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Séquences : la revue de cinéma

Numéro 276, janvier-février 2012, p. 58

Direction : Yves Beauregard (directeur)

Rédaction : Élie Castiel (rédacteur en chef)

Éditeur : La revue Séquences Inc.

ISSN : 0037-2412 (imprimé)  1923-5100 (numérique)

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Compte rendu

La volonté de s’en sortirUne vie meilleure — France / Canada [Québec] 2011, 111 minutes

Catherine Schlager

Résumé | Extrait

Une vie meilleure La volonté de s’en sortir Alors que la morosité économique était sur toutes les lèvres cet automne et que les mouvements « Occupy Wall Street » et « Occupons Montréal » faisaient couler beaucoup d’encre, les écrans des cinémas québécois étaient à leur tour pris d’assaut par plusieurs films traitant des dérives du capitalisme. Catherine Schlager Il y a d’abord eu Le Vendeur de Sébastien Pilote. Puis Ma part du gâteau de Cédric Klapisch. Le dernier en lice, Une vie meilleure de Cédric Kahn présenté dans le cadre de Cinémania en novembre dernier, trace le sombre portrait d’un couple qui rêve de jours meilleurs. Yann et Nadia, un cuisinier et une serveuse qui viennent à peine de se rencontrer, souhaitent ouvrir leur propre restaurant. Ils dénichent un bâtiment abandonné sur le bord d’un lac, qu’ils rénovent à grands frais. Mais le resto ne pourra ouvrir ses portes. Nadia s’envole donc vers le Canada afin de faire plus d’argent pour rembourser leurs dettes. Et confie son fils Slimane à Yann, qui apprend bien malgré lui à devenir père et à survivre dans les squats. Il y a un peu de Ken Loach (It’s A Free World et Bread and Roses) ou même d’Abdellatif Kechiche (La Graine et le Mulet) dans ce dernier opus que signe Cédric Kahn (Roberto Succo, L’Envie). Le réalisateur a en effet privilégié un cinéma social qui parle d’endettement, de conditions de vie difficiles et de paternité. Son approche se veut même quasi documentaire lorsqu’il plante sa caméra dans les véritables squats de Saint-Denis où les figurants sont de vrais habitants des lieux. Filmant de très près ses personnages, caméra à l’épaule, le réalisateur propose un cinéma très naturaliste. Malgré les qualités de sa mise en scène et la justesse de son propos, Une vie meilleure comporte quelques invraisemblances dans le scénario. On ne croit pas vraiment qu’une mère aurait confié son enfant si rapidement à un amoureux qu’elle connaît à peine. Et il est aussi difficile de comprendre comment un couple se serait endetté de la sorte pour mener à bien un projet de restaurant qui semblait au départ voué à l’échec. Cédric Kahn, qui s’est librement inspiré du roman Pour une vie plus douce de Philippe Routier, a enrichi de belle façon la relation entre le père et l’enfant. Dans le roman, le père et le fils sont unis par les liens du sang tandis que dans le film, Yann doit composer avec un enfant « adoptif ». Le réalisateur se permet ainsi d’aborder la problématique de l’autorité parentale que peut exercer un père par procuration. Côté interprétation, c’est le bonheur. À mille lieues de ses personnages de beaux gosses un brin rebelle de Last Night ou Ensemble, c’est tout (où il incarnait également un cuisinier), Guillaume Canet offre une performance éblouissante dans le rôle de Yann, ce « beau-père » qui tente désespérément de s’en sortir. Avec son air exténué, ses cernes sous les yeux et son allure négligée, il réussit à faire oublier sa beauté et son statut d’acteur vedette. Incarner une figure paternelle n’allait pas de prime abord de soi pour un acteur qui jouit d’un statut comme celui de Guillaume Canet. Mais Cédric Kahn a réussi à rendre très crédible et très naturelle cette relation « père-fils ». On sent une complicité évidente entre les deux acteurs quand Yann apprend à Slimane à pêcher le maquereau ou lorsqu’ils assistent à un match de foot derrière les grilles, puisqu’ils ne peuvent se payer les billets. Et quand Slimane vole une paire de chaussures, Yann lui sert une sacrée leçon de vie lors d’une scène marquante : « Chez moi, y’a pas de voleurs.

Auteur : Catherine Schlager
Titre : La volonté de s’en sortir
Ouvrage recensé : Une vie meilleure — France / Canada [Québec] 2011, 111 minutes
Revue : Séquences : la revue de cinéma, Numéro 276, janvier-février 2012, p. 58
URI : http://id.erudit.org/iderudit/65787ac

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