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Séquences : la revue de cinéma

Numéro 277, mars-avril 2012, p. 29

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

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Compte rendu

Dead RingersTout a été dit, redisons-le mieux : l’exigence de répétition chez CronenbergAlter Ego — Canada / États-Unis 1998, 116 minutes

Pierre-Alexandre Fradet

Résumé | Extrait

Dead Ringers Tout a été dit, redisons-le mieux : l’exigence de répétition chez Cronenberg Plus qu’un beau mot, la gémellité se dévoile comme un refrain, avec lequel s’amuse Cronenberg comme on s’amuse avec deux miroirs. Refrain commun, usé peut-être, mais dont l’emploi permet un rappel : redire n’est pas médire, la répétition est parfois nécessaire. Pierre-Alexandre Fradet On a souvent noté la fascination de Cronenberg pour les métamorphoses. On a bien peu souligné, en revanche, combien il s’intéresse au thème de la stabilité, de la constance, du recommencement. Cronenberg est un cinéaste du devenir : dès qu’il en a l’occasion, il révèle la possibilité de mutation inhérente à l’appareil technologique. Mais c’est aussi un penseur de la répétition, ou tout au moins un réalisateur qui tient compte des bienfaits de l’itération. De quelle manière se répète-t-il ? Dans son oeuvre en général, en reprenant sans cesse le sujet de la métamorphose et de son redoublement constitutif, thème plus étroit que la répétition, et en réinvestissant à maintes reprises une thèse cardinale. Le cinéaste a beau affirmer qu’il n’apporte aucune réponse aux questions qu’il pose [1], une idée traverse en effet l’essentiel de sa cinématographie : la bizarrerie, la perversion, la monstruosité se développent et apparaissent partout, même et surtout là où l’on ne les attend pas. C’est ce que traduisent on ne peut mieux The Fly, Crash, Videodrome, eXistenZ, mais aussi l’ébouriffant Shivers, où un parasite se met à terroriser Montréal. Dead Ringers n’exprime pas autre chose. Prix Génie du meilleur film en 1988, cette oeuvre fait voir double. Elle met en présence deux jumeaux identiques, Beverly et Elliot Mantle, que tout concourt à rapprocher : la profession de gynécologue, le lieu de résidence, la vision du monde, les fréquentations féminines. L’un est introverti, l’autre est extraverti, tous deux sont incarnés par un acteur qui fut à l’époque applaudi par la critique, Jeremy Irons. Dans...

Auteur : Pierre-Alexandre Fradet
Titre : Dead Ringers : tout a été dit, redisons-le mieux : l’exigence de répétition chez Cronenberg
Ouvrage recensé : Alter Ego — Canada / États-Unis 1998, 116 minutes
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 277, mars-avril 2012, p. 29
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66312ac

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