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Séquences : la revue de cinéma

Numéro 278, mai-juin 2012, p. 53

Theo Angelopoulos

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

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Compte rendu

Roméo OnzeLes amours imaginairesRomeo Eleven — Canada [Québec], 90 minutes

Mathieu Séguin-Tétreault

Résumé | Extrait

Roméo Onze Les amours imaginaires Cinéaste québécois d’origine serbe remarqué pour ses courts-métrages (La Chute, Les Mots), Ivan Grbovic signe avec Roméo Onze un premier film aussi convenu que maîtrisé qui, somme toute, laisse présager une belle sensibilité. Mathieu Séguin-Tétreault Roméo Onze, c’est l’histoire de Rami, un jeune montréalais d’origine libanaise. « Romeo11 », c’est le pseudo qu’il emprunte sur Internet dans sa correspondance avec une certaine « Malaury26 » qu’il tente de séduire en s’inventant un personnage de businessman prospère brassant de grosses affaires entre deux vols première classe vers New York ou Los Angeles. Car ce paradis virtuel lui permet d’esquiver sa réalité, sa différence : affligé d’une atrophie musculaire aux jambes depuis sa naissance, Rami doit respecter les traditions et les attentes parentales. Chronique d’un affranchissement à la fois personnel et familial, ce récit d’apprentissage abordant les troubles de l’identité, le sens des responsabilités et la confrontation avec le père (thématique usuelle du cinéma québécois), se trouve lui-même handicapé par un schéma conformiste (dans l’ordre : la suite d’épreuves et d’échecs, le revirement de situation, la crise, la prise de conscience, la morale sur l’acceptation de soi, le happy end) et une tension dramatique un peu forcée (par la somme des mensonges que Rami a répandus dans la première partie du film, la séquence climax où il invite sa Juliette dans un hôtel cinq étoiles laisse appréhender le pire). À l’instar des récents Jo pour Jonathan, Nuit #1 et Laurentie, pour ne nommer qu’eux, le vide existentiel d’une jeunesse livrée à elle-même est traduit par une stagnation du récit et une mise en scène privilégiant la longue durée des plans et l’immobilité des cadres. Et si l’on peut reprocher à ce parti pris de la lenteur de se convertir en un dispositif de la misère et de l’enfermement, en une esthétique donnée d’avance, en une marque absolue d’un certain cinéma d’auteur...

Auteur : Mathieu Séguin-Tétreault
Titre : Roméo Onze : les amours imaginaires
Ouvrage recensé : Romeo Eleven — Canada [Québec], 90 minutes
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 278, mai-juin 2012, p. 53
URI : http://id.erudit.org/iderudit/66590ac

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