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Séquences : la revue de cinéma

Numéro 277, mars-avril 2012, p. 14-16

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

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Article

Catherine Hébert« Qu’on le veuille ou non, on n’échappe pas au rapport noir-blanc. C’est une question qui m’a poursuivie pendant tout le voyage... »

Propos recueillis par

Sami Gnaba

Résumé | Extrait

Catherine Hébert « Qu’on le veuille ou non, on n’échappe pas au rapport noir-blanc. C’est une question qui m’a poursuivie pendant tout le voyage... » De nouveau, Catherine Hébert part pour l’Afrique, après y avoir tourné Des mangues pour Charlotte et De l’autre côté du pays. Nouvelle expérience qui lui aura été inspirée par la marche d’un homme, et où encore une fois la sensibilité de son regard s’affirme de plus belle, toujours tourné vers l’Autre, à l’affût des rencontres, des histoires et des confidences… À l’occasion de la sortie en salles de Carnets d’un grand détour, nous nous sommes entretenus avec elle. Propos recueillis par Sami Gnaba Le film Carnets d’un grand détour s’amorce par un ton intimiste à travers lequel vous confessez « De nouveau je m’en vais en Afrique », comme pour bien nous rappeler de sa prédominance dans vos films. « L’Afrique, ce n’est pas n’importe où », ajouterez-vous le plus naturellement du monde… Comment définiriez-vous votre rapport à ce continent ? Le film s’ouvre avec une citation de Kapuscinski qui parle de notre rapport à l’Autre. Dans son célèbre ouvrage Ébène, il écrit que l’Afrique est un continent trop vaste pour être décrit et qu’à part la notion géographique, l’Afrique n’existe pas. Je partage complètement cette vision, et c’est pourquoi chacun de mes voyages en Afrique ne comble pas ma curiosité pour ses hommes et ses femmes, son territoire, ses valeurs, mais ne fait que l’attiser. Chacun de mes retours est marqué par une soif encore plus grande de ce continent. Au-delà de cette curiosité, j’entretiens un rapport purement émotif avec l’Afrique, mais il est circonstanciel. Comme je l’explique dans le film, j’ai fait mon premier grand voyage au Sénégal à l’âge de 22 ans. Ce voyage en Afrique de l’Ouest a été une expérience initiatique et chaque fois que je remets les pieds sur ce continent, je cherche à renouveler — probablement inconsciemment — cette nouvelle expérience du monde qui m’était offerte. Qu’est-ce qui vous a poussée à commencer votre film au Maroc, et non en France, là où vous dites avoir rencontré Marc pour la première fois ? Pour des raisons purement techniques, c’est-à-dire le financement du film, nous n’avons pas pu amorcer le tournage en France. Le tournage a dans les faits commencé en Espagne, mais le matériel que j’y ai tourné n’était pas de la même nature que celui tourné en Afrique. Notamment parce que la culture des déplacements n’est pas la même : nos journées en Espagne se passaient beaucoup sur les autoroutes, et les rencontres se faisaient rares. Nous avons donc décidé au montage de commencer le film au Maroc. L’idée de ce film n’était pas de raconter le voyage jour par jour, kilomètre par kilomètre, de façon linéaire et chronologique, mais bien de reconstituer le voyage pour l’offrir sous forme de carnets. Serait-ce juste d’affirmer que Marc vous sert moins de sujet filmique que prétexte à une nouvelle « rencontre » avec l’Afrique ? Il serait plus juste d’affirmer que Marc constitue la première rencontre du voyage, rencontre qui sera suivie de nombreuses autres. Évidemment, cette rencontre a une grande importance puisque c’est elle qui a donné l’impulsion de départ, mais aussi parce que c’est une rencontre qui sera renouvelée tout au long du voyage, tandis que les autres rencontres sont celles du road movie, éphémères : elles sont uniques, et ne se répéteront pas. Il me faut aussi préciser que l’aventure de Marc — l’idée de transporter des livres sur des milliers de kilomètres pour pratiquer son métier de lecteur public — m’a beaucoup séduite par sa nature poétique. Le fait qu’il choisisse de parcourir le continent africain a ajouté à mon intérêt, bien sûr.

Auteur : Sami Gnaba
Titre : Catherine Hébert : « Qu’on le veuille ou non, on n’échappe pas au rapport noir-blanc. C’est une question qui m’a poursuivie pendant tout le voyage... »
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 277, mars-avril 2012, p. 14-16
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66300ac

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