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Chapitre 4
Un système de diffusion


La diffusion : un mandat essentiel

Le nombre de documents html qui alimentent la Toile croît à une vitesse vertigineuse. De même, le nombre d'internautes double presque chaque année. Le Web est assurément un média privilégié pour la communauté scientifique qui cherche à maximiser la communication des connaissances. Pourtant, la multitude d'informations disponibles, le manque de catalogage et les déficiences dans leur organisation constituent des entraves à l'accès au savoir. Si bien qu'une simple présence dans Internet des revues québécoises en sciences sociales, serait-ce par un portail unique, ne garantit pas nécessairement une visibilité et un rayonnement adéquats à l'information scientifique véhiculée par ces médias. En somme, être disponible sur le Web n'est pas synonyme d'être diffusé.

La diffusion comme phase de l'édition électronique est souvent sous-estimée. Il s'agit pourtant d'une composante essentielle, voire stratégique, du mandat d'un portail. D'où la nécessité d'élaborer des stratégies de diffusion et de mise en place adaptées à cet environnement virtuel et d'y allouer des ressources humaines et financières suffisantes. Cette section permet de distinguer les différents aspects impliqués dans le processus de diffusion d'un portail, d'en montrer les enjeux et les retombées possibles. On partira de l'accessibilité et de l'ergonomie du site, pour s'intéresser aux formats de diffusion et aux services offerts ; de là, on traitera des actions stratégiques de positionnement dans le Web afin de maximiser la visibilité et le rayonnement des documents mis en ligne.


Principes de base pour la création d'une interface web
pour diffusion des revues savantes
  (75)

Une démarche visant à optimiser la diffusion de l'information réunie dans un portail se compose de plusieurs éléments mais ne peut faire l'économie, au point de départ, d'une attention particulière pour la conception du site. L'accessibilité est l'une des caractéristiques permettant à un portail de devenir un outil de communication et un foyer de référence pour la recherche. Cette accessibilité découle aussi bien de l'environnement donnant accès à l'information que de l'aisance avec laquelle on peut mener la consultation de l'information.

L'accès à l'information est façonné par trois grands paramètres. Il prend forme à travers l'architecture du site, soit la structuration de l'arborescence des fichiers et l'organisation de l'information. Plusieurs configurations sont possibles. La nature du contenu et sa diversité, les fonctionnalités et les outils de navigation qui sont offerts, et les habiletés de navigation des utilisateurs sont autant de repères qui doivent inspirer cette architecture qui, en l'occurrence, devrait notamment varier les modes d'accès à l'information, permettre l'exploitation de la puissance du lien hypertexte, tout en tirant profit des fonctions offertes par le site. Précisément, cet accès est supporté par les infrastructures de repérage de l'information, d'où l'intérêt de diversifier les modes d'accès au contenu ; on pense à l'accès par catégories de répertoire, à l'accès par un module de recherche plein texte et par champs (titre, auteur, description, mots-clés, etc.), ainsi qu'à l'accès par une classification documentaire.

La consultation de l'information sera facilitée par le soin apporté à l'ergonomie de l'interface et par la puissance des outils d'aide à la navigation. L'ergonomie commence par des précautions toutes simples. Par exemple, le graphisme, qui confère au site son identité visuelle, a avantage à être sobre et mis au service de la valorisation du contenu informationnel. Un environnement stable et familier doit être offert à l'utilisateur, un environnement qui se caractérise par la simplicité, la rapidité et la clarté. De même, les outils d'aide à la navigation peuvent être puissants, mais encore faut-il fournir des outils facilitant leur utilisation et le positionnement sur le site. On peut souligner, à titre d'exemple, la présence d'un plan du site, d'indications de positionnement pour que l'utilisateur puisse se situer dans l'architecture du site, de fichiers d'aide à propos notamment des modes d'accès à l'information.

Les questions de l'accessibilité au contenu informationnel et des conditions de consultation doivent occuper une place privilégiée lors de la conception du site puisque ces aspects contribuent à une large diffusion. Il s'agit de conditions de départ, au sens où la richesse du contenu et sa mise en forme sont des éléments de pertinence tout à fait essentiels. Mais là encore le contenu ne se suffit pas à lui-même, il faut donc pouvoir s'assurer que le portail sera répertorié par les outils de recherche afin que sa visibilité soit maximale auprès des utilisateurs potentiels. Ce sont ces composantes que nous considérons dans les sections qui suivent.


Le système de diffusion

Services de base

Navigation

Le premier type de navigation est celui qui suit l'organisation logique des périodiques scientifiques, à savoir : les relations entre une revue, ses volumes, ses numéros et ses articles. Le lecteur doit pouvoir naviguer aisément dans une telle organisation et toujours comprendre ce qu'il peut trouver en poursuivant sa route. Pour y arriver, outre les liens à créer entre les différentes unités d'information, un important mécanisme de fiches descriptives doit être mis en place. Ces fiches descriptives permettront de prendre rapidement connaissance du contenu d'une unité d'information sans nécessairement avoir à la consulter au complet. Une fiche descriptive d'une revue pourrait être son nom, sa périodicité, ses objectifs, ses personnes responsables, etc. Pour un numéro, la table des matières remplit cette fonction, alors que pour un article, les informations comme le titre, les auteurs, le résumé se retrouvent naturellement dans une telle fiche. Le défi du système de navigation consiste à modéliser correctement les différentes fiches descriptives et à les produire automatiquement depuis les unités d'information fondamentales, à savoir les articles des revues. Bien entendu, certaines informations ne pourront être extraites des articles et devront être produites à part, mais il faut minimiser ces interventions.

Une autre forme de navigation devra être offerte, navigation que l'on pourrait qualifier de thématique. Il s'agit d'exploiter les métadonnées associées aux articles pour offrir une navigation non plus basée sur l'organisation par revues ou numéros, mais sur des concepts comme des sujets ou des auteurs ou des relations thématiques. Une analyse des métadonnées sera nécessaire afin d'identifier celles qui pourront donner lieu à un système de navigation.

Consultation

La consultation d'un article consiste à récupérer une version du document et à lire ce dernier, l'imprimer, l'annoter, etc. La consultation devrait débuter par la fiche descriptive d'un article. En effet, puisque la diffusion d'un article pourra se faire selon plusieurs formats et représentations, et qu'aucun de ces formats n'est, a priori, prioritaire, la fiche descriptive devient le point d'entrée de l'article (76). Cette fiche descriptive devra contenir un lien vers toutes les versions disponibles de l'article et, une fois ce lien activé, le lecteur pourra consulter l'article à sa guise.

Recherche

La recherche d'information est essentielle dans un portail, qu'il soit constitué de revues savantes ou d'autres sources d'information. La navigation n'est en général pas suffisante, en particulier lorsque la collection de documents est assez volumineuse. L'outil de recherche offert devra permettre de distinguer l'information primaire, c'est-à-dire les articles scientifiques, l'information secondaire, par exemple la description d'un numéro ou d'une revue, et l'information de navigation. Cette dernière catégorie devrait normalement être ignorée en recherche.

Un bon outil de recherche devrait permettre, d'un côté, de composer des requêtes de recherche variées et puissantes et, d'un autre côté, de présenter les résultats de façon claire et utile pour les utilisateurs.

Pour répondre au premier objectif, les documents indexés devront être les versions XML de référence des articles. L'outil de recherche devra pouvoir tenir compte non seulement du texte des articles, mais aussi de leurs métadonnées ainsi que de la structure des documents. Les métadonnées et la structure devront permettre de restreindre les critères de recherche, par exemple de chercher des mots seulement dans les sujets ou les auteurs ou les titres de sections, mais aussi d'influencer le tri par ordre de pertinence des résultats.

Quant au deuxième objectif, relatif à la présentation des résultats, la situation peut être plus complexe. Dans un premier temps, la possibilité d'effectuer différents tris, y compris par ordre de pertinence, ne semble pas poser de problèmes fondamentaux. Toutefois, une fonction intéressante des outils de recherche consiste à mettre en évidence les mots cherchés dans les documents trouvés. Puisque la recherche s'effectue dans des documents XML, en utilisant notamment la structure, mais que la consultation pourra être effectuée dans des documents HTML ou PDF, il n'est pas facile d'établir une correspondance entre la requête exprimée et le contenu des articles dans ces formats. Des recherches et du développement sont encore à faire de ce côté, c'est pourquoi il est préférable de suivre ces développements et d'intégrer de telles fonctions à plus long terme.

Gestion des utilisateurs et droits d'accès

La diffusion libre et gratuite des articles de revue dans Internet ne nécessite pas a priori une gestion des utilisateurs et des droits d'accès. Toutefois, dès que des restrictions sont imposées sur l'accès aux documents, mais aussi dès que des services personnalisés sont offerts aux utilisateurs, cette gestion devient nécessaire.

