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Séquences : la revue de cinéma

Numéro 280, septembre-octobre 2012, p. 7

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

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Article

Fantasia — Courts métragesUnivers cinématographique foisonnant

Luc Chaput

Résumé | Extrait

Fantasia | Courts métrages Univers cinématographique foisonnant Le festival Fantasia, depuis plusieurs années, a élargi son volet courts métrages avec la présentation de programmes plus gores, spécialité du programmateur en chef Mitch Davis, d’un programme d’animation choisi par Marc Lamothe, de nombreux programmes de cinéma québécois et par la présentation de courts avant les longs. Voici un aperçu de la récolte de cette année. Luc Chaput Tout d’abord, le « Fantastique Week-end du court-métrage québécois » dirigé par Isabelle Gauvreau est l’occasion pour plusieurs de voir ou revoir plusieurs des courts importants de l’année écoulée depuis le dernier festival, tels Alone With Mr. Carter de Jean-Pierre Bergeron, Ce n’est rien de Nicolas Roy, Granz de Jessica Louise, La Ronde de Sophie Goyer, et de nombreux Kino (Ton chien est mort d’Olivier Bonenfant), dans des programmes variés à la fois dans leur thématique et dans leur longueur. Parmi les découvertes, le Kino Lettre à ma fille de Martine Asselin est un plan fixe sur un bedon rebondi que l’auteure et future mère décore de dessins sur l’avenir possible de ce nouvel être. On peut aussi remarquer Bonheur à tous de Loïc Guyot, adaptation sensible d’un article de Pierre Foglia sur la mort d’un des ses amis très proches, Robert Duguay. La mise en scène est au service du texte et les interprètes réussissent à s’intégrer quasi anonymement dans cet hommage à l’intelligence et au sens de la formule de ce confrère, et à ces discussions où l’humour n’excluait nullement la tendresse. La lobotomie, pratique médicale déjà décriée dans One Flew Over the Cuckoo’s Nest de Milos Forman et quelques courts sentis (Severing the Soul de Barbara Klutinis), inspire à Sid Zanforlin Attack of The Brainsucker, qui illustre avec force un épisode canadien où des adolescents ont subi aussi les affres de cette pratique. Dans un décor formé d’un bureau de médecin avec son cabinet de consultation et d’opération, le réalisateur, en quelque treize minutes, nous fait partager le calvaire de Samantha, trop obnubilée par les films d’horreur. La dénonciation en est encore plus efficace. Renaud Plante dans Saint-Belmont emploie les zombies de George Romero pour nous faire prendre conscience de la pénurie de logements sociaux abordables dans de nombreux quartiers soumis à la gentrification. Malheureusement, le texte explicatif aurait dû être placé à la fin et même réduit, car les longs développements rendaient le propos évident, même si l’interprétation et la mise en scène étaient quelque peu bancales. Dans La Ricetta, un jeune garçon voit une parente préparer un plat typique de la cuisine régionale italienne, et l’Américain Jason Noto transforme ce produit convenu de la télé gastronomique en un film d’horreur à saveur fortement végétarienne. Le drame Familiar de l’Ontarien Richard Powell porte bien son titre tant son traitement gore d’une psychose avec ses attaques sous-cutanées ressemble à plusieurs montrées par Cronenberg et d’autres. De Norvège, Videogutten de Stian Kristiansen nous introduit par petites touches dans l’univers blafard des conciergeries anonymes de banlieue que deux adolescents cherchent à fuir par des sensations fortes dans un club vidéo très particulier. La mise en scène à pas feutrés, en utilisant brillamment le hors-champ et la bande-son, amène ces deux jeunes dans des parcours divergents. Dans le domaine de l’animation, It’s Such a Beautiful Day de Don Hertzfeldt était le meilleur moment d’un programme de plus que bonne tenue. Dans ce troisième volet d’une trilogie, Hertzfeldt emploie les bonhommes allumettes dans de simples dessins ou intégrés dans des photos de paysages pour montrer les derniers mois d’un homme atteint par une maladie incurable qui lui enlève une partie de sa mémoire, mais qui lui permet d’apprécier la beauté des choses simples en les refaisant indéfiniment.

Auteur : Luc Chaput
Titre : Fantasia — Courts métrages : univers cinématographique foisonnant
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 280, septembre-octobre 2012, p. 7
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67380ac

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