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Séquences : la revue de cinéma

Numéro 279, juillet-août 2012, p. 46-47

Christopher Nolan

Sous la direction de Sylvain Lavallée

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

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Article

Xavier DolanLaurence Anyways — Canada [Québec] / France 2012, 159 minutes

Propos recueillis par

Pierre-Alexandre Fradet

Résumé | Extrait

Propos recueillis par Pierre-Alexandre Fradet On vous dépeint souvent comme l’une des figures de proue du renouveau du cinéma québécois. De concert avec plusieurs, vous faites preuve d’une recherche esthétique singulière, n’abusez pas du mouvement et déshabituez le public québécois des intrigues convenues. En même temps, à la différence d’autres représentants, comme Denis Côté, Stéphane Lafleur et Sébastien Pilote, vos films abondent en couleurs, votre humour n’est pas contenu, en sourdine, et votre oeuvre témoigne d’une certaine légèreté thématique (en particulier Les Amours imaginaires). Quel est votre rapport à l’expression de Nouvelle Vague québécoise ? Vous y reconnaissez-vous ? La question se pose, même s’il va de soi qu’au moment de réaliser un film, vous ne vous demandez certainement pas si ce film est représentatif de la Nouvelle Vague québécoise – tout comme un écrivain ne se demande sans doute pas s’il est un écrivain proprement québécois lorsqu’il écrit. J’ignore s’il y a bel et bien une Nouvelle Vague québécoise, mais je sais que de nouvelles méthodes de financement émergent au Québec. Les gens n’attendent plus après le système pour exprimer leur art. Denis Côté et moi n’avons pas le même âge, nous ne sommes pas de la même génération, et le cinéma fonctionne de manière générationnelle. Aujourd’hui plus que jamais, cela saute aux yeux, le cinéma québécois s’internationalise. Pensons à Sundance, Berlin, Locarno, les Oscars, etc. De plus en plus de cinéastes québécois s’y retrouvent. Ce phénomène n’est pas le résultat d’une Nouvelle Vague : les cinéastes qu’on associe à l’actuelle mouvance existent depuis longtemps. Mais récemment, il y a eu en quelque sorte, comment dire... Une effervescence particulière ? Oui, de nombreuses portes se sont ouvertes simultanément. Le système de financement s’est élargi à un cinéma qui implique un rayonnement à l’étranger et une exportation. Question de principe : un renouveau cinématographique s’impose-t-il aujourd’hui au Québec, comme il s’était imposé à d’autres époques, au Québec ou ailleurs ? Si oui, vers quoi doit-il orienter le spectateur ? Y a-t-il vraiment un renouveau du cinéma québécois ? Je ne le sais pas. Je ne pense pas par ailleurs qu’on puisse le prévoir ou le prescrire. On remarque malgré tout que le cinéma québécois s’exprime de façon plus libre et plus fréquente. Bien des individus ont des choses à dire, à communiquer. Le Québec est un endroit inspirant : nos moeurs nous permettent d’exprimer les idées d’un peuple survivant. Une énergie est palpable dans notre cinéma, quelle que soit la voie qu’il emprunte, et cette énergie intéresse les festivals. Plus qu’un renouveau, j’oserais dire, il s’opère en ce moment même une sortie de l’ère mercantile. Anciennement, dans une cuvée d’une trentaine d’oeuvres québécoises, à peine une ou deux pouvaient être dites « d’auteurs ». À présent, le tout s’équilibre. Ce qu’on appelle la Nouvelle Vague québécoise impliquerait donc avant tout un renouvellement du mode de financement, une décommercialisation du film et un rayonnement inédit ? Oui, je crois que le renouveau dont on parle dépend plus du système que des individus. Vous citez régulièrement des cinéastes étrangers, dont Wong Kar-wai et Pedro Almodóvar. Rompre avec les lieux communs du cinéma québécois, pour vous, est-ce intégrer dans ce cinéma des influences extérieures, développer une oeuvre à nouveaux frais et à la lumière des négligences nationales, ou encore les deux à la fois ? Je ne cite pas Almodóvar. Je n’ai pas vu ses films; il me faut le préciser. Il n’y a aucune trace nette de Wong Kar-wai dans Laurence Anyways. Il n’y en avait pas davantage dans Les Amours imaginaires. Dans J’ai tué ma mère, j’ai effectué un pastiche volontaire. Je tiens compte surtout de ce qui se fait en peinture et en littérature.

Auteur : Pierre-Alexandre Fradet
Titre : Xavier Dolan
Ouvrage recensé : Laurence Anyways — Canada [Québec] / France 2012, 159 minutes
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 279, juillet-août 2012, p. 46-47
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66976ac

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