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Séquences : la revue de cinéma

Numéro 279, juillet-août 2012, p. 53

Christopher Nolan

Sous la direction de Sylvain Lavallée

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

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Compte rendu

Gens d’en bas, gens d’en hautL’enfant d’en haut — France / Suisse 2012, 100 minutes

Michel Euvrard

Résumé | Extrait

L’enfant d’en haut Gens d’en bas, gens d’en haut En bas, dans la vallée, une petite ville qui fut industrielle et n’est plus aujourd’hui que ville de services pour la station de ski d’en haut. Le film en montre seulement un espace indéfini, peu construit, des stations-service, des parcs de stationnement, on ne voit personne; puis la tour carrée de 5 ou 6 étages qu’habitent les protagonistes, Louise, jeune femme dans la vingtaine, et Simon, 12 ans. Michel Euvrard En haut, la station; beaucoup de monde : jeunes des deux sexes, mères avec enfants, restaurants, cafés, terrasses, vestiaires; beaucoup d’objets : skis, vêtements, casques, lunettes de soleil, gants, sacs à dos, sacs de sport. Une abondance ostentatoire, de consommation, d’activité marchande filmée de près; il n’y a pas de plans larges sur les pistes, on ne voit pas les gens skier. Sas entre bas et haut, le téléférique. Louise, parka, jeans, bottes blanches à talons, vit de petits boulots qu’elle ne garde jamais longtemps, pas plus que ses amoureux. Elle ne va jamais en haut. Simon, lui, y monte tous les jours. Pas pour faire du ski. Pour voler. Des skis, des casques, des lunettes de soleil, des vêtements, qu’il revend en bas, Simon vole avec facilité et efficacité; c’est un travail qu’il pratique avec sérieux, pour contribuer au budget commun, compulsivement aussi. Revenu en bas, il se déshabille aussitôt, met ses vêtements dans la machine à laver; dans l’appartement, il reste souvent en slip. Il a la peau très blanche, se tient un peu voûté, n’est pas très costaud. Simon et Louise se parlent peu, leurs rapports passent beaucoup par le corps — ils se battent comme frère et soeur, se câlinent — par les choses : il lui fait des cadeaux; par l’argent: un jour qu’ils se sont disputés - Louise : « un boulet ! douze ans que tu es un boulet. » - et qu’elle s’est mise au lit, il lui demande la permission, comme à une mère, de l’y rejoindre. Elle refuse, il lui propose de l’argent. Ils marchandent — « Cent francs [suisses]… deux cents ». Marché conclu. En haut, la petite entreprise de Simon prospère: il s’associe à un jeune cuisinier dont il a fait la connaissance, qui écoulera tous les skis qu’il pourra lui fournir. Mais la chance l’abandonne ou peut-être devient-il trop téméraire, il se fait jeter du restaurant où travaille son associé, puis un jour qu’il partage une table en terrasse avec un jeune Américain, celui- ci lui demande de surveiller ses affaires pendant qu’il s’absente un moment. Simon rafle son sac et s’enfuit... pas assez vite. Le jeune homme revenait; il rattrape Simon, le tabasse sérieusement, expliquant aux spectateurs que Simon avait essayé de le voler. Grâce à son jeune âge et à ses vêtements de ski, Simon se confondait avec les usagers de la station, il n’était pas encore perçu en haut comme venant d’en bas. Mais cela n’a pas duré. Louise, avec son jean, son parka, ses bottes blanches à talons, est déjà socialement marquée, est évidemment d’« en bas ». Quand elle travaille, c’est en usine,comme femme de ménage ou comme serveuse. Si elle change souvent d’amoureux, c’est que ce sont eux qui la lâchent. Ils la prennent puis la jettent, comme ses employeurs. Louise et Simon savent très bien que l’argent achète tout, qu’il s’agit de « faire » de l’argent. À ce jeu, Simon est plus apte que Louise. Si on n’a pas d’argent, de capital, si on n’a à vendre que sa force de travail, on n’a que des « boulots de merde » (Louise), pénibles, précaires... si on est un enfant (Simon), on vole avec le sentiment d’impunité, privilège de l’enfance, fragile, temporaire.

Auteur : Michel Euvrard
Titre : Gens d’en bas, gens d’en haut
Ouvrage recensé : L’enfant d’en haut — France / Suisse 2012, 100 minutes
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 279, juillet-août 2012, p. 53
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66979ac

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