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Séquences : la revue de cinéma

Numéro 276, janvier-février 2012, p. 27

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

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Compte rendu

Ora — Canada 2011, 15 minutes

Élie Castiel

Résumé | Extrait

Ora Ici, sous la caméra de Philippe Baylaucq, dont on se souviendra de l’émouvant Magicien de Kaboul (2008), les corps se dissocient en plusieurs parties, qui, petit à petit, prennent formes humaines. Les six danseurs s’expriment à partir d’une chorégraphie de José Navas, gracieusement inspirée du classique et sublime Pas de deux, de Norman McLaren. En salle, le film est présenté en 3D, laissant pénétrer pour ainsi dire la chaleur (et peut-être la profondeur) qui manque à un film sans récit apparent. Aucun fil narratif, tout est dans le mouvement, la sensation, alors que Ora s’engage dans une panoplie de moments lents, de gestes épars et soutenus. Les barrières sexuelles s’estompent pour donner toute la place à une dynamique du mouvement qui déséquilibre les corps pour mieux les ressaisir. L’homme et la femme ne sont q’un, obéissant à la musique stridente de Robert M. Lepage, dont les sonorités aquatiques, les bruits aériens et les silences suspendus créent un univers spatio-temporel d’une beauté à la fois éphémère et glaciale. Ils paraissent humains, mais à force de les admirer, ils ne le sont plus. Il sont petits, ces danseurs, ressemblant plus à des androïdes perdus dans un décor où règne essentiellement l’esthétique. Car dans Ora, il est surtout question d’effets miroir, un jeu de pluralités qui ne cesse de surmultiplier les protagonistes par le biais d’installations techniques et de moyens d’éclairage. À l’acte final, le réel imaginé ou fantasmé et l’effet miroir s’unissent pour former une sorte de métaphore de l’humanité et de son évolution, finissant par disparaître dans les dédales de l’espace et du temps. Si la danse au grand écran peut soit produire des étincelles ou au contraire laisser le spectateur stupéfait, force est de souligner que le projet de Baylaucq s’inscrit dans une perspective foncièrement esthétisante. Et c'est bien ainsi, car le spectacle s'avère une riche expérience purement visuelle qui, dans son refus de récit, substitue au cinéma un...

Auteur : Élie Castiel
Ouvrage recensé : Ora — Canada 2011, 15 minutes
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 276, janvier-février 2012, p. 27
URI : http://id.erudit.org/iderudit/65764ac

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