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Séquences : la revue de cinéma

Numéro 279, juillet-août 2012, p. 52

Christopher Nolan

Sous la direction de Sylvain Lavallée

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

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Compte rendu

Dark ShadowsCafouillage rococoOmbres et Ténèbres — États-Unis 2012, 113 minutes

Julie Demers

Résumé | Extrait

Julie Demers Avis à ceux qui en douteraient : malgré des défauts évidents, Dark Shadows est bel et bien une oeuvre burtonienne. On y retrouve les obsessions scénaristiques du réalisateur : le sang est une métaphore de la famille, de la noblesse et de la violence. La tension dramatique procède toujours de la confrontation entre marginaux et conformistes, entre riches et pauvres, entre intuition sentie et certitude rationnelle. La frontière entre les vivants et les morts demeure une fois de plus poreuse; le monde, divisé entre le bonheur burlesque des fous et la tiédeur des gens ordinaires. Visuellement, les plans se succèdent comme autant de tableaux baroques, gothiques et expressionnistes. Les satins et les crêpes s’envolent au rythme d’une musique aérienne, sous le regard amoureux d’un être au teint blafard. Sentiment de déjà-vu ? En s’entourant des mêmes collaborateurs (Danny Elfman à la musique, Rick Heinrichs à la direction artistique, Johnny Depp en éternel décalé), Burton risque bien peu. Il réussit en revanche, comme à son habitude, à créer une atmosphère d’une cohérence exemplaire. N’empêche que le cinéaste trébuche dangereusement. De la populaire télésérie américaine éponyme, Burton a voulu garder l’aspect tragique : un vampire à l’âme romantique tombe sous le coup d’une malédiction. Il renaît de ses cendres quelques siècles plus tard pour sauver l’honneur de sa famille et se venger. Faute d’adopter une vision artistique claire, Dark Shadows joue sur tous les tons et prend des airs d’adaptation parodique à la Ed Wood, de film d’horreur à la Sleepy Hollow, de remake raté de Family Adams et de film à l’humour niais digne de Mars Attack. À ces ambitions tarabiscotées s’ajoutent quelques clins d’oeil faciles à Twilight, plusieurs gags scatologiques, des scènes de sexe inutiles et un interminable concert d’Alice Cooper. Résultat de ce bric-à-brac rococo : ruptures de ton et brisures de rythme. En voulant s’approprier tous les genres, Burton perd au jeu de...

Auteur : Julie Demers
Titre : Dark Shadows : cafouillage rococo
Ouvrage recensé : Ombres et Ténèbres — États-Unis 2012, 113 minutes
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 279, juillet-août 2012, p. 52
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66978ac

Tous droits réservés © La revue Séquences Inc., 2012

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