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Séquences : la revue de cinéma

Numéro 276, janvier-février 2012, p. 13-15

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

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Article

Les indignés de la pelliculeOccuper l’écran

Ismaël Houdassine

Résumé | Extrait

Ismaël Houdassine Les indignés de la pellicule Occuper l'écran L’Europe subit aujourd’hui une crise économique majeure. La monnaie unique vacille et pendant que les experts prédisent la fin de l’euro et un soulèvement social sans précédent sur le Vieux Continent, le cinéma français semble soudainement prendre conscience de l’importance de la situation qui s’abat sur son pays.La plupart des longs métrages français qui sont sortis récemment en salles au Québec sont là pour le prouver. Ma part du gâteau de Cédric Klapisch, Une vie meilleure De Cédric Khan, Les Neiges du Kilimandjaro de Robert Guédiguian, trois exemples qui montrent sans concession une France qui va mal. Séquences, qui a rencontré les réalisateurs, se penche sur le phénomène. Mais d’abord un petit retour en arrière s’impose, car historiquement parlant, le cinéma français n’a jamais vraiment abordé les différentes crises mondiales. Frileux, les réalisateurs ont toujours eu envers elle une certaine méfiance, privilégiant un cinéma du rêve teinté d’un certain parisianisme. Et cela, depuis les débuts du 7e art. Malgré ses effets dévastateurs, la grande crise des années 30 n’a pas non plus inspiré beaucoup de cinéastes. Il y a bien eu quelques tentatives comme La Belle Équipe (1936) de Julien Duvivier, où l’on peut voir un Jean Gabin colérique rappeler à son propriétaire qu’on ne devient pas chômeur par choix. Et n’oublions pas Le Crime de Monsieur Lange (1936) de Jean Renoir, qui traite des sans-emploi. Des films qui ont leurs qualités, mais qui ne peuvent franchement pas rivaliser avec Grapes of Wrath (Les Raisins de la colère) de l’Américain John Ford (1940) ou de Boys on the Road de William Wellman (1933). Les productions américaines abordant les difficultés financières des petites gens seront légion dans les années 60-70, tout autant que les longs métrages abordant l’imbrication de la finance mondiale (par exemple Wall Street) dans l’économie capitaliste américaine. L’Angleterre continue elle...

Auteur : Ismaël Houdassine
Titre : Les indignés de la pellicule : occuper l’écran
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 276, janvier-février 2012, p. 13-15
URI : http://id.erudit.org/iderudit/65753ac

Tous droits réservés © La revue Séquences Inc., 2012

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