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Séquences : la revue de cinéma

Numéro 280, septembre-octobre 2012, p. 28-29

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

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Compte rendu

Chroniqueur de la modernité québécoiseJean-Claude Labrecque, Coffret 6 DVD + 1 livret — Durée : 14 heures, (Coll. Hommage), Montréal : Imavision, 2012

Luc Chaput

Résumé | Extrait

Luc Chaput Né à Québec en 1938, le jeune Jean-Claude s’intéresse tôt à la photographie, travaillant comme apprenti dans ce domaine. Le passage se fait donc naturellement vers les métiers du cinéma, assistant caméraman, caméraman, puis directeur photo et aussi réalisateur. À l’ONF, où il entre après un passage à l’Office du film du Québec, Labrecque est reconnu comme un artisan qui pousse les appareils jusque dans leurs limites et donc devient un testeur recherché par les compagnies, qui envoient leurs prototypes dans cette institution déjà mondialement reconnue pour sa participation à la conception et au déploiement du cinéma direct. Il monte, par ailleurs, sa propre maison de production et prend les moyens, par ses contacts à Québec et à Montréal, pour pouvoir tourner un court sur la visite du général de Gaulle à l’occasion de l’Expo 67. Le narrateur, Pierre Perrault, imite le phrasé d’un de ses auteurs favoris, Jacques Cartier, pour planter tout d’abord le décor sonore et visuel quand le croiseur français Le Colbert arrive devant Québec2. Débrouillard, Labrecque réussit à se faire accepter en tant que caméraman sur le siège avant de la décapotable qui transporte de Gaulle et le premier ministre Daniel Johnson dans les rues de Québec puis sur le Chemin du Roi. Aujourd’hui, les petites caméras numériques, permettent de tourner plus facilement, mais les conditions de sécurité qui entourent les déplacements de chefs d’État étranger sont plus compliquées. Le montage de Labrecque et Bernard Gosselin nous fait partager, dans ce périple, la montée des discours du général qui, répondant aux réactions enthousiastes des foules qui se massent sur le bord de la route et aux diverses étapes du parcours, finit par l’exclamation historique du balcon de l’hôtel de ville de Montréal. Labrecque filme donc l’effervescence culturelle qui anime le Québec et y participe même en préparant la première Nuit de la poésie au Gesù en 1970. La caméra de Labrecque et de ses acolytes s’insère dans le spectacle de diverses manières, dans les coulisses, sur la scène, dans le public et nous fait ainsi partager le travail de lecture à voix haute et d’interprétation par ces nombreux poètes qui sont déjà ou deviendront célèbres, que ce soit Gaston Miron, Gérald Godin ou Michèle Lalonde. L’expérience, encore plus réussie du point de vue de la participation du public et des artistes, sera renouvelée à l’UQAM avant le référendum de 1980, puis en 1990. Marie Uguay fait sensation dans la Nuit de 1980 avant de devenir le sujet d’un remarquable portrait, sujet dont Labrecque réussit à capter l’essence et le frémissement avec l’aide entre autres de l’intervieweur Jean Royer. Un des signataires du Refus Gobal, Claude Gauvreau, est aussi l’objet d’un portrait, un peu moins intéressant et plus fragmenté, mélange d’extraits de pièces de théâtre où Gilles Renaud joue un quasi alter ego et de diverses archives où l’auteur de La Charge de l’orignal épormyable s’exprime. Cette ébullition de mots et d’images que le directeur photo capte, le cinéaste la monte et l’accompagne très souvent dans ses documentaires ou ses oeuvres de fiction par des choix éclairés de compositeurs de musique moderne, contemporaine, de divers types de rock ou de jazz, que ce soit Walter Boudreau, Dionne-Brégent ou Mashmalkhan. Malheureusement, dans le cas d’Images de la Gaspésie, les images en mouvement captées par hélicoptère, bateau ou autres moyens de locomotion sont enchâssées dans une musique trop grandiloquente de Robert Léonard. La Gaspésie est aussi le lieu du premier long métrage de fiction du réalisateur. Les Smattes tente de rendre compte du grand dérangement qu’a occasionné la fermeture de plusieurs villages dans les années 1970. La présence des acteurs Daniel et Donald Pilon tire le scénario de Jacques Perron vers un produit plus près du Red de Carle dans ce film d’aventures contestataire où l’individu est confronté aux décisions inconsidérées de fonctionnaires qui se croient porteurs de l’unique vérité.

Auteur : Luc Chaput
Titre : Chroniqueur de la modernité québécoise
Ouvrage recensé : Jean-Claude Labrecque, Coffret 6 DVD + 1 livret — Durée : 14 heures, (Coll. Hommage), Montréal : Imavision, 2012
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 280, septembre-octobre 2012, p. 28-29
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67392ac

Tous droits réservés © La revue Séquences Inc., 2012

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