Érudit - Promouvoir et diffuser la recherche
FrançaisEnglishEspañol
 

Recherche détaillée

.

Séquences : la revue de cinéma

Numéro 279, juillet-août 2012, p. 55

Christopher Nolan

Sous la direction de Sylvain Lavallée

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

sequences1081634
< PrécédentSuivant >

Abonnement requis!

L’accès à cet article est réservé aux abonnés. Toutes les archives des revues diffusées sur Érudit sont en accès libre (barrière mobile de 2 ou 3 ans). Pour plus d’information, consulter la page Abonnements et politique d’accès.

Connexion (abonné individuel)

Compte rendu

Le Temps de l'amourMoonrise Kindgom — États-Unis 2012, 94 minutes

Ismaël Houdassine

Résumé | Extrait

Moonrise Kindgom Le Temps de l'amour Deux enfants de douze ans qui s’aiment et une bande d’adultes névrosés qui ne prennent pas au sérieux leur sentiment. Le quadragénaire Wes Andersen signe avec Moonrise Kindgom une oeuvre élégante et terriblement nostalgique. Dans ce film qui fut projeté en ouverture lors du dernier Festival de Cannes, le réalisateur de The Darjeeling Limited s’empare de l’enfance pour simplement parler d’amour. Ismaël Houdassine Visiblement, le dandy texan ne veut pas étonner ni surprendre. Puisqu’avec ce huitième long-métrage, Wes Anderson plonge encore dans ses thèmes de prédilection : les familles dysfonctionnelles et les âmes blessées. Certes, le ton semble plus léger, moins torturé que dans ces films précédents, mais n’empêche, le réalisateur filme avec la même fausse naïveté, dans un décor sixties, les aléas de personnages fragiles en quête de véritables émotions. Nous voici donc en 1965 sur l’archipel (fictif) de New Penzance, tout près d’un détroit de la Nouvelle-Angleterre. Pour y parvenir, il faut bien entendu utiliser le traversier local. Un lieu vintage à souhait. Entre la campagne bucolique et les hautes falaises menaçantes, il y a les camps de scouts Fort Lebanon et Camp Ivanhoe. On y fait la connaissance d’un jeune professeur de mathématique (Edward Norton) qui assure l’encadrement du camp de scout. Lors de sa ronde matinale, il apprend qu’un des garçons manque à l’appel. Ce gamin, c’est l’orphelin mal aimé et blafard, Sam. De l’autre côté de l’île, il y a la mignonne et solitaire Suzy. Elle passe ses journées à observer tristement l’horizon avec ses jumelles. Elle vit avec ses parents et ses trois frères dans un grand phare rouge jusqu’au jour où elle aussi disparaît de la circulation. Une vaste opération de recherche est alors mise en branle afin de retrouver les deux enfants. En fait, Sam et Suzy (attachants Jared Gilman et Kara Hayward) se connaissent. Ils sont même tombés amoureux et ont décidé de vivre leur amour loin du regard des adultes en préparant soigneusement leur fuite. Pour Wes Anderson, la fugue des deux tourtereaux est l’occasion de faire s’ouvrir les blessures existentielles chez des parents et tuteurs, tous ulcérés par cette relation. Mais derrière les masques policés se cache une société rigide qui ne permet aucun écart. Le responsable du camp scout, mort d’inquiétude, apprend soudainement le passé du jeune fugueur dont il ne savait pas grand-chose. Les parents avocats de Suzy ne voient la disparition de leur fille que sous un angle pénal où chaque mauvaise nouvelle est compensée par la menace d’une plainte juridique. Le flic est là pour arrêter et la cruelle assistante sociale a bien l’intention d’aller chercher Sam pour lui faire subir des électrochocs avant de l’envoyer dans un orphelinat anonyme. Autant de figures (interprété par une kyrielle de vedettes hollywoodiennes) prisonnières de leur rôle, ayant depuis longtemps oublié qu’ils furent eux aussi des enfants. Se jouant avec délectation des clichés, le cinéaste compense la pression neurasthénique des adultes par le parcours initiatique en pleine nature sauvage du jeune couple fugueur. Car malgré la battue et les prévisions alarmantes qui annoncent une violente tempête, Sam et Suzy vivent leurs premiers émois sous l’ombre des arbres protecteurs. Des moments de pure innocence où Wes Anderson construit avec délicatesse les plus belles scènes de son oeuvre, délaissant au passage ses agaçants effets narratifs. La musique d’Alexandre Desplat se joint alors à celle de Britten, Schubert, Mozart et Saint-Saëns pour faire de cette rencontre l’union presque magique entre deux êtres épris l’un de l’autre. On les voit se réfugier dans une crique sauvage ou se reposer sur une colline surplombant l’archipel, un baiser volé ici et là, le tout se finissant par une baignade innocente avec pour simple écho Le Temps de l’amour de Françoise Hardy.

Auteur : Ismaël Houdassine
Titre : Le Temps de l'amour
Ouvrage recensé : Moonrise Kindgom — États-Unis 2012, 94 minutes
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 279, juillet-août 2012, p. 55
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66981ac

Tous droits réservés © La revue Séquences Inc., 2012

À propos d'Érudit | Abonnements | RSS | Conditions d’utilisation | Pour nous joindre | Aide

Consortium Érudit ©  2016