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Séquences : la revue de cinéma

Numéro 280, septembre-octobre 2012, p. 44-45

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

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Compte rendu

The Dark Knight RisesDéchéance, exil et renaissanceL'ascension du chevalier noir — États-Unis / Grande-Bretagne 2012, 2 h 44

Maxime Labrecque

Résumé | Extrait

art24 Maxime Labrecque Les films de Christopher Nolan possèdent une facture visuelle irréprochable, doublée d’intrigues complexes, mais fort bien ficelées, dans lesquelles le spectateur occupe une place prépondérante. Ce dernier est invité à participer activement au film, en tâchant de s’immiscer dans les méandres de l’intrigue, offrant une profondeur et une richesse narratives rarement atteintes à Hollywood. En somme, Nolan n’a pas l’habitude de prendre ses spectateurs par la main afin de les guider dans son montage et dans ses multiples trames narratives délicieusement dédaléennes. Qu’on les laisse trouver le chemin par eux-mêmes ! Les attentes entourant la sortie en salles de ce film étaient donc élevées, surtout après l’inégalable The Dark Knight (2008). Et, somme toute, Nolan ne déçoit pas. Dès la séquence d’ouverture, le spectateur est précipité dans une enfilade de séquences brèves, véritables vignettes venant présenter certains personnages et faisant le bilan depuis le dernier film. Batman est un renégat, confiné aux oubliettes par son alter ego, le désormais reclus Bruce Wayne, dont la fortune et la santé s’amenuisent. Parallèlement, on découvre le méchant suprême à la voix équivoque, Bane, de même que l’agile et sublime Catwoman. Le tout se fait dans un tourbillon narratif, qui aurait pu profiter d’un rythme laissant savourer davantage les personnages et leurs subtilités, sans toutefois amputer la vivacité de l’action. Le personnage de Miranda, à titre d’exemple, interprété par Marion Cotillard (nouvelle muse de Nolan ?), n’est pas sans rappeler le rôle qu’elle tenait dans Inception (2010). Son personnage est introduit dans une scène purement fonctionnelle, faute de trouver mieux. Malgré tout, le spectateur parvient tout de même à comprendre, en quelques lignes de dialogue, la fonction et la plupart des motivations de Miranda. Tant pis pour la subtilité. Concédons toutefois que, dans un film aussi étoffé que The Dark Knight Rises, il faut parfois savoir prendre des raccourcis. Le secret de Bruce Wayne n’est plus. Bane s’est chargé d’écraser Batman et de l’envoyer en exil, dans une prison souterraine où l’espoir n’existe pas, alors que Gotham (Manhattan) City, où règne désormais l’anarchie, est dirigée arbitrairement par des criminels qui menacent de la faire exploser — rien de moins. Le coeur du film repose principalement sur la déchéance de Wayne, qui, dans une séquence plutôt mystique et exaltée, parvient à trouver le courage de sortir de prison afin d’affronter le mal incarné. C’est là que le titre du film prend tout son sens. Le chevalier noir, après avoir été brisé et exilé, se relève, avec une volonté inébranlable. Ce passage, passablement long, est présenté en alternance avec les séquences de Gotham City qui sombre dans le chaos. À la fin, bons et méchants s’affrontent au coeur de la ville, alors qu’une fine neige tombe sur eux et qu’une musique d’une intensité quasi insoutenable ponctue la bataille. Lors de cet affrontement, certains parallèles, du point de vue de la direction photo notamment, peuvent être établis avec Gangs of New York, réalisé dix ans plus tôt, surtout en ce qui a trait à la séquence d’ouverture. Certains spectateurs avisés se rappelleront peut-être qu’auparavant, le personnage de Bane avait fait une apparition dans l’un des nombreux films de la franchise, soit Batman & Robin (1997) de Joel Schumacher. Un rôle plutôt quelconque et très secondaire, car Bane n’était bon qu’à exécuter les ordres de Poison Ivy. L’écart entre les deux représentations du vilain est, ici, frappant. Bane, dans le film de Nolan, est à des lieues du simplet incapable de penser par lui-même. Il possède une finesse psychologique et, bien que capable de détruire ses ennemis par la force, il parvient à s’attaquer à leurs valeurs et à torturer leur esprit.

Auteur : Maxime Labrecque
Titre : The Dark Knight Rises : déchéance, exil et renaissance
Ouvrage recensé : L'ascension du chevalier noir — États-Unis / Grande-Bretagne 2012, 2 h 44
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 280, septembre-octobre 2012, p. 44-45
URI : http://id.erudit.org/iderudit/67400ac

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