La conception d'un bon système de gestion des utilisateurs et des droits d'accès pour un portail de revues savantes n'est pas chose aisée, et il n'est pas possible de le faire dans le contexte de ce document. Contentons-nous de souligner les aspects les plus importants. Par ailleurs, seuls les aspects touchant aux restrictions d'accès à l'information non gratuite sont nécessaires à court terme, les autres aspects pourront être implantés lors de phases ultérieures.

Le premier problème à résoudre concerne la définition de ce qu'est un utilisateur. Pour un portail de revues savantes, cette définition peut être problématique ou à tout le moins diversifiée. Une personne qui a accès à un portail, parce qu'il fait partie d'une institution qui possède les droits d'accès, jouit des privilèges de l'institution mais, en même temps, possède son propre environnement personnel. Si on ajoute qu'il peut faire partie de plusieurs institutions, qui ont toutes des droits d'accès différents, la situation se complique. Une telle description nous amène à proposer une solution complexe mais souple, faisant appel à la notion d'utilisateurs et de groupes, sachant que les utilisateurs peuvent faire partie de groupes et que des groupes peuvent inclure d'autres groupes. Par défaut, les utilisateurs héritent des permissions et restrictions des groupes dont ils font partie.

Toutefois, il est nécessaire d'identifier les différents objets ou services dans le portail qui peuvent faire l'objet de restrictions. Cette identification peut aussi être complexe, car on doit distinguer au moins les différentes revues et probablement les volumes ou numéros, si on suit le modèle des publications imprimées. On peut ajouter un grand nombre de contraintes comme, par exemple, celle de donner accès à un ou quelques articles seulement. On pourrait même aller plus loin, en permettant de voir certaines parties des articles. Pour éviter une trop grande complexité du système, il serait préférable de donner un libre accès à la fiche descriptive et de réserver l'accès à l'article aux personnes autorisées.

L'accès aux différents services peut aussi être contrôlé. Un service de recherche d'information se doit d'être disponible pour tous, mais il n'en va pas nécessairement de même pour la diffusion sélective d'information ou l'annotation des articles.

La mise en place d'un système de gestion des utilisateurs passe donc par la rédaction d'une politique d'accès à l'information, par l'identification des unités d'information et des services, qui peuvent faire l'objet de restrictions, et par la définition de ce qu'est un utilisateur. Une fois ces éléments définis, il faut mettre en place un système qui permette de jongler avec tous ces concepts, toutes ces définitions, et ainsi permettre toutes les combinaisons possibles. La plupart des systèmes de gestion documentaire offrent une gestion des utilisateurs par groupes et personnes, de même qu'une gestion des droits d'accès par document ou par dossier. En manipulant intelligemment ces outils, on peut arriver à offrir une gestion qui remplit une bonne partie des besoins exprimés.


Services complémentaires

À ces services centraux, il est permis d'en ajouter d'autres qui viendront valoriser le portail pour ce qui est de ses attributs relevant de la consultation et de l'exploitation de la documentation offerte. Ces services, aussi intéressants soient-ils, se greffent au noyau de base, si bien qu'il n'est pas impératif (même si ce serait souhaitable) qu'ils soient mis en place dès la première phase d'implantation du portail.

Diffusion sélective de l'information

La diffusion sélective de l'information, c'est-à-dire l'envoi d'information directement aux personnes concernées, est importante dans un tel portail à cause du caractère périodique de la parution des revues. Puisque les numéros d'une revue particulière sont publiés selon une certaine périodicité, il est tout à fait naturel d'en avertir les personnes intéressées. La principale difficulté du système de diffusion sélective de l'information consiste à faire en sorte de minimiser les besoins en gestion. Ce système pourrait être autogéré par les utilisateurs, de leur identification à leurs préférences, en plus de leurs besoins en information.

Comme pour la navigation, la dissémination devrait être possible selon deux orientations, la première, basée sur la publication des articles, la deuxième, thématique. Dans le premier cas, les utilisateurs devraient pouvoir être avertis de la publication d'un article, et donc habituellement d'un numéro d'une revue, s'ils se sont déclarés intéressés par cette revue. Le deuxième cas permet aux utilisateurs de s'abonner à certains sujets ou certains auteurs, et d'être avertis lorsqu'un article est publié.

Aide à la lecture

L'aide à la lecture désigne toutes les petites fonctionnalités qu'il est possible d'ajouter afin de faciliter l'acquisition des connaissances par les lecteurs. L'implantation de ces fonctionnalités peut être progressive, en ce sens que rien n'oblige de le faire dès le début du projet. Toutefois, pour certains utilisateurs, il s'agira de raisons suffisantes pour apprécier le système mis en place.

Différents logiciels de navigation de contenu documentaire peuvent nous inspirer concernant les fonctionnalités d'aide à la navigation, en particulier les logiciels qui ont été conçus pour la consultation de cédéroms documentaires. Les navigateurs Web standard offrent des fonctionnalités intéressantes que l'on peut brièvement rappeler.

  • Un système d'annotation est intéressant car les lecteurs ont souvent l'habitude de prendre des notes lors de la consultation d'articles scientifiques. Si les annotations peuvent être partagées entre différents utilisateurs, le système devient encore plus intéressant.
  • Les signets permettent de revenir rapidement à certains éléments d'information. Les navigateurs Web permettent de mettre des signets sur des pages, mais pas sur des parties quelconques de pages Web. Pour des articles importants, la possibilité de marquer un endroit précis à l'intérieur du document peut s'avérer indispensable.
  • Les liens créés par l'utilisateur peuvent aussi être un outil intéressant d'acquisition de connaissance dans un corpus documentaire, en particulier lorsque ces liens peuvent être partagés ou " publiés " afin de les faire connaître à d'autres personnes.

Ces trois systèmes peuvent tous être implantés à l'aide d'outils respectant la norme (en construction) XLink, qui permet de créer des relations entre des documents ou des parties de documents sans nécessairement toucher au contenu de ces documents. Afin de permettre le partage des annotations, signets et liens, ces outils devront être implantés " côté serveur ".

Une autre fonctionnalité intéressante est la manipulation des images et des autres contenus multimédias. Ainsi, il peut être très utile de pouvoir agrandir une image pour mieux apprécier les détails, de pouvoir démarrer et arrêter une séquence vidéo à sa guise, etc. Pour y arriver, des logiciels " côté client " doivent être fournis, car les navigateurs Web actuels ne vont pas assez loin dans ce sens.

Personnalisation

La personnalisation d'un service Web consiste à offrir à l'utilisateur une expérience de navigation et de consultation qui soit adaptée à ses besoins, et donc potentiellement différente de celle d'un autre utilisateur. Les premiers services à offrir une telle personnalisation furent les portails comme My Yahoo!, où l'on peut définir sa propre page d'accueil.

La personnalisation la plus intéressante pour le portail des revues savantes serait de recueillir les préférences des utilisateurs en matière de thématiques, d'auteurs, de revues, etc. et d'offrir à ces utilisateurs, en première ligne, des articles qui respectent ces préférences.

Une telle personnalisation n'est pas essentielle, mais il pourrait s'agir d'une valeur ajoutée, justifiant ainsi son implantation éventuelle.



Une offensive de diffusion sur la toile

Le référencement et le positionnement d'un site portail dans les différents outils de recherche Internet (index et répertoires) s'avèrent d'une importance cruciale pour attirer une audience et maximiser le transfert du savoir (77). Une esquisse des principes pour rendre opérationnels ces deux aspects peut être brossée. Mais la diffusion du contenu de revues savantes nécessite également une visibilité dans les principales bases de données disponibles au chercheur d'information dans le domaine des sciences sociales. D'où l'intérêt d'identifier ces bases de données potentielles et leurs revendeurs, d'examiner la représentation des revues québécoises dans celles-ci, d'analyser les possibilités offertes par ces bases et d'établir les principes d'une stratégie pour accroître leur dépouillement au sein de ces outils. Finalement, pour attirer de nouveaux publics, fidéliser les utilisateurs actuels et adapter les services offerts par le portail aux nouvelles tendances, une campagne de webmarketing peut être envisagée.


Le référencement et le positionnement stratégique

Les internautes utilisent massivement (85 %) les outils de recherche pour trouver de l'information dans le Web et, dans une proportion encore plus grande, ils ne prennent pas connaissance de plus de deux ou trois pages des résultats de leur requête de recherche (78). On constate ainsi toute l'importance, pour un portail de revues savantes en sciences humaines et sociales, à la fois d'apparaître dans les bases de données des principaux outils de recherche du Web - c'est ce que l'on appelle le référencement - et de sortir dans une position privilégiée dans les résultats des requêtes acheminées par les utilisateurs à ces moteurs - ce qui renvoie à la notion de positionnement stratégique. L'un et l'autre, référencement et positionnement, sont étroitement liés et font partie intégrante des objectifs de diffusion d'un portail.

Référencement : moteurs de recherche et répertoires

Le référencement, à savoir l'inscription d'un site Web dans les outils de recherche et dans les répertoires afin que le site soit intégré dans les bases de données, est un processus circulaire et évolutif : l'inscription n'est jamais définitive et doit être adaptée aux nouveaux besoins de visibilité. Il faut y consacrer des ressources, mais surtout considérer cet aspect au moment même de la conception du site Web. Une action fructueuse demande une connaissance à la fois des outils de recherche, des modalités d'indexation et des politiques éditoriales des répertoires. Ici on doit distinguer les outils de recherche des répertoires ou annuaires.

