Érudit - Promouvoir et diffuser la recherche
FrançaisEnglishEspañol
 

Recherche détaillée

.

Séquences : la revue de cinéma

Numéro 276, janvier-février 2012, p. 10

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

sequences1081634
< PrécédentSuivant >

Abonnement requis!

L’accès à cet article est réservé aux abonnés. Toutes les archives des revues diffusées sur Érudit sont en accès libre (barrière mobile de 2 ou 3 ans). Pour plus d’information, consulter la page Abonnements et politique d’accès.

Connexion (abonné individuel)

Article

Image+NationÀ bride abattue

Élie Castiel

Résumé | Extrait

Image+Nation À bride abattue La 24e édition d’Image+Nation était marquée par la devise « Partager vos histoires avec vos bien-aimé.e.s. » Formulation on ne peut plus directe selon laquelle il existe un vécu gai et celui-ci se manifeste au quotidien. Une autre façon, également, de légitimer la tenue d’un tel festival. Malgré l’effervescence des nombreuses autres manifestations cinématographiques qui s’enchevêtraient et tentaient de faire de l’ombre au Festival international cinéma LGBT, nous étions présents, le temps de voir quelques films provenant de multiples horizons géographiques. Élie Castiel Le film d’ouverture donnait une idée claire de ce qui allait suivre. Avec Four More Years (Fyra år till), la Suédoise Tova Magnusson-Nörling propose une comédie romantico-politique politiquement incorrecte. David Holst est marié, veut devenir premier ministre, mais il est défait aux élections. Comble du malheur, il tombe amoureux de Martin, membre du parti adverse. Évoquant les comédies romantiques de l’âge d’or du cinéma américain, la jeune réalisatrice réussit le double exploit de concilier récit sentimental et satire politique. En Suède, les enjeux gais ne sont pas aussi simples qu’ils paraissent, particulièrement lorsqu’on se rend compte que la droite domine de plus en plus. Magnusson-Nörling en est consciente et construit une mise en scène alerte et intelligente qui pousse à la réflexion sans se prendre trop au sérieux. Le ton est plus sérieux dans Gun Hill Road de l’Américain Rasheed Ernesto Green. Lorsqu’il sort de prison après un séjour de trois ans, un certain Esai ne peut se faire à l’idée que son fils Michael est en pleine transformation d’identité sexuelle et que dans son « autre » réalité, il est Vanessa. Sans porter des jugements, le réalisateur brosse des portraits de personnages ambigus avec un réalisme édifiant. Si certains clichés font surface, donnant l’occasion au spectateur de réagir, force est de souligner que l’aspect dramatique brille par son côté soutenu et respectueux envers les sujets filmés. Nul doute que Shahada est une surprise. Premier long métrage de haut calibre de l’Allemand Burhan Qurbani, il est question d’un groupe de musulmans à Berlin qui tentent de vivre leur sexualité, contrevenant ainsi aux lois ancestrales que leur foi impose. Ce qui frappe d’emblée dans ce film d’une grande beauté visuelle, c’est avant tout la candeur et la largeur d’esprit avec laquelle le réalisateur traite d’un sujet aussi complexe. Les personnages ne sont pas tous gais, mais tous victimes des discordances qui existent entre les préceptes inculqués par leurs parents et la liberté que procure la modernité. D’une imposante beauté formelle. L’acteur-réalisateur français Gaël Morel produit des films libres et incandescents sans se soucier de l’accueil qu’on pourrait leur réserver. Dans Notre paradis, le ton est donné dès la première séquence. Film vampire, intransigeant, grave et dramatique, il est porté par la carrure vieillissante mais toujours attirante d’un Stéphane Rideau hallucinant dans le rôle d’un meurtrier. La réalisation savoure ces moments de pure grâce lorsque les personnages ne sont que des victimes sans défense, amplifiant le rapport ambigu entre Éros et Thanatos. C’est sans doute pour cette raison que Morel verse dans le poétique, parfois même avec des accents surréalistes. Pour finalement donner l’occasion à ces antihéros urbains la possibilité de retrouver le paradis perdu, même si au fond ils ne réussissent pas à l’atteindre. Le premier long métrage de l’Américain Eldar Rapaport brille par sa sensualité à fleur de peau. Entre Jonathan et Raúl, une histoire d’amour faite de ruptures, d’absences et de possibles réconciliations. Dans August, la mise en scène se concentre surtout sur le rapprochement entre ces deux êtres pris dans la tourmente de l’amour. Les dialogues sont d’une rare éloquence. Les corps se vouent une admiration sans bornes. Ça se passe à Los Angeles.

Auteur : Élie Castiel
Titre : Image+Nation : à bride abattue
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 276, janvier-février 2012, p. 10
URI : http://id.erudit.org/iderudit/65751ac

Tous droits réservés © La revue Séquences Inc., 2012

À propos d'Érudit | Abonnements | RSS | Conditions d’utilisation | Pour nous joindre | Aide

Consortium Érudit ©  2016