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Séquences : la revue de cinéma

Numéro 280, septembre-octobre 2012, p. 6

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

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Article

FantasiaProfusion de genres

Pascal Grenier

Résumé | Extrait

Fantasia Profusion de genres Pour sa 16e édition, le festival Fantasia offrait un nombre record de 160 longs métrages en plus des nombreux courts métrages et de la centaine d’invités de partout dans le monde. Une programmation somme toute très éclectique mais inégale, qui confirme toutefois la place imprenable qu’occupe Fantasia en tant que leader du cinéma de genre à travers l’Amérique. Pascal Grenier Débutons par l’Asie. Alors que la Chine continue de produire des films d’arts martiaux qui sombrent trop souvent dans la propagande communiste (Bodyguards and Assassins, 1911, Shaolin), la surprise cette année en matière de cinéma martial est venue d’une coproduction entre la Corée et la Thaïlande et elle s’intitule The Kick. Ce film d’arts martiaux jubilatoire en a mis plein la vue aux spectateurs présents. Les foudroyantes séquences martiales (où les disciplines martiales du taekwondo et du muay thaï sont mises en avant-plan) et une finale dantesque (à coups de ventilateurs et de prouesses athlétiques en tout genre) font largement oublier un scénario simpliste, mais non dépourvu d’humour. Un divertissement haut de gamme qui ne se prend jamais au sérieux et qui livre la marchandise. Toujours à l’honneur au festival, la Corée du Sud était représentée par un vaste éventail de titres. Parmi ceux-ci, Nameless Gangster: Rules of the Time de Yun Jong-bin est une chronique mafieuse qui nous entraîne dans la corruption et la dictature de la Corée du Sud des années 1980. Sans nécessairement renouveler le genre (on pardonne les quelques emprunts au Casino de Scorsese), ce drame au scénario solide est très bien ficelé. Le réalisateur mise davantage sur des personnages bien dessinés campés avec aplomb par une brochette exceptionnelle (dont le toujours convaincant Choi Min-sik et la vedette montante Ha Jung-woo, notamment vu dans The Chaser) et par une excellente trame sonore. Dans la même veine politisée, le thriller Poongsan de Juhn J’ai-hong valait aussi le déplacement. Écrit et produit par Kim Ki-duk, ce dernier revisite l’univers d’un de ses films précédents (The Coast Guard, sorti en 2003) alors que l’action se déroule en périphérie de la zone tampon séparant la Corée du Sud de la Corée du Nord (la zone coréenne démilitarisée). Cette fois-ci, on a droit à un antihéros muet et silencieux — marque courante dans l’univers du marginal Kim Ki-duk — dont le destin chavire après qu’il ait ramené en Corée du Sud la femme d’un transfuge nord-coréen. Poongsan est un solide thriller politique qui traite du conflit coréen avec intelligence et un humour ravageur. L’ovni cinématographique de cette 16e édition nous est venu des Philippines avec l’atypique Mondomanila de l’iconoclaste Khavn De La Cruz. Bien qu’il fasse à peine 70 minutes, ce film est toute une expérience. Beaucoup plus qu’un documentaire-choc sur les conditions de vie extrêmes d’un peuple laissé à lui-même, cette production déjantée incorpore aussi des éléments de fiction, du mondo, de cinéma d’exploitation, des numéros musicaux et diverses expérimentations visuelles dans un spectacle hautement singulier et éclaté. Le résultat est un objet inclassable tout aussi choquant et surprenant que pernicieux. Du côté de la section internationale, le cinéma espagnol était à l’honneur avec la sélection de trois films majeurs. Tout d’abord, l’immense Sleep Tight de Jaume Balaguero est un puissant drame psychologique où l’horreur est humaine et plus vraie que nature. Luis Tosar procure des frissons dans le dos avec cette performance époustouflante d’inquiétude; la mise en scène est maîtrisée de bout en bout. Un film brillant et angoissant à ranger au côté du formidable La peau que j’habite (La piel que habito) de Pedro Almodóvar. Game of Werewolves (Lobos de Arga) de Juan Martinez Moreno, quant à lui, fut une des plus agréables surprises du festival.

Auteur : Pascal Grenier
Titre : Fantasia : profusion de genres
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 280, septembre-octobre 2012, p. 6
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67379ac

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