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Séquences : la revue de cinéma

Numéro 279, juillet-août 2012, p. 10

Christopher Nolan

Sous la direction de Sylvain Lavallée

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

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Article

Vues d’AfriqueIndividus dans la tourmente

Luc Chaput

Résumé | Extrait

Luc Chaput Toiles d’araignées d’Ibrahima Touré a reçu avec raison le Prix de l’Organisation internationale de la francophonie. Cette adaptation sensible du roman en partie autobiographique de l’écrivain, professeur et prisonnier politique malien Ibrahima Ly, mort en 1989, malgré certaines faiblesses techniques, allie d’une manière poignante le combat d’une jeune femme, très bien jouée par Viviane Sidibé, pour épouser l’homme qu’elle aime et le sort des prisonniers de droit commun dans les geôles innommables de ce pays. La jeune fille trouvera réconfort auprès de durs à cuire qui la comprennent mieux que ses parents. Comme la plupart des films à sketches, 18 jours, réalisé par dix cinéastes égyptiens menés par Yousry Nasrallah, comprend des parties plus ou moins réussies. Grâce à la vitalité du filmage et à la diversité des approches montrant comment les événements de la place Tahrir se sont répercutés au Caire et ailleurs en Égypte, ce film constitue un complément nécessaire au documentaire de l’Italien Stefano Savona Tahrir, place de la Libération, vu aux derniers RIDM. Le jury a justement remis à 18 jours le Prix Radio-Canada de la communication interculturelle. On trouve dans le sketch de Nasrallah pour 18 jours des ressemblances de sujet avec Yasmine et la révolution, court-métrage de Karin Albou : la révolution — d’une part égyptienne, de l’autre, tunisienne, mais telle que vécue depuis la France — y est observée par le prisme du couple. Un tel festival donne l’occasion de voir comment certains épisodes historiques plus anciens ont eu des répercussions sur les plans personnel ou communautaire. Ainsi, la cinéaste belge Nathalie Borgers, à partir de l’histoire d’une tante jusqu’alors inconnue d’elle, explore avec doigté dans Bons Baisers de la colonie les relations amoureuses entre certains colonisateurs et leurs employées, et les familles décomposées ou distantes qui en ont pu résulter. De même, le Béninois Idrissou Mora-Mpai, qui nous avait donné, il y a plusieurs années, un portrait plein de surprises de sa mère dans Si-Gueriki la reine-mère, nous revient avec Indochine sur les traces d’une mère, film sur les enfants nés des amours de soldats africains et de femmes indochinoises. À partir entre autres de la vie de Christophe Soglo, fils de l’ancien président de son pays, le film rappelle aussi la contribution des tirailleurs dits sénégalais à la constitution de l’empire français et les déchirements que la défaite de la métropole a pu occasionner dans ces familles. Le réalisateur français Joël Calmettes remonte, lui, aux sources des empires coloniaux en Afrique dans Berlin 1885 : La ruée sur l’Afrique. Employant les minutes de cette conférence qui jeta les bases du partage de l’Afrique et certains documents diplomatiques nationaux, le réalisateur met en scène les débats qui ont eu lieu dans la langue diplomatique d’alors, le français, entre les représentants de la plupart des puissances européennes; il nous montre également la place primordiale du roi des Belges et de l’explorateur Stanley dans la constitution du Congo et dans l’instauration de plusieurs des pratiques subséquentes. Le cinéaste alterne avec bonheur les scènes reconstituées, où des cartes imprécises servent de base à des décisions monumentales, et les interventions d’historiens de diverses origines, qui recadrent certains thèmes. Voilà un magistral cours d’histoire employant avec bonheur et dextérité les ressources modernes, un cours comme on aimerait en voir plus. Pour raconter l’aventure du révolutionnaire haïtien, Philippe Niang, fait de son Toussaint Louverture un téléfilm aux accents épiques, mais où certaines reconstitutions, de batailles entre autres, auraient pu être remplacées par des interventions de conteurs ou d’historiens tout aussi évocatrices. Le scénario prend d’ailleurs certaines libertés avec l’histoire. L’opposition Louverture / Bonaparte aurait pu, quant à elle, être agrandie pour inclure le cas du général Alexandre Davy Dumas (père de l’écrivain), qui refusa d’aller combattre aux côtés de Leclerc à St-Domingue et qui s’attira ainsi les foudres du même Bonaparte.

Auteur : Luc Chaput
Titre : Vues d’Afrique : individus dans la tourmente
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 279, juillet-août 2012, p. 10
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66954ac

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