétaire de rédaction)

Éditeur : Centre justice et foi

ISSN : 0034-3781 (imprimé)  1929-3097 (numérique)

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Toi, comme la Vie

Virginia Pésémapéo Bordeleau

Résumé | Extrait

septembre 2012 relations T u nous es arrivée comme un oiseau-mouche perdu dans un pays de tempêtes de neige et de pluies verglaçantes. Je veux dire que tu étais inespérée, attendue depuis si longtemps que nous avions presque renoncé à toi. Tu aurais pu être autrement, un petit garçon par exemple; mais c’est toi qui as traversé la porte béante du coeur de ta mère et de ton père. Ta grande soeur et moi attendions avec anxiété l’appel qui allait nous envelopper dans la soie d’un bonheur lumineux. C’était en plein midi du premier jour d’un printemps frileux. La lune achevait sa rondeur dans l’intimité, cachée de l’autre côté du monde, chez les Russes et les Chinois. J’espère que tu aimeras la géographie, car elle nous mène en voyage à l’intérieur de nous vers des lieux inconnus et métamorphose nos jardins secrets en pays d’aventures. Je me perds, revenons à toi, au jour de ton entrée dans la famille. Ta maman a été très forte et courageuse afin de t’aider à traverser la barrière charnelle de son corps, car elle est menue, délicate et tu as pris tout ton temps, comme une fleur venue d’une autre planète, peut-être la rose du Petit Prince? Il te fallait ces longues heures pour atterrir jusqu’à notre île et nous conquérir en entier. Tes parents t’avaient choisi un beau prénom ancien, Emma. Puis, quand ils t’ont cueillie entre les cuisses de ta mère, tous se sont exclamés : « Elle est rose! » Une rose parfaite. Un petit bouton retroussé en guise de nez, des joues rondes, une bouche en forme de coeur, des cheveux noirs qui se hérissaient sur ton crâne. Une petite Peau rouge nous était donnée. Tes ancêtres ont touché de leurs bâtons de nomades les gènes qui allaient dominer dans le magma de cellules qui t’a donné naissance. Ta maman a dit : « Et si nous la nommions Emma-Rose? » En quelques jours, ta peau est devenue brune et tu gardais tes yeux en forme d’amandes rivés sur l’univers. Et moi, ta koukoume, je te berce alors que ta mère se repose. Si tu es d’accord, en...

Auteur : Virginia Pésémapéo Bordeleau
Titre : Toi, comme la Vie
Revue : Relations, Numéro 759, septembre 2012, p. 30-31
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67337ac

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