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Séquences : la revue de cinéma

Numéro 276, janvier-février 2012, p. 49

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

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Compte rendu

The ArtistDiamant noirL’Artiste — France 2011, 100 minutes

Anne-Christine Loranger

Résumé | Extrait

The Artist Diamant noir Avec The Artist, le Français Michel Hazanavicius a fait le pari de se lancer dans la réalisation d’un long métrage muet. Pari gagné. À l’heure de mettre sous presse, son film semble déjà en chemin sur la route des Oscars. Anne-Christine Loranger L’époque la plus magique de l’histoire du cinéma, celle où les stars furent le plus idolâtrées, celle qui a fait la gloire des grands studios hollywoodiens, fut sans contredit l’époque du cinéma muet. Michel Hazanavicius fait revivre au sein de cette production étonnante la pure émotion de ce cinéma, celle qui passe par la gestuelle, les regards, celle qui invite tout le corps de l’acteur au jeu. L’inventivité de ce film ne réside pas seulement dans l’idée de montrer la fin du cinéma muet au sein d’un film avec bande-son, mais surtout d’y faire revivre trois époques; le muet des Rudolph Valentino et Charlie Chaplin, les débuts du parlant avec Don Juan et Le Chanteur de Jazz d’Alan Crosland et le dansant avec Fred Astaire et Ginger Rogers. En 1927, l’acteur de cinéma muet George Valentin (Jean Dujardin) est au sommet de sa gloire. Adulé de tout un peuple, il se promène en voiture de luxe, signe des autographes, fait la une à chacun de ses films et cabotine à chaque première en compagnie de son fidèle Jack, le petit chien qui partage sa vedette. Peu lui importe, finalement, que sa femme le boude à la maison : George a la gloire pour lui et s’amuse comme un petit fou à conquérir les foules de son seul sourire. Touché par l’aura particulière d’une jeune actrice débutante, Peppy Miller (Bérénice Bejo), qui fait par accident la une en sa compagnie, il lui donne le petit truc qui fera son succès. Mais la fin du muet approche et George, malgré l’insistance de son producteur Al Zimmer (John Goodman), refuse de s’y adapter. Rejeté des studios, il décide de diriger lui-même son prochain film, qu’il finance avec son propre argent, tandis que les studios investissent massivement dans les films parlants. Le film de George perdra la partie face aux nouveaux talkies, ce qui, combiné à la crise financière de 1929, signifiera sa ruine. Peppy Miller, elle, est entre-temps devenue l’enfant chérie de Hollywood. Véritable fête en noir et blanc, The Artist révèle le talent de Jean Dujardin et Bérénice Béjo, dont la remarquable présence à l’écran fait comprendre la frénésie provoquée par les stars que furent Greta Garbo, Buster Keaton et les Marx Brothers. Mais on y retrouve aussi le sourire charmeur et la moustache qui ont fait la fortune d’un Clark Gable, les effets classiques qui ont terrorisé l’auditoire de Nosferatu et surtout la tendre poésie mêlée d’humour des plus beaux moments des films de Chaplin. Bérénice Bejo, dont le regard de velours joue sur toutes les palettes, y est à croquer dans le rôle de Peppy Miller. John Goodman s’en donne à coeur joie dans son rôle de « réaliste ». Mais c’est Jean Dujardin qui, jouant jusqu’à trois rôles superposés, fascine. Une scène révélatrice est celle où il joue la star qui se concentre, entre dans son rôle et est poussé hors de son personnage par la sensuelle présence de Peppy. La chimie des deux acteurs est quasi palpable, merveilleusement révélée par une caméra qui fait renaître les riches camaïeux gris de cette glorieuse époque du cinéma américain. Michel Hazanavicius a eu la bonne idée de nous montrer dès les premières images comment se ressentait le cinéma muet. On y voit la star, pensive, derrière le grand écran alors que de l’autre côté la foule des grandes premières hollywoodiennes s’émeut ou rigole à l’unisson tandis qu’un orchestre de dizaines de musiciens donne le pouls de l’action sous la houlette d’un chef en smoking.

Auteur : Anne-Christine Loranger
Titre : The Artist : diamant noir
Ouvrage recensé : L’Artiste — France 2011, 100 minutes
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 276, janvier-février 2012, p. 49
URI : http://id.erudit.org/iderudit/65778ac

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