Pour les premiers, immenses bases de données, ce sont des robots qui de façon automatisée indexent un site ayant ou non soumis une demande pour être intégré à la base. La connaissance des modalités d'indexation peut permettre d'optimiser les pages Web pour les divers outils (pensons à : AltaVista, Google, Nothern Light, America Online Search, FAST Search, Netscape Search, etc.).

Pour les seconds, qui classifient les ressources Internet à la suite de l'évaluation " d'éditeurs " humains et en référence à une politique de classement, la démarche est différente. Les " éditeurs " humains décident, en fonction de critères tels que la qualité du contenu, l'organisation de l'information, l'accessibilité au contenu, la fréquence de mise à jour, la pérennité de l'information, etc., d'intégrer ou non le site au répertoire (à titre d'exemple, citons : Yahoo!, La toile du Québec, Lycos, Looksmart, Francité, Nomade, Open Directory).

À tout prendre, il est impossible d'être partout, aussi est-il préférable de canaliser les ressources et l'attention pour le référencement aux outils de recherche majeurs, qui sont les plus susceptibles d'attirer beaucoup d'utilisateurs. Cela, évidemment, sans négliger l'intérêt d'apparaître dans des outils de recherche spécialisés, susceptibles de s'adresser à des populations plus ciblées mais qui correspondent à la mission du portail. À ce stade, seulement une fraction du chemin est parcourue, car il ne suffit pas d'apparaître ou d'être répertorié dans les principaux lieux de consultation et d'interrogation pour la recherche documentaire dans le Web : une bonne visibilité dépend de la capacité à être dans les premiers résultats de recherche pour certains mots-clés ou certaines requêtes susceptibles d'être formulés par les utilisateurs potentiels du portail, ce qui conduit à parler du positionnement stratégique.

Le positionnement stratégique : développer un modèle d'optimisation

Par cette notion de positionnement, on fait référence à un ensemble de méthodes employées au cours de l'élaboration, de la publication et de l'entretien du site du portail pour assurer une visibilité optimale dans les outils de recherche et les répertoires. Le positionnement sera qualifié d'optimal si le site du portail apparaît dans les 20 ou 30 premiers résultats à la suite d'une requête dans un outil de recherche. Pour les répertoires, l'objectif, c'est d'être intégré dans la base de données. Pour ce faire, il convient de recenser, pour s'y adapter, les critères utilisés par les outils de recherche des répertoires.

L'étude des mots-clés et des catégories par lesquels le portail devrait être référencé, ainsi que des rubriques sous lesquelles le site devrait apparaître dans les répertoires ou annuaires, est capitale non seulement pour assurer le meilleur positionnement, mais pour avoir une bonne correspondance avec le vocabulaire que l'utilisateur potentiel est susceptible d'utiliser dans sa recherche. Aussi banale que puisse sembler cette démarche, elle devient très rapidement de nature technique.

Une surveillance régulière est de mise pour s'assurer du positionnement du site dans les outils de recherche, car les algorithmes de calcul de pertinence des outils changent, ce qui demande des adaptations en conséquence. Concurremment, de nouveaux sites apparaissent et désirent occuper les mêmes créneaux. Il est en ce sens parfois nécessaire d'ajuster la démarche en référence/positionnement, quitte à changer de stratégie. Les retombées du référencement peuvent parfois tarder à se manifester, mais, sur une trajectoire moyenne, les résultats sur le trafic sont généralement significatifs.

La préoccupation de bon aloi pour le traitement accordé au portail par les outils de recherche et les répertoires constitue une dimension qui reste partielle dans une démarche intégrée de rayonnement sur et par le Web, car la place et le rôle des bases de données ne doivent pas être négligés.


La visibilité dans les bases de données

En plus de la visibilité atteinte par les outils de recherche et les répertoires, il faut se préoccuper de l'accessibilité et du repérage du contenu informationnel du portail dans les bases de données importantes qui dépouillent le contenu des périodiques dans le domaine des sciences humaines et sociales. Ce n'est pas en soi une nouveauté, car les directions de revue prennent déjà plusieurs initiatives pour s'assurer que l'indexation de leurs publications imprimées soit faite par plusieurs bases de données, en se concentrant surtout sur les plus prestigieuses ou les mieux placées selon le domaine de spécialisation.

Ces initiatives sont parfois vaines, car des contraintes peuvent faire obstacle. Il est clair que ces bases de données se veulent sélectives au sens où elles retiennent les revues qui présentent des assurances de qualité et de rayonnement dans leur domaine de spécialisation. On ne peut ignorer que la langue joue un rôle. Mentionnons que très peu de bases de données indexent massivement des documents en français - très peu de bases proviennent d'ailleurs du marché francophone - et que les bases de données de langue anglaise sont assez sélectives, notamment sous l'angle de la langue de communication. L'objectif consiste à accroître la visibilité des revues savantes québécoises en sciences humaines et sociales, tant dans les bases de données (les index) francophones qu'anglophones. Dans le but d'améliorer l'accueil dans ces dernières, il faudrait s'assurer que des résumés " consistants " en anglais soient produits pour les articles de chaque revue diffusée par le portail. D'ailleurs, ces résumés, plus formalisés que ceux généralement proposés, auraient un triple avantage supplémentaire.

Pour, d'abord, améliorer les conditions de sélection dans les grandes bases de données, faciliter, ensuite, la consultation sur le portail et la prise en compte d'articles par des utilisateurs non francophones et, enfin, enrichir les métadonnées (qui puisent dans les résumés), l'adoption de résumés formalisés et plus explicites devrait s'imposer. Ces résumés (79) pourraient comprendre certaines rubriques, telles que 1° contextualisation, 2° objectif, 3° méthodologie, 4° résultats, et 5° conclusion. Ce genre de protocole, par lequel l'auteur de l'article communique ses motivations, son but, sa démarche, ce qu'il trouve et, finalement, en quoi cela fait avancer la recherche, s'est avéré approprié en sciences naturelles et en sciences médicales, mais aussi en sciences humaines et sociales. Il s'agit d'un outil de communication scientifique dont l'utilité serait certaine, non seulement, mais notamment, pour l'indexation dans les bases de données.

Cela souligne que la collaboration entre les directions de revue et le portail s'impose afin d'amplifier les actions à entreprendre sur ce terrain. Ce travail ne peut se faire en parallèle et dans l'ignorance mutuelle des actions, si l'on veut améliorer significativement la présence des revues du Québec dans ces grands instruments de recherche que sont les bases de données, instruments qui gagnent en importance et en impact avec l'utilisation courante de la communication électronique dans la recherche. Il serait judicieux, par ailleurs, d'offrir aux bases de données la possibilité d'accéder au plein texte à partir de leurs propres sites, ce qui s'inscrirait dans la tendance qui s'affirme de plus en plus. Cela pourrait être à l'avantage des bases de données, tout autant que des revues.


Les outils de promotion pour accroître la visibilité du site-portail

Une offensive de diffusion sur la Toile doit aussi passer par une préoccupation touchant la promotion du site-portail lui-même. C'est l'intérêt de son contenu et sa capacité d'attraction en tant que lieu de diffusion d'information scientifique qui doivent plaider pour le portail. Si bien que l'accroissement de la visibilité, l'augmentation du nombre d'utilisateurs et l'impact du portail dans et sur la communauté scientifique internationale sont fonction de la capacité de faire du portail un lieu dynamique intellectuellement, qui nourrit, accueille et provoque des activités en mesure d'interpeller le milieu des chercheurs nationaux et internationaux. La meilleure promotion pour le portail, ce n'est pas de " vendre " un produit par des arguments plus ou moins superficiels, c'est plutôt d'informer que ce portail, partant d'une collection de revues riche, diversifiée et de très bonne qualité intellectuelle et technique, constitue un foyer intellectuel dynamique qui fait place à des activités et offre des services de premier niveau.

La communication et l'interaction du portail avec les chercheurs et les étudiants constituent un élément de première importance. Pensons aux actions suivantes :

  • Mettre en place des infrastructures pour recueillir les commentaires des utilisateurs, ce qui permet de recevoir du feed-back sur les services offerts afin de les améliorer, donc d'être proactif.

  • Activer une liste de discussion ou un forum favorisant l'échange d'idées scientifiques.

  • Organiser des événements sur le site : débats, conférences virtuelles, diffusion en primeur de certains contenus, entrevues en direct, etc.

  • Publier une lettre d'information à périodicité fixe par courriel pour informer les utilisateurs des nouveautés du site et de ses services.

  • Alimenter régulièrement une section "actualité" à l'intérieur du site pour tenir au courant les utilisateurs des plus récents développements dans le domaine et des activités animant la communauté scientifique.

