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Séquences : la revue de cinéma

Numéro 277, mars-avril 2012, p. 51

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

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Compte rendu

Sous terreVa-et-vient entre clair et obscurIn Darkness / W ciemnosci — Allemagne / Pologne / Canada, 2011, 143 minutes

Luc Chaput

Résumé | Extrait

Sous terre Va-et-vient entre clair et obscur Un soir à Lvov pendant la Seconde Guerre mondiale, on frappe à la porte de l’appartement d’un employé des égouts municipaux situé dans les combles d’un immeuble. C’est le policier Bortnik qui amène des amis chez le dénommé Leopold Socha. Il veut boire et manger. Le bruit réveille la petite fille des Socha, qui se plaint plus tard que l’on est en train d’enlever le pain de la bouche de ses juifs. Bortnik réagit vivement avant de découvrir que lesdits juifs sont des poupées que la fille montre et qu’un confrère de son père a trouvées dans le ghetto dévasté et lui a données. Les parents ont eu chaud, car ils ont cru que l’autre vérité sortirait de la bouche de cet enfant. Luc Chaput La partie orientale de la Pologne avait été envahie en septembre 1939 par les Soviétiques et ce n’est donc qu’à partir de l’été 1941 que Lvov devint capitale de la Galicie sous la coupe des nazis. Une prison-ghetto est rapidement formée après les violences perpétrées déjà contre des membres du parti communiste et des Juifs. La situation se dégrade pendant que Socha et d’autres petits voleurs profitent de la situation pour faire des cambriolages. La mise en scène d’Agniezka Holland souligne la différence de caractères de ces divers personnages, qui font l’amour, s’engueulent, se séparent et se réconcilient ou qui continuent simplement à se cultiver pendant qu’autour d’eux, le monde s’écroule et que des fusillades de femmes ont lieu dans les forêts avoisinantes. La solution finale est déjà en marche. Il faut fuir dans les égouts, et peut-être ailleurs après si possible. Leopold Socha est un voleur et un antisémite ordinaire qui croise des juifs sous terre dans la noirceur et les odeurs pestilentielles. Face à la mine patibulaire du filou incarné avec beaucoup de doigté par l’acteur de théâtre polonais Robert Wieckiewicz, certains (dont Mundek) ont des doutes sur la sincérité de ses intentions quand il offre de les aider contre espèces sonnantes et trébuchantes. La cinématographie de Jolanta Dylewska oppose alors admirablement les zones obscures des tunnels, petites pièces humides et autres venelles, à la clarté des rues où trottent des quidams sous le regard des soldats allemands et des miliciens ukrainiens qui leur servent de sbires obstinés. Bortnik est un de leurs capitaines et il a connu Socha avant la guerre, en prison, où ils sont devenus copains. Le scénariste David Shamoon pose donc en filigrane la parabole du bon et du mauvais larron dans ces deux attitudes face à l’occupation et à l’horreur de la Shoah. Un jeu de cache-cache dangereux s’élabore entre ces deux amis, car la dénonciation peut rapporter gros et la découverte de l’aide à ces populations honnies par l’idéologie nazie aura des conséquences aussi gigantesques, comme le montre le sort qui est fait plus tard à Szczepek, le compagnon qui avait donné les poupées à la fille de Socha. Des amours se nouent, des conflits entre membres d’une même famille trouvent leur point de non-retour, des adultes ont peur devant l’énormité des rats qui sont leurs compagnons dans ces cellules souterraines où la mort peut arriver à tout moment pendant que les enfants jouent et se chamaillent. La vie continue dans toute sa diversité, également linguistique, dans un espace-temps que le montage voulu par la réalisatrice rend ample. Des liens plus amicaux se tissent finalement entre Leopold et certains membres du groupe, surtout Mundek. L’acteur allemand Benno Furman fait de cet ancien escroc un héros ordinaire qui prend des risques énormes par amour pour une de ses voisines. C’est le moment pour Agnieszka Holland de décrire dans de courtes scènes frappantes la vie avilissante dans un camp de travail situé dans une usine de cette agglomération.

Auteur : Luc Chaput
Titre : Sous terre : va-et-vient entre clair et obscur
Ouvrage recensé : In Darkness / W ciemnosci — Allemagne / Pologne / Canada, 2011, 143 minutes
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 277, mars-avril 2012, p. 51
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66326ac

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