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Séquences : la revue de cinéma

Numéro 280, septembre-octobre 2012, p. 20-21

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

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Article

La méthode d’Ennio Morricone« Tu connais la musique ? Et tu sais compter ? Tu sais compter au moins jusqu’à deux ? » — Charles Bronson (l’homme à l’harmonica)

Mario Patry

Résumé | Extrait

Mario Patry Plusieurs raisons et bouleversements expliquent ce « long silence ». D’abord, il y a le fait que le nombre de rayons consacrés à la musique de film (original motion picture soundtrack) a considérablement régressé depuis dix ans chez les disquaires, ce qui est illustré, entre autres, par la faillite de la chaîne canadienne Sam, the Record Man (1937-2002), qui était, soit dit en passant, la référence pour la musique de film au pays. Cette faillite est à voir, d’une part, comme le résultat d’une concurrence déloyale engendrée par l’apparition des différents outils de téléchargement électronique, et, d’autre part, comme la conséquence de l’effondrement du marché des trames sonores à proprement parler. Nous allons donc alterner, pour cette chronique, entre les classiques de la musique de film (toujours disponibles sur Amazone ou en kiosques) et les compositions plus récentes liées au cinéma contemporain, respectant ainsi le partage entre l’Europe et l’Amérique, selon une tradition précédemment établie. Ironie de l’histoire, c’est avec le succès fulgurant des musiques d’Ennio Morricone, à partir du 12 septembre 1964, et la mise en marché de la trame sonore de Pour une poignée de dollars (Per un pugno di dollari) vendue à plus d’un million et demi d’exemplaires en Italie seulement1, que débute la brusque croissance du marché des trames sonores des deux côtés de l’Atlantique. C’est notamment pour cette raison que nous amorçons cette rubrique par une étude de son chef-d’oeuvre, Il était une fois dans l’Ouest (C’era una volta il West), la 64e oeuvre de son opus, dont les ventes s’élèvent à plus de 10 millions d’exemplaires dans le monde, incluant les innombrables compilations. Ennio Morricone a composé plus de 500 partitions pour le cinéma et la télévision — ce qui représente 457 albums en 50 ans de carrière, dont seulement 34 sont dédiés aux westerns italiens — et a vendu pas moins de 70 millions de CD et de microsillons. Le 25 février 2007, lors de la 79e cérémonie des Oscars, il a reçu le célèbre trophée hommage pour l’ensemble de sa carrière, et c’est nul autre que Clint Eastwood qui a eu le privilège de traduire son discours de remerciements, rempli de réserve et d’humilité (les grandes réserves n’appartiennent qu’aux grands hommes !). Pour sa part, Céline Dion lui a offert, avec la grâce et la prestance qui lui sont propres, la chanson thème de Déborah, avec l’incantation toute-puissante et évocatrice de la douce mélodie d’Il était une fois en Amérique. C’est un peu Sergio Leone qui était honoré par la même occasion, lui qui ne reçut jamais ni Palmes d’or à Cannes ni nomination aux Oscars... Son cinéma était, pourtant, 50 ans en avance sur son temps ! Mais les maîtres sont des maîtres, parce qu’ils ne suivent personne. Et Leone vivait sur sa propre planète, à contre-courant des modes et du bruit médiatique. Nous entrons tout juste dans ce qu’il convient d’appeler « l’ère de Leone », à qui le canon attribue exactement sept films. La seule chose regrettable lorsqu’on se penche sur Il était une fois dans l’Ouest, son chef-d’oeuvre absolu, c’est qu’il ne lui restait, au moment de sa réalisation, que deux films « personnels » à réaliser ! Ennio Morricone est né à Rome, tout comme Leone, le 28 novembre 1928, dans le quartier du Trastevere. Sa famille était originaire d’Arpino2, dans la province de Frosimone, région du Latium. Nous savons qu’il doit sa formation musicale au grand Goffredo Petrassi (1904–2003) à l’Académie Sainte-Cécile de Rome, mais nous ne connaissons rien des détails de sa triple graduation, sinon qu’il a obtenu 95 % en composition en 1954. On a souvent reproché à Morricone d’écrire une musique « facile », et René Prédal, auteur réputé sérieux, ne s’est pas gêné pour écrire en conclusion de l’article biographique consacré au principal directeur photo de Leone : « Bref, Delli Colli n’est pas le Morricone de la photographie : il s’est être original et anticonformiste.

Auteur : Mario Patry
Titre : La méthode d’Ennio Morricone : « Tu connais la musique ? Et tu sais compter ? Tu sais compter au moins jusqu’à deux ? » — Charles Bronson (l’homme à l’harmonica)
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 280, septembre-octobre 2012, p. 20-21
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67389ac

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