Érudit - Promouvoir et diffuser la recherche
FrançaisEnglishEspañol
 

Recherche détaillée

.

Séquences : la revue de cinéma

Numéro 276, janvier-février 2012, p. 23

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

sequences1081634
< PrécédentSuivant >

Abonnement requis!

L’accès à cet article est réservé aux abonnés. Toutes les archives des revues diffusées sur Érudit sont en accès libre (barrière mobile de 2 ou 3 ans). Pour plus d’information, consulter la page Abonnements et politique d’accès.

Connexion (abonné individuel)

Compte rendu

Un monde d’imagesLe cinéma : l’art d’une civilisation, Textes choisis et présentés par Daniel Banda et José Moure (Coll. Champs Arts), Paris : Flammarion, 2011, 486 pages, 1920-1960

Sylvain Lavallée

Résumé | Extrait

Le cinéma : l’art d’une civilisation Un monde d'images Difficile de comprendre aujourd’hui ce fameux réflexe de peur tellement pour nous le cinéma va de soi, surtout depuis que les images se sont évadées des écrans pour envahir notre quotidien. L’estompement de cette prime émotion fascinée semble avoir, de plus, émoussé notre capacité à parler du cinéma, ou du moins à en parler avec cette passion qui animait les premiers écrits sur cet art nouveau. C’est la première chose qui frappe, en lisant ce recueil de textes choisis par Daniel Banda et José Moure, la ferveur, autant émotionnelle qu’intellectuelle, entourant cet art à une époque où il fallait encore le circonscrire. La sélection couvre des essais écrits entre 1920 et 1960, commençant donc quelques années après la naissance du cinéma, alors que l’on ressentait encore les secousses de cette collision entre le train et les pionniers des salles obscures. Avant, aussi, que le cinéma soit considéré sérieusement comme langage, alors qu’il n’était qu’un nouveau média dont la forte popularité interdisait les prétentions artistiques que certains lui conféraient, l’art étant encore regardé comme un privilège dont l’élite refusait de se départir. Le recueil se lit alors comme l’histoire de cette lente reconnaissance, la première section (Rendre présent le monde muet : 1920-1927) se concentrant essentiellement sur des textes cherchant à comprendre ce pouvoir des images, cette fascination qu’elles exercent sur les foules, avec les balbutiements théoriques d’un cinéma comme langage, ou du moins comme expression. Les spécialistes du 7e art commencent à apparaître (les premiers écrits de Balasz ou Kracauer, les théories d’Eisenstein), mais c’est de loin la partie la plus éclectique, comportant des textes généralement moins connus mais non moins pertinents, écrits par des personnalités venant d’horizons divers, de la politique (Trostky) à la philosophie (Sartre), en passant par les lettres (Woolf) et par les premiers cinéastes (Griffith, Epsein, Vertov). La deuxième section (Un art livré au bruit du monde : 1928-1944) consacre le cinéma comme art; maintenant que ces images deviennent familières on peut commencer à définir plus précisément comment elles s’articulent, en quoi cet enchaînement d’images mouvantes dans le temps constitue un langage et, partant, un art (Arnheim, Faure, Panofsky), même si, d’autre part, le fait que le cinéma soit une culture de masse en inquiète plusieurs (Horkheimer et Adorno, Duhamel) et n’en réjouit, semble-t-il, que trop peu (Benjamin, Ford). Si le cinéma est un art, il doit alors porter de lourdes responsabilités, vis-à-vis du réel et de l’homme, une vocation éthique d’autant plus fondamentale que ce cinéma, art de notre civilisation, réfléchit, par essence, notre lien au monde. C’est ces interrelations entre l’homme, le monde et le cinéma que la troisième partie cherche à cerner (Des images et des hommes, 1945-1960), cette section comportant probablement les essais les plus célèbres de ce recueil, en tout cas parmi les plus essentiels : ceux de Bazin, évidemment, mais aussi ceux de Kracauer, de Truffaut, de Barthes ou d’Astruc. La valeur d’un tel recueil n’est pas à discuter, les quelque cent vingt textes rassemblés ici offrent un portrait extrêmement riche et varié, parfaite porte d’entrée pour le néophyte commençant à s’intéresser à la théorie du cinéma, ou encore pour conserver en un volume facile à consulter certaines des plus belles phrases écrites sur cet art. Mais il s’agit d’une porte d’entrée seulement, car si, d’un côté, placer en contexte des essais fondateurs comme ceux de Balasz, Arnheim, Benjamin ou Bazin permet de mieux en saisir la portée, à la fois en en présentant les inspirations et en en soulignant l’extraordinaire originalité, de l’autre, réduire leurs pensées en quelques pages, extraites parfois de livres ou d’essais plus longs, ne leur rend pas toujours justice.

Auteur : Sylvain Lavallée
Titre : Un monde d’images
Ouvrage recensé : Le cinéma : l’art d’une civilisation, Textes choisis et présentés par Daniel Banda et José Moure (Coll. Champs Arts), Paris : Flammarion, 2011, 486 pages, 1920-1960
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 276, janvier-février 2012, p. 23
URI : http://id.erudit.org/iderudit/65759ac

Tous droits réservés © La revue Séquences Inc., 2012

À propos d'Érudit | Abonnements | RSS | Conditions d’utilisation | Pour nous joindre | Aide

Consortium Érudit ©  2016