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Annexe 1.1
Compte rendu des groupes témoins de Québec et de Montréal 6 et 11 septembre 2000



Revues participantes


Québec Montréal

Anthropologie et sociétés
Les Cahiers de droit
Cahiers de géographie du Québec
Ecosciences
Ethnologies
Études internationales
Études littéraires
Laval théologique et philosophique
Protée
Recherches sociographiques
Relations industrielles
L'Actualité économique
Annales des sciences mathématiques du Québec
Cahiers québécois de démographie
Circuit
Cinémas
Criminologie
Frontières
Géographie physique et quaternaire
Meta - Journal des traducteurs
Politique et sociétés
Recherche amérindienne au Québec
Regiliologiques
Revue de droit de McGill
Revue des sciences de l'éducation
Revue québécoise de linguistique
Voix et images




Mise en situation

Ce compte rendu cherche à faire ressortir les principales idées qui ont été mises de l'avant par les directeurs de revues lors des rencontres du 6 septembre, à Québec, et du 11 septembre à Montréal.


Le passage à l'électronique

Les revues sont conscientes que la tendance actuelle se dirige vers l'électronique. Plusieurs revues ont déjà une page Web avec les tables des matières de leurs numéros ainsi que des résumés des articles. Les directions des revues sont ouvertes à cette réalité et sont prêtes, pour la plupart, à faire le saut.

Plusieurs revues sont donc prêtes à aller de l'avant avec une version électronique de leurs revues et le projet du portail. L'électronique est une voie d'avenir et la transition est essentielle pour conserver et augmenter la visibilité des revues québécoises. Cependant, certaines conditions sont essentielles pour assurer cette transition vers l'électronique.

Certaines revues craignent que le passage ne soit pas si facile qu'il puisse le sembler. Il implique des changements dans les façons de faire à tous les niveaux et, à cet effet, une stratégie en plusieurs étapes serait salutaire. Le changement doit se faire progressivement en tenant compte de la réalité du milieu des revues qui en est un d'artisans et de bénévoles.


Maintien du papier

Les revues sont unanimes en ce qui concerne la nécessité du papier. Elles croient que le développement d'une version électronique ne doit pas se faire au détriment de la version papier. Selon les directions, la version électronique ne doit pas être opposée à la version papier.

Elles sont bien contentes et rassurées d'entendre parler de la version papier dans les hypothèses du portail. Le Fonds FCAR, dans son rapport, donnait l'impression que le papier n'était plus nécessaire et les revues sont loin d'être en accord. Elles croient, au contraire, que le papier a encore sa place, et ce, pour longtemps. Plusieurs raisons les amènent à penser de cette façon.

1) Les habitudes des lecteurs changent lentement. Encore aujourd'hui, ils sont intéressés à recevoir 3 à 4 fois par année un numéro papier qu'ils pourront feuilleter, annoter et conserver dans leur bibliothèque.

2) Plusieurs des abonnements proviennent de l'étranger où l'accessibilité à un ordinateur et à Internet est difficile. Pour les pays d'Afrique et de l'Europe de l'Est, notamment, la suppression de la version papier équivaut à la suppression pure et simple de la revue. C'est donc contraire au vœu d'une meilleure diffusion et visibilité des revuesquébécoises à l'étranger.

3) Une proportion non négligeable des abonnements individuels provient hors du milieu universitaire. Il s'agit de professionnels, qui travaillent sur le terrain et qui se tiennent au courant de ce qui se passe dans leurs domaines respectifs. Pour ces gens, la version papier est plus pratique, plus facilement consultable.


Le portail comme infrastructure commune

La majorité des revues croient que le portail est un projet intéressant dans la perspective d'une infrastructure commune. Le portail permet de regrouper les forces, d'offrir des services que les revues seraient incapables de s'offrir individuellement.

Selon les revues, la production d'une version électronique ne peut se faire artisanalement comme c'est le cas avec la version papier. Des compétences particulières, des ressources communes, des moyens techniques et financiers sont nécessaires. Le portail permet de donner forme à cette infrastructure commune.

Dans cette optique, les revues considèrent qu'il est essentiel de tenir compte de la complexité de leur situation. Les revues savantes québécoises ne constituent pas un tout cohérent, mais plutôt un ensemble de revues avec des situations et des besoins différents.

Cette infrastructure commune apporte des conséquences importantes au niveau des façons de travailler pour les revues. Cela amène des modifications dans les façons de faire et peut aussi appeler à une révision complète du mode de fonctionnement actuel des revues et du rôle des collaborateurs.

