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Séquences : la revue de cinéma

Numéro 278, mai-juin 2012, p. 40-41

Theo Angelopoulos

Sous la direction de Élie Castiel

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

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Compte rendu

Il était une fois en AnatolieVérité du cinémaBir zamanlar Anadolu’da / Once upon a time in Anatolia — Turquie 2011, 157 minutes

Sylvain Lavallée

Résumé | Extrait

Il était une fois en Anatolie Vérité du cinéma Le dernier film de Nuri Bilge Ceylan, Il était une fois en Anatolie, débute sur une nuit noire à la campagne et se termine dans une chambre d’hôpital blanche baignée par la lumière du jour, alors que le récit, lui, suit un mouvement semblable en partant d’un mystère à résoudre pour aboutir à une révélation que l’on préfère taire. D’une souplesse envoûtante, la mise en scène semble passer de cette noirceur à la lumière en un seul mouvement continu, comme si le film avait été tourné en un seul plan-séquence nous charriant le long d’une sorte de courant de conscience omniscient. Sylvain Lavallée Cette mise en scène, comme un flot ininterrompu, entremêle les points de vue afin de mettre sur le même plan la perspective du docteur, du procureur, du meurtrier, etc., présentant ainsi une idée composite de la notion de vérité : s’il y a vérité, s’il est possible que notre connaissance du monde concorde avec la réalité du monde, alors cette vérité ne peut résider qu’au croisement de ces points de vue, là où leurs perceptions se rejoignent. Dès le premier plan, une discussion inaudible entre trois hommes, prélude d’un meurtre à venir, la caméra nous place devant un mystère, une réalité qui se voile et se révèle tout à la fois : se révèle, puisque la caméra la capte, par son mécanisme indifférent qui donne à l’image photo-graphique ses allures d’objectivité; se voile, puisque cette image, malgré la fidélité de sa représentation, ne suffit pas à saisir cette réalité qu’elle donne à voir, une image ne sera toujours qu’apparence. Nous savons bien qu’en art le cadre cache toujours plus qu’il n’en montre, mais la caméra de Ceylan ne fait pas que suggérer un hors-champ expressif, elle tend à conserver l’ambiguïté essentielle de la réalité représentée, comme dans ce premier plan vu depuis une fenêtre poussiéreuse qui rend flous les personnages. Cette image d’une fenêtre qui fait écran explicite cette idée d’une vérité apparemment...

Auteur : Sylvain Lavallée
Titre : Il était une fois en Anatolie : vérité du cinéma
Ouvrage recensé : Bir zamanlar Anadolu’da / Once upon a time in Anatolia — Turquie 2011, 157 minutes
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 278, mai-juin 2012, p. 40-41
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66582ac

Tous droits réservés © La revue Séquences Inc., 2012

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