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Séquences : la revue de cinéma

Numéro 279, juillet-août 2012, p. 60-63

Christopher Nolan

Sous la direction de Sylvain Lavallée

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

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Compte rendu

Vues d’ensemble

Résumé | Extrait

The Avengers Pour avoir su réunir sur le même écran la crème de l’écurie Marvel, Joss Whedon a gagné le respect éternel des fans de comic books, mais également celui des béotiens souvent largués dans l’univers très codifié des surhommes en collants. Il y avait pourtant de quoi s’y perdre : pour contrer le démoniaque Loki (Tom Hiddleston) et ses plans de destruction de la planète impliquant un cube cosmique, Nick Fury (Samuel L. Jackson), directeur de l’agence gouvernementale de maintien de la paix S.H.I.E.L.D. passe outre les ordres de ses supérieurs en appelant à la rescousse des superhéros indépendants aussi brillants qu’incontrôlables. Voici comment l’égocentrique Iron Man (le cabotin Robert Downey Jr), le méfiant Hulk (fantastique Mark Ruffalo), le bien-pensant Captain America (Chris Evans), le très bourrin Thor (monolithique Chris Hemsworth), l’insondable Hawkeye (Jeremy Renner) et l’envoûtante Black Widow (Scarlett Johansson) tentent d’accorder leurs techniques pour le bien de l’humanité. Venu du scénario télé (Buffy The Vampire Slayer), Joss Whedon orchestre avec maestria ce qui aurait pu tourner à l’overdose de pop culture grâce à un scénario intriguant et à un découpage impeccable, alternant séquences spectaculaires et épisodes légers. Les dialogues sont ciselés et souvent très drôles — en particulier ceux d’Iron Man, qui s’attribue les meilleures répliques. Les interventions de chaque personnage sont équitablement chorégraphiées, avec l’excellent Mark Ruffalo en cerise sur le gâteau. Son interprétation tourmentée du Dr Bruce Banner (scientifique de génie que les sensations fortes transforment en géant en vert) contribue à combler la seule faille de ce film au casting cinq étoiles : le manque d’épaisseur psychologique et donc, d’émotions. Zack Snyder avait pourtant prouvé avec Watchmen (2009) qu’il est possible d’étoffer ces films de genre d’une dimension tragique surprenante. Whedon s’y essaye tout de même par petites touches. Avec Hulk, donc, mais également à travers un autre personnage, l’attendrissant Agent Coulson (Clark Gregg), chef d’équipe efficace mais groupie avant tout, collectionnant les cartes Panini de ses collègues et idoles. Comme s’il n’en revenait pas d’être parmi eux aujourd’hui. Sentiment qu’il partage, sans doute, avec un autre « adulescent » : Whedon. Pamela Pianezza Et maintenant on va où? Beau début. Dans un paysage lunaire, un groupe de femmes en noir marche d’un même pas vers le cimetière. Chacune a perdu un homme : mari, fils ou père. Il ne faut plus que cela arrive et elles feront tout pour que les guerres fratricides de religion n’atteignent plus leur village, un village de montagne isolé, cerné par des mines, où musulmans et chrétiens vivent encore dans une belle harmonie entre l’imam et sa mosquée, le curé et son église. La dernière victime d’une mine est Brigitte la chèvre qui finira en un succulent méchoui dont se régaleront les villageois rassemblés devant l’unique télévision du patelin. Mais voici que les actualités évoquent des conflits entre Arabes musulmans et Arabes chrétiens. Ça pourrait donner des idées aux hommes, toujours prêts à se battre. Alors, les femmes des deux communautés, unies dans leur désir de paix, n’hésiteront pas à saboter l’appareil télé, à brûler des journaux, à cuisiner des gâteaux au haschisch, à inventer toutes sortes de ruses qui berneront ces nigauds de mâles. Mais les choses se compliqueront lorsqu’il y aura un mort dans le tableau. Comme pour Caramel, son premier long métrage, la réalisatrice libanaise Nadine Labaki tient dans son film un rôle important et flatteur. Et maintenant on va où est une comédie aux multiples rebondissements. Cette histoire complexe est portée par un humour efficace et une mise en scène alerte et ingénieuse. Quelques trouvailles aussi, comme ce groupe de stripteaseuses ukrainiennes engagées par nos villageoises pour divertir leurs hommes. Les quelques épisodes chantés sont charmants, mais longuets.

Titre : Vues d’ensemble
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 279, juillet-août 2012, p. 60-63
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66985ac

Tous droits réservés © La revue Séquences Inc., 2012

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