  • Fournir l'accès libre au maximum d'information pour donner un aperçu de la collection de revues et d'articles, et accroître la portion du corpus qui est gratuitement mise à la disposition des chercheurs en réduisant les délais pour le basculement des articles courants dans le fonds rétrospectif.

La pertinence, la qualité et l'intérêt des services parlent d'eux-mêmes. Leur conception et leur mise en application doivent prendre en compte ces dimensions. Parmi ceux-ci, relevons :

  • Un service de diffusion sélective de l'information.

  • La personnalisation de l'interface avec le portail et un service d'aide à la lecture.

  • La mise à disposition d'une liste de liens pertinents vers des sites d'intérêts connexes et le développement d'une bibliothèque virtuelle à même le site.

Le portail se doit d'être un acteur de premier plan dans la communication scientifique et s'inscrire dans une logique de réseau à l'échelle internationale. Les partenariats occupent, en ce sens, une position stratégique dans le développement du portail. Certaines pratiques simples y concourent :

  • Établir un réseau de portails de revues savantes : intégrer des notices provenant de chaque membre du réseau dans les résultats de recherche de chacun de ceux-ci afin de générer du trafic sur l'ensemble de ces sites, partage de services, spécialisation dans certains domaines/aspects de la publication de revues savantes.

  • Procéder à des échanges de liens réciproques avec des sites poursuivant les mêmes missions.

  • Mettre en place un programme d'échange de bannières publicitaires (forme de publicité complètement gratuite et ciblée).

  • Parrainer des sites de moindre envergure traitant des mêmes sujets afin de les aider à obtenir de la visibilité tout en favorisant l'échange de services.

Le recours à la publicité aurait d'abord pour objectif de faire connaître les services du portail, ce qui s'imposerait dans les premières phases du programme de réalisation. Il s'agit, pour l'essentiel, d'une démarche d'information. Pensons à :

  • Des envois massifs aux groupes de discussions et aux listes de distribution pour " publiciser " le site-portail.

  • Des envois massifs par courriel à des usagers potentiellement intéressés par les services offerts par le portail (prospection).

  • Un communiqué de presse annonçant le site aux journalistes susceptibles de relayer l'information dans leurs publications respectives (médias traditionnels et nouveaux médias).

  • Une conférence virtuelle avec des journalistes du domaine et des acteurs importants du milieu pour faire connaître les services offerts par le portail.

Le portail a pour mission de servir de catalyseur à l'activité scientifique en sciences humaines et sociales dans le Web. Une campagne de promotion dans le Web, ainsi qu'un référencement et un positionnement adéquats devraient donner une excellente visibilité au site-portail. La promotion devrait miser sur le dynamisme et la créativité du portail. Il n'en reste pas moins que le facteur promotionnel le plus crucial pour un portail de revues savantes, c'est sa richesse documentaire, ses services, la qualité et le renouvellement de son information.



Diffusion : enjeux économiques

La mise en place d'un portail de publication et de diffusion des revues savantes exige des modalités de financement. À ce jour, l'édition des revues est rendue possible grâce à la réunion de divers facteurs.

L'origine des revenus dans la situation actuelle

On pourrait surtout évoquer les ressources publiques qui soutiennent la recherche et celles qui contribuent à la conservation et à la diffusion de ces documents avec les bibliothèques, elles aussi financées publiquement. Pour cerner de plus près les enjeux concernant le modèle économique pouvant supporter de façon durable un portail de revues, il est préférable de se concentrer sur le montage financier qui est actuellement mis en place pour la production et la diffusion des revues elles-mêmes dans l'environnement actuel qui est centré sur la version imprimée. Ce montage est composé, pour l'essentiel, de deux sources principales. D'abord, par ordre d'importance, il y a les subventions publiques qui, au total, comptent pour près de 47 % des revenus (80); il est important de noter que deux organismes sont mis à contribution à l'occasion de concours et toutes les revues ne sont pas en position de cumuler les deux subventions (au total, on a 33 revues subventionnées par le Fonds FCAR et environ 55 par le CRSH). Ensuite, la deuxième composante majeure (près de 41 %), ce sont les revenus provenant de la vente des revues ; en cette matière, les ventes au numéro sont assez marginales, les abonnements étant responsables de 95 % des revenus de vente. Les autres revenus sont assez disparates et finalement peu nombreux : ce sera la publicité, une contribution de l'université, une autre subvention. Retenons que la moitié des revenus résiduaires n'est pas spécifiée.

C'est avec ces données, auxquelles il faut ajouter, évidemment, la structure globale des dépenses, que se pose la question de la gratuité. Cette question se pose dans son principe et dans son application. Pour ce qui est du principe, on peut évoquer deux dimensions : l'accessibilité des résultats de recherche et la gratuité d'un service rendu auprès d'utilisateurs.

La gratuité

Il est hors de doute que la diffusion gratuite d'information, et de documents universitaires en particulier, favorise l'accessibilité, si bien que les statistiques de consultation seront nettement supérieures à celles se référant à un accès filtré payant. C'est la gratuité du service pour l'utilisateur qui est certainement déterminante ; en ce sens, l'accès " gratuit " pour l'utilisateur, qui découle d'un abonnement institutionnel, peut avoir un résultat comparable, car la barrière à l'entrée pour le chercheur ou le lecteur, qui utilise le service en ligne, est levée en raison d'un abonnement de l'institution auquel il est rattaché - les services de proxy ont beaucoup élargi cet accès apparemment libre pour l'utilisateur en première ligne. Il reste que, dans ce cas, l'accès est lié au paiement d'un abonnement institutionnel. Si on revient à l'idée de la gratuité, on peut sans doute affirmer que c'est une pratique désirable, voire souhaitable. Abstraction faite du délicat montage financier qui permet aux revues d'exister comme institutions de communication scientifique, la gratuité serait d'emblée une hypothèse à retenir. Mais la gratuité ne coûte pas rien (price free is not cost free) ! Qui doit assumer la production et la mise en ligne d'un service gratuit ? C'est la question qui se pose et à laquelle trois hypothèses de réponse ont été proposées. On y revient tout de suite.

L'autre dimension liée à la gratuité repose sur les considérations " éthiques " que l'on associe à la commercialisation en tant que telle. On peut prétendre que la commercialisation et ses résultats donnent un indice à la fois de la valeur que les lecteurs attachent à la revue et de sa diffusion réelle, ainsi qu'elle permet de sanctionner l'adéquation entre la politique éditoriale de la revue et les attentes des lecteurs. Toutes ces considérations peuvent avoir une certaine vraisemblance et justifier l'engagement dans le circuit marchand, mais fondamentalement les pratiques marchandes des revues sont beaucoup plus liées à la nécessité de tirer des revenus permettant de supporter les coûts engagés dans la production des revues - ce raisonnement est correct, dans ses grandes lignes, pour les éditeurs sans but lucratif et non, évidemment, pour les grands groupes commerciaux oligopolistiques. Pour l'essentiel, ce n'est pas pour des considérations " éthiques " que les revues sont inscrites dans des pratiques marchandes : il s'agit davantage d'une condition nécessaire pour assurer leur existence. Si tant est que cette existence n'est pas mise en péril, la gratuité constitue une option particulièrement intéressante.

Dans les conditions actuelles, 41 % des revenus proviennent des ventes du support papier. Le support papier en tant que tel correspond à environ 25 % des dépenses d'une revue. Les grandes données de l'équation permettent de constater que la gratuité mettrait à mal la situation financière des revues, même dans l'hypothèse d'une diminution substantielle des dépenses liées à la suppression du support papier. Or, cette hypothèse de la suppression du papier est difficilement envisageable, du moins dans un proche avenir. Cela exacerbe le problème. Partons de là pour en discuter.

Si nous considérons (comme cela est affirmé dans le rapport du comité du Fonds FCAR) que le support papier devrait trouver son mode de financement, on peut envisager qu'un système d'abonnement pour la version papier pourrait exister parallèlement à une diffusion gratuite de la revue en ligne. On aurait deux systèmes de diffusion : l'un semblable à celui que l'on connaît pour le papier, l'autre pratiquant l'accès libre au texte des revues en ligne. L'abonnement se devrait de couvrir au moins les coûts du papier, alors qu'actuellement il couvre ce coût plus environ 15 % du budget consacré à d'autres frais. Restons-en là, et creusons le mode de financement pour le reste.

La chaîne de production qui est retenue permet de procéder à la production technique de la revue en langage structuré pour la production et la conservation et, de là, de diffuser en divers formats pour une consultation Web et pour l'impression à distance (81). Dans le sillage de la production technique, nous avons la production de métadonnées, l'archivage électronique, l'application de normes de référencement permanent, les services d'accès et de consultation, une stratégie de diffusion sur le Web, un service de diffusion sélective de l'information et des éléments d'infrastructure intellectuelle et matérielle (tels la veille technologique et l'hébergement et la sécurité du serveur). Ce rappel partiel permet simplement de souligner la qualité et l'étendue des services du portail. Maintenant, à la question des modalités permettant d'assurer la gratuité du service pour l'utilisateur, trois hypothèses peuvent être évoquées.