Pour les revues qui s'occupent directement de toutes les étapes de la production, il y a une peur de perte de contrôle de la production. Étant habituées à tout faire elles-mêmes, ces revues craignent que les normes communes de production et les nouvelles façons de faire les amènent à perdre le contrôle de la production de leur revue.

Ces directions de revue craignent également une perte de contrôle de la qualité de leur revue, puisque la production technique des revues sera assurée par le portail. Elles se demandent qui fera le suivi, qui s'assurera de la qualité ? Cette crainte s'explique du fait que les directions croient qu'elles ne seront plus aussi présentes à chaque étape de la production.

La différenciation faite entre le travail intellectuel assumé par les revues et le travail technique fait par le portail a été bien perçue. Elles ont aussi bien reçu la reconnaissance par le portail de l'autorité éditoriale des revues.

Néanmoins, certaines revues gardent quelques inquiétudes. Certaines appréhendent une centralisation de la production qui peut amener une standardisation. Tant au niveau des contenus que des présentations, les directions des revues désirent conserver leur contrôle. Elles considèrent comme primordial de rester indépendantes, originales, différentes des autres revues et de conserver leur équipe de production. Pour bien des revues qui ont mis sur pied une équipe de production au fil des années, il est essentiel de pouvoir conserver cette équipe.

Quant à la diffusion, l'idée d'une infrastructure commune et d'un portail présente des avantages évidents pour les revues.

Certaines directions de revue considèrent, néanmoins, qu'il ne faut pas se limiter à un portail " local ". Le portail doit être une porte d'entrée pour le Web et ne doit pas limiter la diffusion internationale, qui est importante. Des liens avec d'autres portails doivent être établis ; le référencement dans les grandes bases de données et les index est également important pour la diffusion et l'impact des revues québécoises.

Enfin, certaines revues s'interrogent sur la nature du portail. Sera-t-il un portail exclusivement pour les revues financées par le Fonds FCAR ou bien un portail pour toutes les revues québécoises ?


Le financement

La situation financière actuelle des revues savantes québécoises est précaire. Dans la plupart des cas, elles font des déficits année après année et, avec leurs équipes qui sont réduites, composées bien souvent de bénévoles et sous-financées, c'est leur capacité de maintenir une grande qualité de contenu et une reconnaissance dans le milieu scientifique québécois et étranger qui est compromise.

Dans cette perspective, la proposition d'un portail et l'aide du Fonds FCAR sont appréciées par les directions des revues. Elles considèrent qu'autrement elles n'auraient pas les possibilités de se positionner dans le Web avec tous les services nécessaires pour y parvenir.

Cependant, le financement demeure une question primordiale pour les revues. Il est essentiel que le portail ne soit pas financé à même l'enveloppe actuellement disponible pour les revues. Un financement indépendant pour le portail est capital afin d'assurer la survie des revues québécoises. En fait, le portail ne doit pas être financé au détriment des revues qui éprouvent déjà des difficultés sur le plan financier.

Certaines directions de revue perçoivent même le portail comme une voiture de luxe qu'elles doutent fort d'avoir les moyens de s'offrir. Le portail est une offre de services, mais ces revues s'interrogent sur leur capacité de s'offrir ces services.

D'autres croient aussi que le portail peut les amener à accroître leur déficit, en raison des dépenses supplémentaires qui seront occasionnées : nécessité d'une équipe compétente, besoins techniques, etc.

Les directions des revues perçoivent aussi un manque de réalisme économique de la part du Fonds FCAR. Il va devoir investir plus d'argent qu'il ne le fait actuellement pour rendre un projet tel que celui-là possible. Dans la situation actuelle, plusieurs revues s'interrogent puisque le Fonds FCAR a plutôt tenu un discours de restrictions budgétaires ces dernières années en réduisant notamment le nombre de revues financées au dernier concours.

Les directions des revues considèrent comme essentiel qu'il y ait une proposition de financement des institutions publiques qui soit durable et sérieuse. Le passage doit être garantit pour assurer l'avenir des revues. Selon elles, la continuité est importante.

En ce qui concerne le modèle économique, l'hypothèse de la gratuité fait peur à plusieurs revues, car celles-ci se retrouveraient complètement dépendantes des organismes subventionnaires, n'ayant plus de sources de revenus externes. Elles envisagent donc l'hypothèse de l'accès payant plus positivement.


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