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Séquences : la revue de cinéma

Numéro 276, janvier-février 2012, p. 30

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

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Compte rendu

Jurassic ParkResponsabiliser le spectacleLe Parc jurassique — États-Unis 1993, 127 minutes

Sylvain Lavallée

Résumé | Extrait

Jurassic Park Responsabiliser le spectacle Steven Spielberg est régulièrement désigné comme le principal coupable de la dégénérescence actuelle d’Hollywood, d’abord parce que son Jaws, héraut des blockbusters, fit tant et si bien résonner la cloche des tiroirs-caisses que ce tintamarre pécuniaire suffit à faire s’effriter un Nouvel Hollywood qui volait vers sa liberté créatrice, et surtout parce qu’il aurait popularisé une forme de cinéma narcissique et infantilisant, si obsédé par ses propres artifices qu’il n’a plus aucun pied dans le réel. Sylvain Lavallée Pourtant, Spielberg n’a de cesse de contredire ces vitupérations depuis le début des années 90 au moins, alors qu’il y entamait une opération de désenchantement de son cinéma (ironiquement, on lui reproche maintenant d’avoir perdu la magie qui l’animait autrefois). En fait, Spielberg donne l’impression qu’il a très bien entendu ces reproches (non sans fondement, en ce qui concerne ses films des années 80) et qu’il s’emploie à y répondre, en insérant dans son oeuvre une autocritique féroce, qui apparaît de manière particulièrement limpide dans Jurassic Park, le pivot de sa carrière : cette fois, on ne fuit plus le réel, mais l’artifice. Dans Close Encounters of the Third Kind, Richard Dreyfuss abandonnait sa famille et sa morne vie banlieusarde (le réel) pour poursuivre son obsession des extra-terrestres (l’artifice), trouvant réconfort dans un magnifique attirail de son et lumière. Dans Jurassic Park, les nouvelles technologies permettent de recréer des dinosaures, mais cette fois il faut s’évader du parc d’attractions, d’un spectacle devenu dangereux, pour revenir sur la terre ferme. John Hammond, le créateur du Parc jurassique, c’est ce visionnaire au coeur d’enfant qui use de l’illusion pour épater les foules, qui, semblable au Dreyfuss de Close Encounters…, s’enferme sur une île loin du monde, avec ses simulacres; Hammond, bien sûr, c’est Spielberg lui-même. La première apparition des dinosaures,...

Auteur : Sylvain Lavallée
Titre : Jurassic Park : responsabiliser le spectacle
Ouvrage recensé : Le Parc jurassique — États-Unis 1993, 127 minutes
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 276, janvier-février 2012, p. 30
URI : http://id.erudit.org/iderudit/65769ac

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