La gratuité par la réduction radicale des dépenses

Dans les textes qui portent sur cette question, on trouve une affirmation allant dans le sens suivant : les coûts pour produire une revue sont beaucoup trop lourds ; il faut, à la faveur de l'introduction de l'électronique, revoir à la baisse ces coûts. La réduction de la structure de coûts peut viser les coûts liés à la production matérielle de la revue (ou production technique) et les coûts qui découlent de l'existence organisationnelle de la revue.

Pour ce qui est des coûts de la production technique, l'introduction de l'électronique est loin de faire jaillir un trésor caché. Certes, si on élimine le papier, on vient de dégager un espace budgétaire qui reste assez loin de certaines estimations, car, il faut être clair sur une chose : l'économie dégagée pour l'impression et l'expédition lorsqu'on supprime le papier, c'est 100 %, mais ces postes budgétaires ne représentent environ que 25 % du budget d'une revue. Par ailleurs, il n'est pas du tout certain que l'hypothèse radicale de la suppression de la version imprimée soit souhaitable pour l'immédiat. Abstraction faite de cette considération, la publication électronique ne peut être porteuse d'économies majeures que si, avec l'électronique, on supprime le travail d'édition et de normalisation. Si on laisse à l'auteur le soin de faire sa propre mise en page et d'utiliser le format qui lui convient ou un format propriétaire, on ramène la publication des revues à la pratique de plusieurs serveurs de prépublications et on met en touche le langage structuré, les formats multiples, la production des métadonnées, la conservation, le référencement permanent, etc. On fait, de plus, très peu de cas des différents services qui découlent d'une diffusion conséquente et efficace. En d'autres termes, il n'y a pas de mystères : ou, au nom d'économies dont l'ampleur reste à démontrer, on adopte une vision minimaliste de mise en ligne d'articles et, de ce fait, on tourne le dos aux standards internationaux pratiqués par les grands portails de référence pour les revues (et donc du mandat confié par le Fonds FCAR) ou, au contraire, on peut chercher à produire techniquement dans les meilleures conditions, avec rigueur et professionnalisme, des revues en respectant et en s'inscrivant dans les standards et les normes qui permettent au portail de remplir sa triple mission de production, de diffusion et de conservation, et il devient alors vain de faire miroiter l'existence d'un trésor caché. Les mêmes fonctions n'exigent pas nécessairement les mêmes ressources que pour les conditions actuelles liées à l'imprimé, mais toutes les expériences tendent à montrer que, pour des services professionnels de qualité et similaires à ceux pratiqués dans l'ancien environnement, aucune économie substantielle ne permet de supporter la gratuité de la diffusion de la revue.

Du côté de l'organisation de la revue, la capacité de réduire la structure de coûts est, pour employer un euphémisme, fiable. Les frais reliés au travail de l'équipe éditoriale et à l'existence organisationnelle de la revue sont difficilement compressibles dans la mesure où, d'une part, ils sont comprimés à leur strict minimum et, d'autre part, les revues fonctionnant déjà avec un travail gratuit, soit par prêt de services soit par bénévolat, les frais actuels ne comptabilisent qu'une partie des ressources nécessaires à leur existence. Les hypothèses de réingénérie des processus éditoriaux, d'arbitrage, de correction, de préparation de la copie, etc. sont particulièrement stimulantes et devront, dans un avenir qui n'est pas éloigné, être introduites. Si la remise en cause des procédures d'arbitrage par les pairs et des propositions alternatives sont appelées à jouer le rôle de mécanismes de réduction des coûts administratifs, il faut commencer probablement par discuter cette question au mérite et voir si elle est reçue favorablement. Dans l'ensemble, on peut informatiser et numériser l'ensemble des processus allant de la soumission d'un manuscrit jusqu'à la parution de la revue. Cette opération, prise globalement, sera étalée dans le temps, elle demande un investissement initial non négligeable et sera la source d'économies durables dont l'estimation est pour le moins approximative et incertaine. Pour l'avenir prévisible, à moins de mettre en péril l'existence matérielle et organisationnelle des revues ou de demander aux institutions de rattachement, quelles qu'elles soient, d'augmenter significativement leur contribution en service et en espèces, la gratuité ne peut reposer sur la réduction des frais liés aux structures éditoriales.

La gratuité permise par le paiement par les auteurs de frais de publication

Une autre option serait d'assurer l'accès gratuit aux revues en ligne par un financement qui viendrait de la perception, auprès des auteurs, d'une contribution monétaire. Comme si les auteurs devaient payer un droit pour être publié. Ici ce n'est pas la revue, ni l'utilisateur de la revue qui assure la gratuité, mais celui qui est diffusé, soit l'auteur.

Cette pratique, qui existe déjà dans l'environnement de l'édition papier, est davantage présente dans certaines disciplines, plutôt associées aux sciences naturelles et aux techniques (82) ; à l'occasion, on y a recours dans les sciences sociales, mais la contribution reste modeste et, bien des fois, est associée à un coût particulier dans le traitement de l'article - par exemple, lorsque l'iconographie est riche.

Il n'est pas utile de reprendre certaines questions sur la gratuité traitées précédemment, contentons-nous plutôt d'examiner les conditions de réalisation et le réalisme de cette hypothèse.

D'abord, si cette pratique a cours dans certains milieux, elle est somme toute assez exceptionnelle en sciences humaines et sociales. La contribution financière des auteurs pour être publié ne fait pas partie des usages (surtout si on se situe dans les revues publiées par des organismes sans but lucratif).

Ensuite, l'introduction de cette pratique risquerait de rencontrer de grandes réticences. Elle supposerait que les auteurs possèdent la capacité financière pour répondre aux attentes des revues. À moins de modifier substantiellement le mode de financement de la recherche, cette supposition est gratuite. Les professeurs d'université n'ont pas d'allocation pour payer de tels droits, à moins de bénéficier de subventions de recherche. Or, la réussite aux grands concours de subventions en sciences humaines et sociales au Canada touche environ 35 % de ceux qui ont présenté un projet de recherche. Ces derniers ne sont qu'une fraction de tout le corps professoral. En cela, on induirait une ségrégation entre les auteurs en fonction non plus seulement de la qualité du travail à publier mais aussi de la capacité de payer pour la publication. Les réticences seraient sans doute aussi fort grandes du côté des auteurs hors-Québec et étrangers qui représentent plus de la moitié des auteurs des revues québécoises.

Enfin, la seule façon de rendre cette pratique quasiment indolore serait de ramener ces droits à un niveau tellement bas qu'ils auraient un caractère symbolique. Nous revenons par là à la discussion de la rubrique précédente, à la seule différence que l'on n'affirmerait pas que la structure de coûts pour l'existence, la publication, la diffusion et la conservation (archivage) d'une revue est quasiment nulle, mais qu'elle est somme toute assez faible. Car quel est le seuil du symbolique ? 50 ou 100 dollars de droits à payer par article ? Dans un cas comme dans l'autre, on voit bien que le coût de l'introduction d'une telle pratique, en termes de relations avec les auteurs, d'image, etc., n'en vaut pas la chandelle étant donné la modestie des sommes recueillies : on parle d'une somme totale de 900 $ ou de 1 800 $ pour une revue de 18 articles par année.

La possibilité de réaliser cette hypothèse semble très faible ; elle représente donc une solution douteuse.

La gratuité découlant de la reconnaissance des revues électroniques comme bien public

Selon cette hypothèse, la gratuité n'est pas imputable à l'effondrement supposé des coûts d'une revue ni aux auteurs qui sont publiés, mais au statut qui est accordé à la revue comme document de diffusion des résultats de la recherche. L'identification des revues à titre de bien public change radicalement la façon de considérer ces documents et leurs conditions de production et de diffusion.

Toute une série de biens sont identifiés de cette façon, pour lesquels l'accessibilité est largement facilitée ou sans restrictions. Pour ce faire, des modes de financement appropriés sont trouvés, qui généralement passent par les canaux publics. Un bien n'est pas public par définition ; il n'est pas non plus exclu de cette désignation d'emblée. Les choses évoluent et se différencient selon les sociétés : on investira significativement dans le logement social ou on s'en retirera, selon les époques ; on facilitera l'accès au livre et à la documentation par une politique de développement du réseau des bibliothèques ou on relèguera cette préoccupation dans le fouillis des questions non prioritaires.

Alors que la plupart des processus et stades participant à la recherche échappent à la sanction commerciale - et sont supportés par un financement public, direct ou indirect -, la diffusion des résultats de recherche par les revues savantes y est encore soumise. Or, on pourrait tout aussi bien considérer qu'en raison de l'intérêt et de l'utilité du contenu qu'elles révèlent et qu'en raison de la visibilité qu'elles donnent au système de recherche national, les revues devraient bénéficier de ce statut de bien public et jouir d'un accès le plus large possible. Il est vrai que les subventions publiques supportent les revues pour environ la moitié de leurs budgets. Même à cela, elles sont obligées de recourir aux circuits marchands pour une part notable de leurs revenus, ce qui devient une condition sine qua non d'existence. On pourrait imaginer la reconnaissance des revues, et du contenu qu'elles diffusent, comme un bien public, car elles constituent le prolongement naturel d'une chaîne dont les pouvoirs publics supportent les principaux maillons. Dès lors, il deviendrait important de leur assurer le meilleur rayonnement.

