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Séquences : la revue de cinéma

Numéro 278, mai-juin 2012, p. 12

Theo Angelopoulos

Sous la direction de Élie Castiel

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

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Compte rendu

Une histoire du cinéma srilankaisCinéma et Colonialisme: genèse du cinéma au Sri Lanka (de 1880 à 1928) (Coll. Champs visuels), Vilasnee Tampoe-Hautin, Paris : L’Harmattan, 2011, 166 pagesCinéma et Conflits ethniques au Sri Lanka : Vers un cinéma cinghalais « indigène » (de l’indépendance en 1928 à nos jours) (Coll. Champs visuels), Vilasnee Tampoe-Hautin, Paris, L’Harmattan, 2011, 156 pages

Luc Chaput

Résumé | Extrait

CINÉMA ET COLONIALISME / CINÉMA ET CONFLITS ETHNIQUES UNE HISTOIRE DU CINÉMA SRILANKAIS Du cinéma sri lankais, la cinéphilie internationale connaît surtout Lester James Peries, réalisateur qui participa à de nombreux festivals, dont Cannes comme membre du jury en 1992, et Vimukthi Jayasundara, qui gagna ex aequo la Caméra d’or à ce même festival en 2005 pour La Terre abandonnée (Sulanga Enu Pinisa). Les deux livres de Mme Vilasnee Tampoe-Hautin sont une adaptation de sa thèse de doctorat en études anglophones sur l’histoire du cinéma dans ce pays, et ce d’un point de vue sociologique, économique et politique, et ne contiennent donc pas de critiques de films. Luc Chaput L’auteure, fille et petite-fille des cinéastes srilankais Robin et W.M.S Tampoe, est agrégée d’anglais et maître de conférences à l’université de la Réunion. Elle a refondu sa thèse, Cinéma, Colonialisme et Identité : Naissance et développement du cinéma au Sri Lanka (1896-1966), dans ces deux livres. L’auteure nous rappelle tout d’abord l’histoire de Ceylan, nom de l’île pour les colonisateurs portugais, néerlandais et britanniques, et ce jusqu’en mai 1972. Le gouvernement lui donna alors son nouveau nom de Sri Lanka (île merveilleuse et bénie) rappelant une dénomination très ancienne. Colonie britannique de 1796 à 1948, le pays a donc connu une administration similaire à celle du Canada et en garde un appareil judiciaire et constitutionnel d’influence britannique. Le pays comprend une population majoritaire de langue cinghalaise et une importante minorité d’origine tamoule. La professeure relate l’histoire des débuts du cinéma et la place que les Tamouls ceylanais y ont prise dans le domaine de l’exploitation et de la production. L’auteure démêle également les réactions de la population srilankaise majoritairement bouddhiste face à l’Inde, ce grand voisin hindouiste où se construit une industrie de cinéma prolifique. De nombreux mélodrames indiens ont connu de tout temps de grands succès auprès du public srilankais. Néanmoins, l’oeuvre sur la vie de Bouddha, Light of Asia (Prem Sanyas), d’après l’épopée du poète anglais Edwin Arnold, réalisée à Bombay par Franz Osten et Himansu Rai, bénéficiant ailleurs d’un accueil important en Grande-Bretagne comme produit culturel majeur, sera interdite au Sri Lanka à cause de l’influence des autorités religieuses. Les divers mouvements du cinéma britannique, dont l’école documentaire avec Song of Ceylon de John Grierson et Basil Wright, et la législation sur les Quota quickies auront aussi une influence sur la culture et la pratique cinématographiques de ce pays. La constitution de ciné-clubs avant la Seconde Guerre mondiale favorise l’émergence d’intellectuels, critiques et cinéastes qui voudront mettre en place un cinéma « indigène » qui oppose à la représentation plus mélodramatique, incluant souvent des chants et danses des oeuvres populaires, la vie dans les villages cinghalais. Lester James Peries, avec son premier long métrage, Rekawa, en 1956 mais aussi Baddegama, où il adapte The Village in the Jungle, livre de souvenirs de Leonard Woolf, époux de la célèbre Virginia, en est un exemple probant. Le gouvernement de l’État indépendant répondra dès 1948 aux demandes de ce groupe en créant le Government Film Unit puis après le rapport d’une commission d’enquête, en 1972, la State Film Corporation. Le conflit sur les langues officielles entre le cinghalais, le tamoul et même l’anglais à partir de 1956, constitue un autre exemple des problèmes qu’a à surmonter cette nation. Les cinéastes d’origine tamoule y produisent d’ailleurs de moins en moins à partir de 1966. Oeuvres de mémoire nécessaire, les deux essais de Mme Tampoe-Hautin, par sa maîtrise des diverses sources archivistiques, par sa connaissance des divers milieux culturels de l’Océan Indien, redonnent vie à des artisans, producteurs, cinéastes et distributeurs souvent relégués dans les oubliettes de l’histoire du cinéma mondial mais aussi de leur pays.

Auteur : Luc Chaput
Titre : Une histoire du cinéma srilankais
Ouvrages recensés : Cinéma et Colonialisme: genèse du cinéma au Sri Lanka (de 1880 à 1928) (Coll. Champs visuels), Vilasnee Tampoe-Hautin, Paris : L’Harmattan, 2011, 166 pages
 Cinéma et Conflits ethniques au Sri Lanka : Vers un cinéma cinghalais « indigène » (de l’indépendance en 1928 à nos jours) (Coll. Champs visuels), Vilasnee Tampoe-Hautin, Paris, L’Harmattan, 2011, 156 pages
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 278, mai-juin 2012, p. 12
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66565ac

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