Érudit - Promouvoir et diffuser la recherche
FrançaisEnglishEspañol
 

Recherche détaillée

.

Relations

Numéro 756, avril-mai 2012, p. 13-15

Notre démocratie : fiction ou réalité?

Direction : Élisabeth Garant (directrice)

Rédaction : Jean-Claude Ravet (rédacteur en chef), Catherine Caron (rédactrice en chef adjointe) et Amélie Descheneau-Guay (secrétaire de rédaction)

Éditeur : Centre justice et foi

ISSN : 0034-3781 (imprimé)  1929-3097 (numérique)

rel049
< PrécédentSuivant >

Abonnement requis!

L’accès à cet article est réservé aux abonnés. Toutes les archives des revues diffusées sur Érudit sont en accès libre (barrière mobile de 2 ou 3 ans). Pour plus d’information, consulter la page Abonnements et politique d’accès.

Connexion (abonné individuel)

Article

L’emprise de la démocratie-marché au Québec

Maxime Ouellet

Résumé | Extrait

L’emprise de la démocratie-marché au Québec La capacité de limiter la dynamique néfaste de la croissance économique illimitée, privilégiée par les élites du Québec Inc., est au fondement de la démocratie. Maxime Ouellet Analysant dans les années 1960 le projet d’indépendance du Québec, le sociologue Marcel Rioux concevait la possibilité qu’il aboutisse à un Québec indépendant qui combinerait à la fois socialisme autogestionnaire et démocratie participative (voir La Question du Québec, 1969). S’inspirant des mouvements de libération nationale et de décolonisation, le projet d’indépendance du Québec devait ainsi réaliser l’idéal d’autonomie tel que formulé dans la démocratie athénienne, autonomos signifiant en grec « se donner par soi-même sa propre loi ». Si cette volonté d’autonomie était au coeur du projet indépendantiste québécois de l’époque, force est de constater qu’elle a laissé place à la domination de la loi de la valeur chez l’élite politico-économique actuelle, dont l’expression politique est la démocratie-marché. Le slogan du Parti libéral lors des élections de 2008, « L’économie d’abord, oui! », résume à lui seul la synthèse économiciste du projet de modernisation du Québec. Or, quand l’économie domine, c’est l’idéal d’autonomie politique au fondement du projet démocratique moderne qui se dissout. L’autonomie politique consiste principalement à instituer des valeurs communes qui incarnent un certain idéal de la « vie bonne ». Or, l’économie ne repose sur aucune autre valeur socialement instituée que la loi de la valeur, c’est-à-dire la production pour la production et l’accumulation de l’argent pour l’argent. Dans le contexte d’une domination généralisée de l’économie, c’est la valeur qui s’institue comme norme centrale de régulation de la pratique sociale. Il ne faut donc pas s’étonner de voir se multiplier dans l’actualité quotidienne des nouvelles scandaleuses portant sur la corruption des partis politiques, la collusion, le copinage, l’emprise...

Auteur : Maxime Ouellet
Titre : L’emprise de la démocratie-marché au Québec
Revue : Relations, Numéro 756, avril-mai 2012, p. 13-15
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66237ac

Tous droits réservés © Relations, 2012

À propos d'Érudit | Abonnements | RSS | Conditions d’utilisation | Pour nous joindre | Aide

Consortium Érudit ©  2014