Cette hypothèse n'est pas que pure spéculation. Tout près de nous, elle s'est matérialisée récemment, avec l'annonce par le Conseil national de recherches du Canada, de la diffusion gratuite de la version électronique de leurs quatorze revues pour les utilisateurs ayant une adresse IP se terminant par < .ca >. Cela a été rendu possible par l'engagement d'une agence gouvernementale (Travaux publics et Services gouvernementaux de l'État fédéral) à combler la perte de revenus découlant de l'application d'une telle mesure pour le Canada. Le mode de calcul de la contribution gouvernementale a été basé non sur le remplacement de la perte de revenus, mais sur le principe du recouvrement des coûts. On a donc pris l'ensemble des coûts directs, desquels ont été soustraits les coûts d'impression et de distribution, pour établir un coût de première copie, sans égard au format. De ce coût ont été déduits les frais rattachés à l'organisation de la revue, à l'arbitrage par les pairs, c'est-à-dire les frais liés à l'existence de la revue comme institution et processus de sélection des textes. Le résultat de ces opérations donne une estimation des coûts de production de la version électronique. C'est sur cette base que l'évaluation de la contribution publique a été calculée (83).

Certains points ressortent de la mise en œuvre de cette mesure. D'abord, la contribution financière du CNRC pour ces revues n'a pas fléchi et la façon de les produire n'est pas modifiée par cette mesure. Ensuite, un nouvel acteur (public) est intervenu pour les fins de la diffusion en assurant un accès libre aux utilisateurs canadiens et le prix de cette intervention a été établi en référence au coût de production de la revue, mis à part les coûts liés au support papier. Enfin, l'accès filtré et payant a été maintenu pour les utilisateurs non canadiens et autres organismes ayant une adresse IP sans < .ca > et ces revenus sont censés pouvoir équilibrer l'ensemble du budget des revues au CNRC.

On peut considérer une autre avenue qui mettrait à contribution les bibliothèques universitaires dans un mode de financement pouvant assurer la gratuité aux utilisateurs. D'une certaine manière, les bibliothèques " subventionnent " les revues par les abonnements institutionnels ou, selon une pratique maintenant courante pour les revues électroniques, par des licences d'exploitation négociées institutionnellement ou souvent en consortium. Or, les bibliothèques pourraient subventionner à la source la production des revues, dont la diffusion serait ensuite assurée gratuitement par le portail. Ce genre de partenariat, conclu dans des ententes pluri-annuelles, permettrait de stabiliser le financement des revues et les coûts d'abonnement pour les bibliothèques. La Scholarly Publishing and Academic Resources Coalition (SPARC) préconise des modèles similaires. Cela dit, compte tenu des sommes en jeu, les contributions des bibliothèques ne pourraient suffire à assurer un financement adéquat des revues. L'inventaire rapide qui a été dressé permet de constater que les plus grandes bibliothèques sont généralement déjà abonnées aux revues supportées par le Fonds FCAR (notre inventaire s'étant limité à ces revues) et que les autres le sont assez largement. Dans le cadre d'une entente collective, les rentrées nouvelles - en raison du petit nombre de bibliothèques, du taux de pénétration dans les bibliothèques québécoises plutôt bon et des tarifs d'abonnement relativement modestes - seraient assez faibles. Dans l'ensemble, il s'agirait d'un déplacement d'une somme assez semblable, mais assurée. On pourrait chercher à accroître ces revenus en impliquant les bibliothèques collégiales ou celles des grandes municipalités. Cependant, dans le cadre du portail, si cette somme lui était entièrement créditée, elle serait " soutirée " en quelque sorte des revenus actuels des revues. Ce qui pose un problème d'un autre ordre. En tout état de cause, s'il y a un apport net de ce côté, il ne pourrait être que complémentaire à des subventions gouvernementales ou à d'autres sources de financement ; c'est ce montage qui pourrait offrir un modèle économique viable et prometteur.

Quel que soit le mode particulier, la mise à contribution d'un " commanditaire public " répondrait, sans doute au mieux, à la situation des revues et à leurs objectifs complémentaires de production de qualité, de diffusion élargie et de stabilité organisationnelle. La grande difficulté tient à faire reconnaître le statut de bien public à la diffusion en ligne des revues savantes et à " intéresser " une agence publique pour soutenir financièrement ce bien public. C'est certainement la voie qui offre les meilleures conditions pour valoriser la publication électronique et pour échapper aux règles de la commercialisation, auxquelles on note peu d'attachement de la part des éditeurs de revues. Dans le chapitre 5, une évaluation des besoins financiers que cela suppose est présentée.

L'effet de la gratuité de la version électronique sur l'imprimé

Il vient immédiatement à l'esprit de s'interroger sur l'impact qu'une diffusion libre de la version électronique peut avoir sur l'avenir de la version imprimée de la revue. Toutes les consultations menées à ce jour auprès des revues québécoises et la prise en compte des pratiques des revues d'importance en sciences humaines et sociales qui ont, au départ, un support papier conduisent à dire que la version papier est appelée à se maintenir pour une durée encore indéterminée. Plusieurs raisons militent en ce sens, qui sont bien loin d'une simple attitude nostalgique. On peut prendre ce constat comme une donnée et donc se questionner sur l'interaction entre les deux supports, surtout si on ne pratique pas les mêmes conditions (économiques) d'accès : accès libre dans le Web et abonnements pour l'imprimé.

Dans la mesure où l'imprimé répond à un besoin réel des lecteurs et à des situations non moins réelles se rapportant à la consultation et à la diffusion des revues, on peut penser que la seule diffusion en ligne ne ferait pas table rase des motifs favorisant le maintien de la version papier.

D'ailleurs, le bilan de certaines expériences dans le domaine semble aller dans ce sens. Après trois ans d'existence, le bilan du projet Muse soulignait en 1998 (84) que la diffusion électronique n'avait pas fait péricliter le nombre d'abonnements ; chez Blackwell (85), on note qu'il y a un intérêt pour les formats électroniques, mais pas tendance à une substitution du support papier pour le support électronique : les utilisateurs préfèrent plutôt combiner une version électronique avec la version imprimée de la revue. Pourtant, on ne considère pas moins que les abonnements pour la version papier sont appelés à disparaître lentement. Dans ces deux cas, l'accès en ligne n'est pas gratuit. Pour Muse, qui pratique surtout l'abonnement institutionnel donnant accès aux individus rattachés aux institutions, la consultation se rapproche, dans les faits, de la gratuité pour les individus, mais le maintien d'un abonnement pour la version papier relève d'abord des bibliothèques. Dans le second cas, l'accès est filtré et payant pour les individus et les institutions. Si on peut retenir ces exemples pour la discussion des tenants et aboutissants de l'accès filtré et payant (qui suit), les constats qui sont faits ici ne peuvent être transposés sans réserves, dans la mesure où l'accès gratuit sur le Web change l'environnement général pour les utilisateurs.

On pourrait sans doute estimer que l'accès en ligne gratuit aurait une influence négative sur le niveau des abonnements pour la version imprimée. Mais jusqu'à quel point devrait-on parler d'un fléchissement ou d'une contraction significative ou d'une chute majeure ? Hypothèse particulièrement pessimiste ou résolument optimiste, on pourrait imaginer que la contraction n'irait pas au-delà, pour le proche avenir, de la moitié des abonnements actuels. Sur cette base, ce qu'il faut pouvoir apprécier, c'est si le coût direct de la version papier (papier, impression, expédition (86)) peut être amorti par les revenus des abonnements pour ce format. Cela conduirait sans doute aussi à imaginer des modes différents de production de la version papier si le niveau du tirage devait être en deçà d'un certain seuil (500 exemplaires, par exemple), car, dans cette situation, l'impression numérique, et non plus l'imprimerie offset, s'imposerait pour des raisons économiques. Si besoin est, la modification de certains procédés de production devrait permettre aux abonnements pour le format papier d'amortir les coûts pour ce support. Autrement, on peut se demander si la demande pour la version papier est assez importante. Cela étant, les revenus actuels provenant des abonnements sont supérieurs aux coûts directs de la version imprimée : une partie, environ le tiers des revenus des ventes, supporte la préparation de la première copie. Si cette préparation de la première copie était désormais impartie au " commanditaire public ", on peut réellement poser une nécessaire et exclusive adéquation entre le coût de la version papier et les revenus des ventes (abonnements et ventes au numéro). En somme, en prenant en compte l'ensemble de ces éléments et dans des termes qui restent grossiers - diminution de moitié des revenus de vente et baisse correspondante des tirages, avec modifications techniques le cas échéant -, il est permis de penser que cette adéquation est vraisemblable. À plus ou moins long terme et selon les situations particulières des revues, on pourrait d'ailleurs imaginer une seule livraison par année de la revue imprimée.

