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Séquences : la revue de cinéma

Numéro 276, janvier-février 2012, p. 46-47

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

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Compte rendu

Épouse apocalyptiqueMelancholia — Danemark / Suède / France / Allemagne 2011, 130 minutes

Mathieu Séguin-Tétreault

Résumé | Extrait

Melancholia Épouse apocalyptique Déclaré persona non grata au dernier Festival de Cannes (nous penchant sur l’oeuvre elle-même, on ne reviendra pas sur la connerie dite en conférence de presse), le toujours provocateur Lars von Trier continue de soigner sa dépression sur grand écran et signe avec Melancholia l’un de ses plus beaux cauchemars. S’entichant enfin d’un sujet à sa mesure, le cinéaste mégalomane ne s’attaque à rien de moins qu’à la fin du monde, prétexte pour nous enfoncer dans une expérience cathartique et iconographique d’un état d’âme : la mélancolie. Mathieu Séguin-Tétreault Deux soeurs, l’une dépressive (Justine), l’autre terre-à-terre (Claire), voient leur trajectoire se croiser alors que la planète Melancholia s’approche de la Terre pour l’anéantir. D’un lyrisme inouï, le prologue, composé d’une enfilade de plans-tableaux magnifiés par le prélude de Tristan und Isolde de Wagner, condense en lui tout le film et signale sa conclusion apocalyptique inéluctable (argument un peu facile de cette intrigue presque trop simple). À la suite de ces images synthétiques d’une puissance d’envoûtement sidérale, von Trier, tiraillé par son passé, trahit dans les grandes lignes les préceptes du dogme, mais s’efforce de les retrouver par une caméra épaule nerveuse, des jump cuts, des zoom in et zoom out. En résulte une interpénétration entre ostentation stylistique et réalisme cru (dichotomie scellée après l’ouverture grandiose par l’annonce du titre plaqué primitivement sur un aplat au crayon gris), dualité aussi ostensible dans les thématiques (l’isolement et l’immensité, l’artificiel et l’organique, le micro et le macro) et dans la structure scindée en deux actes. Chacun réservé à l’une des deux protagonistes (aux caractères d’ailleurs opposés), ces volets agissent comme une rationalisation du prologue poétique, lequel rime avec une descente hallucinée dans les pensées les plus profondes de Justine : une évocation purement subjective de son propre...

Auteur : Mathieu Séguin-Tétreault
Titre : Épouse apocalyptique
Ouvrage recensé : Melancholia — Danemark / Suède / France / Allemagne 2011, 130 minutes
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 276, janvier-février 2012, p. 46-47
URI : http://id.erudit.org/iderudit/65777ac

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