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Séquences : la revue de cinéma

Numéro 280, septembre-octobre 2012, p. 17

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

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Compte rendu

La justesse du regardH-Paul Chevrier, Le cinéma de répertoire et ses mises en scène, (L’instant ciné), Montréal : L’instant même, 2012, 344 pages

Jean-Philippe Desrochers

Résumé | Extrait

Le cinéma de répertoire et ses mises en scène La justesse du regard Les deux livres précédents de H-Paul Chevrier, Tendances du cinéma contemporain et Le langage du cinéma narratif étaient devenus des incontournables dans le milieu cinématographique. Version remaniée et mise à jour des Tendances, Le cinéma de répertoire et ses mises en scène, publié aux éditions de L’instant même, est un autre livre à glisser entre les mains des étudiants en cinéma et des cinéphiles. Pour leur part, l’analyste et le critique y trouveront notamment leur compte en repérant, au fil de leur lecture, un auteur négligé ou une oeuvre inconnue qui mérite leur attention. Jean-Philippe Desrochers H-Paul Chevrier a mis sur pied le programme de cinéma et communication du Cégep de Saint-Laurent et y a enseigné pendant trente-cinq ans. Le Cinéma de répertoire se veut une formidable synthèse d’une vie de cinéphile chevronné (il a presque tout vu) et d’habile pédagogue. Rigoureusement divisé, l'ouvrage propose des catégories intéressantes et originales (nous n’avions jamais lu l’expression « cinéma déréalisé » ailleurs.) Au fil des pages, Chevrier puise autant dans les cinémas occidentaux qu’orientaux et africains pour alimenter sa réflexion. Il traite de l’oeuvre des cinéastes qu’ils jugent les plus représentatifs des grandes tendances du cinéma contemporain, d’Ingmar Bergman à Michael Haneke, en passant par Michelangelo Antonioni, John Cassavetes, Alain Tanner, Andreï Tarkovski et Ken Loach, pour ne nommer que ceux-là. L’approche de l’auteur est systématique : il décrit le parcours de la filmographie d’un cinéaste en dégageant les grandes thématiques de chaque oeuvre et en soulignant l’approche esthétique et la mise en scène privilégiées. Le tout dans une prose toujours claire et cohérente. À la fin de chaque décennie abordée, l’auteur propose un tableau récapitulatif qui regroupe les films essentiels de la période. Avant la table des matières, l’ouvrage se conclut par deux index fort utiles et appréciés : un pour les films et un pour les réalisateurs recensés dans l’ouvrage. Véritable cours d’histoire du cinéma contemporain, Le Cinéma de répertoire offre des définitions d’une grande clarté de concepts clés tels que le classicisme, la modernité, la postmodernité et le maniérisme au cinéma. L’auteur nous rappelle également, surtout dans les pages qu’il consacre aux cinémas nationaux, que le cinéma de répertoire est intimement lié aux phénomènes sociopolitiques et conjoncturels qui caractérisent la société dans laquelle un cinéaste évolue. Chevrier n’hésite pas à aller à contre-courant de certaines idées reçues. S’il est critique envers la Nouvelle Vague française — ce qui est plutôt rare —, qu’il accuse notamment de nombrilisme, il se montre particulièrement sévère à l’endroit de Quentin Tarantino et de son oeuvre, qu’il considère comme la suite logique (et perverse) du cinéma maniériste et postmoderne des années 1980. Sa critique du cinéma de Tarantino est étoffée, sans complaisance aucune et pleinement méritée (selon l’auteur de ces lignes). Chevrier parvient à démontrer habilement, en quelques pages seulement, que le cinéaste, dans Inglorious Basterds, « n’élimine rien de moins que l’Histoire (avec un grand H), tout heureux de cultiver le vide et l’insignifiance » (p. 237). En dénonçant Tarantino de la sorte, Chevrier expose clairement la conception du cinéma qu’il défend. Par ailleurs, la quasi-absence de Terrence Malick, cinéaste américain d’exception, a de quoi surprendre (Malick n’est nommé qu’une seule fois, sans être analysé, pour Badlands). La surprise est d’autant plus grande que les films du réalisateur de The Tree of Life, surtout depuis The Thin Red Line (1998), auraient très certainement trouvé leur place dans la catégorie « cinéma métaphysique » de l’auteur. En guise de conclusion, Chevrier plaide, dans un passage particulièrement inspiré et inspirant, pour un retour au cinéma politique des années 1970 : « Il faudrait un cinéma capable de s’indigner, de défendre la primauté du bien commun sur l’intérêt financier, de proposer l’engagement de la société civile, de promouvoir la solidarité entre les générations » (p.

Auteur : Jean-Philippe Desrochers
Titre : La justesse du regard
Ouvrage recensé : H-Paul Chevrier, Le cinéma de répertoire et ses mises en scène, (L’instant ciné), Montréal : L’instant même, 2012, 344 pages
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 280, septembre-octobre 2012, p. 17
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67386ac

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