Toutes ces questions sont ouvertes et laissent place à des appréciations diverses, compte tenu du degré d'incertitude concernant la réaction à la fois des directeurs de revue, des abonnés et des lecteurs, mais aussi quant à la présence d'un " commanditaire public ". Par contre, la gratuité sur le portail ferait fondre de façon significative les revenus autonomes des revues et ceux-ci n'excéderaient plus, comme c'est le cas dans la situation actuelle, les coûts de production de la version papier. Cette perspective peut soulever certaines craintes de la part des revues dans la mesure où, si elles dépendent en totalité des pouvoirs publics pour exister au-delà de la production du format papier stricto sensu, cela peut être ressenti comme une position de grande vulnérabilité à l'égard des politiques publiques. D'où le besoin d'assurances fermes sur la détermination des autorités publiques d'assurer ce financement de façon durable et satisfaisante ; sans cela, les revues seraient réticentes à faire un pari qui deviendrait très risqué.


L'accès filtré et payant

Si la gratuité est impossible à pratiquer, parce que les éléments qui la soutiennent ne sont pas réunis, il faut songer à l'accès filtré et payant au serveur. La situation ne serait pas particulièrement atypique, car une forme ou une autre d'accès filtré est généralement pratiquée dans les principaux portails de revues, y compris ceux qui sont sans but lucratif (Muse, HighWire et, bientôt, BioOne - pour ne nommer que ceux-là). Cela a pour conséquence qu'il faut mettre en place un système de gestion intégré des abonnements et que l'on conçoive un modèle de relations fonctionnelles entre les abonnements pour la version imprimée et la version électronique de la revue. On peut aborder sur cette base quelques cas de figure afin de traiter plus spécifiquement de l'infrastructure transactionnelle.

Le portail gère les abonnements institutionnels et individuels

Le premier cas de figure consiste à donner au portail un rôle premier dans la gestion des abonnements, que ce soit pour les versions papier ou électronique. Dans cette perspective, il faut garder à l'esprit que les revues, à l'heure actuelle, gèrent elles-mêmes leurs abonnements sous un mode " in house " ou les font gérer par un éditeur ou par une agence d'abonnement spécialisée, commerciale ou universitaire. En clair, cela signifie qu'il y a un nombre élevé de lieux de gestion des abonnements pour le nombre total de revues. Les protocoles et le nombre de services offerts sont différenciés ; de même, les grilles tarifaires ont des niveaux de complexité très variables. Ajoutons, ce qui n'est pas accessoire, que dans plusieurs cas, la gestion des abonnements, qui exige des ressources particulières, est bien souvent pour la revue un coût caché, c'est-à-dire dont on voit mal les contours ou qui est assumé par un tiers, soit l'institution universitaire ou la société savante, par exemple.

Si le portail s'occupe des abonnements pour les deux supports, cela exige nécessairement un arrimage entre ces divers lieux et le portail : cela suppose, en effet, de créer au moins deux écrans de saisie des données de la commande, ainsi qu'un double mécanisme de perception des paiements (individus et établissements) et, enfin, une redistribution des recettes aux revues clientes du portail. La modalité la plus simple pour le portail, ce serait d'être la porte d'entrée principale des abonnements : cela éviterait de devoir composer avec des protocoles et des logiciels de bases de données assez disparates et permettrait de réduire les délais à sa plus simple expression pour l'accès en ligne.

Mais le portail doit-il devenir une agence d'abonnement, y compris pour la livraison de la version papier ? Pour répondre à cette interrogation, il faut avancer plusieurs considérations. A priori, les tâches d'une agence d'abonnement sont complexes et, sans doute, dépasseraient-elles les compétences propres d'un portail de production et de diffusion de revues ; cela explique que, bien souvent, la responsabilité de cette partie de la chaîne est laissée à une agence spécialisée par entente contractuelle. Par ailleurs, l'expédition des exemplaires aux abonnés, reviendrait aux revues, si bien qu'elles assumeraient la vente des numéros individuels, par la poste et en librairie - dans ce dernier cas, par le biais d'un distributeur -, et prendraient en compte les campagnes de publicité.

Dans la logique du portail, la gestion intégrée des abonnements et de première ligne devrait être privilégiée. D'abord, cela signifie que la porte d'entrée des abonnements, quel que soit le support, devrait être le portail. Pour le portail, il n'y aurait qu'une base de données et qu'un protocole. Pour les revues, cette hypothèse signifie qu'elles se retirent des ententes contractuelles qu'elles ont en ce domaine avec des éditeurs ou des agences spécialisées, au profit du portail ; cela signifie aussi que, pour les nombreuses revues qui gèrent elles-mêmes les abonnements, elles se mettent désormais en deuxième ligne, ce qui resterait particulièrement utile pour l'expédition de la version imprimée et pour les campagnes de publicité. Si cela peut soulager certaines revues, cette nécessité devrait en heurter d'autres. D'ailleurs, la gestion des abonnements par le portail, dont le coût doit être établi et assumé, aura pour effet de rendre visibles des coûts qui, dans bien des cas, sont actuellement cachés. Cela apparaîtra comme une dépense supplémentaire pour la revue dont le budget est déjà serré. Dans la logique de la revue, il pourrait paraître plus simple de voir le portail comme un intervenant de deuxième ligne qui s'ajoute à la structure actuelle. Dans ce cas, la multiplicité des sources et la grande difficulté d'imposer un protocole unique, dans la gestion des données et dans une logique de tarification, donnent au portail une responsabilité de standardisation et de gestion d'information extrêmement lourde et coûteuse en raison des conditions dans lesquelles il doit œuvrer. Les délais de transmission et de gestion de l'information, qui ne sont pas techniques mais organisationnels, risquent de nuire au service de diffusion en ligne.

Ensuite, dans la perspective où les abonnements individuels et institutionnels sont maintenus, cela impose deux modes de filtrage de l'accès : un accès par adresse IP pour les institutions et un accès par mot de passe pour les individus, le premier étant assez simple alors que le deuxième demande une logistique plus lourde. L'abonnement individuel impose aussi l'infrastructure pour la transaction en ligne alors que les institutions n'utilisent généralement pas ce genre de paiement. Il y a, entre ces deux systèmes de filtrage d'accès, une différence significative pour les coûts d'implantation et de fonctionnement. Celui qui permettrait de traiter les abonnements, qu'ils viennent des individus ou des institutions, coûte quelque 50 000 $ pour l'implantation (contre 16 000 $ pour le système ne s'adressant qu'aux institutions), alors que le coût de fonctionnement, par la suite, est nettement décalé : 100 000 $ pour le premier contre 30 000 $ pour le second (voir les estimations budgétaires au chapitre suivant).

Ces remarques sont faites sans compter l'effet que peut avoir l'abonnement institutionnel pour la version en ligne sur l'abonnement individuel. L'accès aux revues qui est donné par l'abonnement institutionnel souffre de moins en moins de restrictions : avec le service proxy, nul n'est besoin de consulter une revue depuis le campus, par exemple. En ce sens, on peut se demander s'il y aura une forte demande pour l'abonnement individuel en ligne ; l'abonnement individuel se concentrera peut-être sur la version imprimée pour ceux et celles qui n'auraient vraiment pas accès à la version électronique par le biais des bibliothèques, notamment. Il y aura certainement glissement du nombre d'abonnés individuels, pour ne pas dire une contraction. Dans cette mesure, il y a lieu de s'interroger sur l'utilité de mettre en place un système de filtrage de la version électronique pour les individus. En d'autres termes, les abonnements individuels ne devraient-ils pas être prévus que pour la version imprimée ?

Le portail se concentre sur les abonnements institutionnels

Les remarques précédentes supportent cette hypothèse voulant que le portail pratique l'accès filtré sous le mode de l'abonnement institutionnel. Cette formule est assez répandue : elle est d'une grande simplicité pour l'utilisateur, elle répond bien aux consultations ponctuelles d'un grand nombre de revues que font les chercheurs - consultations qui ne justifient pas des abonnements à chaque fois ou qui imposeraient des transactions à l'article -, elle est assez simple à mettre en place, sur les plans technique et organisationnel, et elle correspond de plus en plus aux usages dans les milieux de la recherche. Après la gratuité, c'est la formule qui favorise le plus la consultation des documents en ligne. Les individus se verraient dans la position de s'abonner à la version imprimée, en communiquant avec la revue ou avec son agence, ou de faire pression, au besoin, pour que leur institution souscrive un abonnement au moins pour la version électronique (et/ou papier).

Dans ce cas de figure, la gestion des abonnements ne serait pas intégrée, puisque partagée et par le portail et par chacune des revues. Cela suppose l'usage de deux banques de données différentes, et une double comptabilité pour les revues, surtout pour suivre la progression de leurs divers types d'abonnements et de leurs revenus. La situation se complique surtout au moment de produire des rapports - et ils sont nombreux -, à commencer par ceux qu'exigent les organismes subventionnaires.

