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Séquences : la revue de cinéma

Numéro 279, juillet-août 2012, p. 11

Christopher Nolan

Sous la direction de Sylvain Lavallée

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

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Article

Présence autochtoneRessourcement communautaire

Luc Chaput

Résumé | Extrait

Présence autochtone Ressourcement communautaire À l’occasion de son 21e anniversaire l’an dernier, le festival Présence autochtone s’est tenu sur la place du quartier des festivals, et ce en août plutôt qu’en juin. Ce sera encore le cas cette année. Séquences a eu l’occasion de voir à l’avance certains des films qui seront présentés. Luc Chaput Déjà en 2009, le festival s’ouvrait avec le docufiction Birdwatchers du réalisateur chilien Marco Bechis sur la tentative d’Indiens tupi-guarani de retourner sur leurs terres ancestrales. L’équipe brésilienne de Vidéos dans les villages, dirigée par Vincent Carelli, donne la chance à des aborigènes de filmer eux-mêmes leur communauté en employant les techniques vidéo les plus modernes. Récemment, Ariel Ortega, Patrícia Ferreira, Ernesto de Carvalho et Vicente Carelli dans Desterro Guarani (Exil guarani) enquêtent sur les diverses raisons et facettes de cet exil, interviewant des anciens et montrant un extrait du film The Mission de Roland Joffé dont le sujet est justement les réductions jésuites qui évangélisèrent ces populations. Malheureusement, le traitement reste au niveau du reportage puisque les réalisateurs ont réduit à sa plus simple expression l’aspect historique. De plus, ils n’emploient pas les divers anthropologues spécialisés pour apporter d’autres informations sur l’évolution de ces populations. Le dossier soutenant leurs demandes de terres appropriées apparaît donc incomplet dans cette présentation. Le réalisateur australien Ivan Sen retourne par le biais d’une fiction documentée sur le cas désastreux de la communauté aborigène de Toomelah en Nouvelle-Galles du Sud. Dans son film éponyme, un garçon de dix ans, Daniel, interprété avec aplomb par Daniel Connors, s’acoquine avec des revendeurs de drogues et autres malfrats parce que son environnement familial est déficitaire. Une caméra vive et près des personnages nous permet de partager l’existence de cette population pour qui l’école, quand elle est fréquentée, permet maintenant d’apprendre sa langue et ses coutumes ancestrales en plus de se munir des outils nécessaires à la vie moderne. Pour redonner espoir à des autochtones québécois vivotant dans les grandes villes, Paul Rivet, intervenant social, leur propose d’aller se ressourcer dans la nature en apprenant les techniques de survie en forêt, de chasse et pêche, qui font partie du savoir-faire de leurs ancêtres. La réalisation de Rivet (Apu ui nipian) trace tout d’abord un portrait des divers participants avant de montrer leur parcours mouvementé dans cette réappropriation de la nature sauvage qu’ils avaient oubliée en récoltant des témoignages touchants sur cette transmission. Jason Burlage, dans Mi Chacra, nous fait partager, dans une photographie remarquable des paysages, des gestes et des attitudes, la vie quotidienne d’un agriculteur péruvien de la région de Cuzco qui pense trouver un travail en ville afin de donner à son fils l’éducation qu’il n’a pas eu. Feliciano travaille aussi épisodiquement comme porteur des bagages des touristes visitant le Machu Picchu et Burlage individualise ainsi ces anonymes qui facilitent le séjour de ces étrangers plus intéressés par les civilisations anciennes que par le sort des habitants actuels. Comme naguère les Jésuites, Daniel Everett se rendit en Amazonie pour évangéliser les Piraha. Il en revint transformé dans sa vision du monde, car ces aborigènes brésiliens semblaient avoir trouvé la clef du bonheur. Dans The Grammar of Happiness, Michael O’Neill et Randall Wood montrent comment l’étude par Everett de la langue de cette tribu l’amena à contester la théorie de Noam Chomsky sur l’importance fondamentale de la récursivité en linguistique. Reportage, enquête scientifique, conflits de personnalités se mélangent de manière ludique dans ce film où une langue de peu de locuteurs a remplacé les plantes exotiques à contenu médicinal comme facteur épistémologique. En 2005, le jury Séquences remettait son prix à Basal Banar du Philippin Kanakan Balintagos, pseudonyme d’Auraeus Solito, devenu célèbre la même année pour la fiction Ang Pagdadalaga ni Maximo Oliveros.

Auteur : Luc Chaput
Titre : Présence autochtone : ressourcement communautaire
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 279, juillet-août 2012, p. 11
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66955ac

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