Le portail pratique des abonnements par panier

Selon ce cas de figure, le portail s'occuperait seulement d'abonnements institutionnels mais en privilégiant la vente par panier, c'est-à-dire la vente de l'ensemble de la collection des revues diffusées. Ce modèle, qui a été pratiqué par les groupes commerciaux oligopolistiques comme méthode de vente, est de plus en plus utilisé par les bibliothèques qui forment des consortiums et qui y trouvent leur intérêt en tant qu'acheteurs.

Ce modèle peut être considéré rigide, si on s'y limite, pour l'acheteur institutionnel spécialisé - pensons à un centre de recherche et à une université à l'étranger, et ils sont nombreux - qui ne verrait pas l'intérêt de l'abonnement à l'ensemble de la collection. Il faudrait voir à l'introduction d'aménagements en temps voulu. On peut penser que ce modèle doit être panaché avec une autre formule pour atteindre la souplesse désirable. Par contre, il faut voir une plus grande simplicité dans les transactions entre le portail et les institutions qui s'abonnent, soit à titre individuel ou comme participant à un consortium. Par ailleurs, cette formule accroît le rayonnement de plusieurs revues, dans la mesure où elles peuvent être accessibles à des clientèles de bibliothèques pour lesquelles il n'y avait pas nécessairement d'abonnement jusque-là.

Qui dit abonnement dit commerce électronique

L'accès tarifé impose l'implantation d'un système comprenant au minimum la gestion des abonnés, l'accès contrôlé, la grille de tarifs et le catalogue des revues en vente. D'où un système de diffusion des revues qui prévoit la gestion des abonnements, le contrôle d'accès aux documents, la " livraison immédiate " des articles, les multiples formats d'un même article, des statistiques d'accès, la gestion du catalogue des titres et la grille des tarifs, le paiement en ligne et la gestion des comptes, y compris le dépôt des paiements et la répartition des recettes. Deux avenues peuvent être pratiquées. Il est possible, d'une part, d'utiliser un système de base qui permet une programmation de session Web simple ou, d'autre part, acheter un système déjà existant de catalogue. En effet, les systèmes de commerce électronique sont nombreux, mais sont habituellement destinés à la vente de nombreux produits et non à une activité correspondant à celle d'un portail. Il serait en ce sens plus approprié d'utiliser un environnement de programmation simple et de faire la programmation pour l'adapter aux besoins d'un portail (voir l'annexe 4.1).

L'évaluation qui a été faite des ressources nécessaires pour implanter un tel système a pris en compte deux paramètres, soit l'environnement technologique actuel du lieu d'hébergement du serveur et un souci d'économie. Sur cette base, et en n'utilisant pas de serveur dédié mais plutôt un espace sur le serveur déjà prévu pour héberger le site, il semble nécessaire de réunir près de 5 000 $ pour l'achat de logiciels - serveur Web, base de données, gestion du catalogue et des prix, gestion de la prise d'abonnements et de la transaction, et statistiques d'utilisation - et 50 jours de développement et d'installation. Avec un professionnel jouissant de plus de trois ans d'expérience dans la technologie utilisée, l'ensemble coûterait environ 45 000 $. Il s'agit d'un coût de démarrage ou d'implantation non récurrent. Cela correspond à l'infrastructure pour les abonnements individuels et institutionnels, alors que pour celui adressé exclusivement aux institutions coûterait environ 16 000 $. Les coûts récurrents seraient particulièrement faibles pour ce qui est des composantes " logiciel " et système

À cette estimation, il faut ajouter le coût de la gestion des abonnements et donc d'utilisation et de mise en service du système technique mis en place (87). Évidemment, ce coût dépend des types de responsabilité du portail pour les abonnements. S'il doit s'occuper tout autant des abonnements individuels que des abonnements institutionnels, et pour les deux versions, on peut estimer, dans l'état des connaissances actuelles, qu'il en coûterait vraisemblablement 10 dollars par abonnement pour gérer les abonnements d'une trentaine de revues, ayant en moyenne 400 abonnements. Cela exclut l'expédition des copies papier aux abonnés et les exemplaires gratuits, de même que la vente de numéros individuels courants et anciens, par la poste et en librairie (là par le biais d'un distributeur), qui incombent aux revues. Par contre, si le portail ne s'intéresse plus qu'aux abonnements institutionnels, le volume d'opérations diminue et le système de filtrage d'accès se simplifie. Dans ce cas, on peut estimer à 7 dollars le traitement d'un abonnement. Dans ce cas, les revues ont à maintenir un système parallèle, qui a des frais. Ces estimations ne peuvent compter sur l'expérimentation d'une informatisation de l'ensemble de la chaîne d'abonnement, car celle-ci nous fait défaut. Il s'agit d'une projection, basée sur une connaissance fine des procédures actuelles, transposée pour les prochaines années dans un nouvel environnement. Une utilisation poussée de procédures informatisée devrait permettre une plus grande optimisation des ressources mobilisées à cette gestion, du moins on peut le croire.

Qui dit abonnement dit aussi revenus

Il est assez difficile d'anticiper les réactions des utilisateurs à la mise en place d'un portail de diffusion avec accès au plein texte, sous condition d'abonnement. En principe, ce service devrait susciter un certain engouement, mais, en même temps, on doit constater une certaine lenteur dans l'assimilation des nouvelles donnes dans les comportements individuels et institutionnels. Là-dessus, les interprétations peuvent être partagées. Dans le cadre de cette réflexion, on se doit de ne pécher ni par trop grand optimisme ni par l'attitude contraire. Des prémisses doivent être clairement énoncées afin de dégager quelques perspectives. Dans cette rubrique, ce qui est en cause, c'est l'estimation qui peut être donnée des revenus d'abonnement.

Pour ce qui est des prémisses, retenons que le portail se concentrerait sur les abonnements institutionnels et qu'il pourrait panacher la formule de l'abonnement revue par revue et la formule du panier ; le prix de l'abonnement à la version papier serait égal à 100 % du prix actuel (88) et celui de l'abonnement jumelé de la version électronique et de la version papier s'élèverait à 130 % du prix actuel. Dans l'immédiat, près de 90 % des abonnés institutionnels opteraient pour un abonnement combiné en raison de la faible marge supplémentaire pour obtenir les deux supports (89); autre élément : aucune augmentation du nombre d'abonnements n'a été imputée en raison de l'incertitude à cet égard et de la compensation qu'une augmentation pourrait avoir sur un fléchissement selon les créneaux (types d'institutions ou catégories d'individus). Les revenus des abonnements institutionnels seraient divisés en donnant aux revues l'équivalent du prix actuel des abonnements et le 30 % de majoration au portail. Les abonnements individuels seraient destinés aux revues pour la version imprimée. Finalement, quelque 80 % abonnés individuels maintiendraient leur abonnement papier (90). Sur cette base, on peut établir des projections pour un parc de 30 revues en ajustant les données agrégées de notre échantillon de 27 revues ayant leur direction au Québec.

À partir de ces données, les abonnements institutionnels assureraient des rentrées financières de 409 500 $ au portail, dont 315 000 $ seraient remis aux revues. Les revues bénéficieraient de rentrées venant des abonnements individuels de l'ordre de 112 000 $. En somme, alors que le portail recevrait 94 500 $, les revues cumuleraient 315 000 $, 112 000 $ et 35 000 $ pour un total de 462 000 $. Cela signifie qu'en moyenne, chaque revue recevrait 15 400 $. Dans la situation actuelle, chaque revue encaisse en moyenne 16 353 $ de revenus venant des ventes et paie, en moyenne, 12 305 $ pour les coûts du papier, de l'impression et de l'expédition. Ces nombres donnent une appréciation des ressources venant de la vente et qui servent à d'autres dépenses que la seule production du papier ; ils révèlent aussi un manque à gagner entre les revenus actuels et ceux anticipés. Pour le portail, les revenus de 94 500 $ viennent de la vente d'abonnements, ce qui reste assez modeste - une autre répartition se ferait au détriment des ressources servant aux revues - et nécessite une contribution significative d'une autre source pour absorber les coûts de diffusion.

Les conditions de la diffusion pour le fonds en rétrospectif et pour les prépublications

Deux éléments sont à distinguer pour le fonds rétrospectif. Lorsqu'une revue est publiée en version électronique, elle n'a qu'à offrir, dans cette version, les numéros ou volumes courants. Cela prend du temps avant de pouvoir constituer un corpus ayant un certain volume. Il devient très tôt d'un grand intérêt de pouvoir offrir en version électronique, par la numérisation rétrospective de la collection, sinon tout le fonds de la revue du moins la portion la plus récente du fonds. Par ailleurs, la publication courante en version électronique est, de fait, le rétrospectif de demain. Or, dans l'un et l'autre cas, le fonds rétrospectif devrait pouvoir être consulté gratuitement. Revenons aux deux facettes qui viennent d'être évoquées.

Afin d'offrir aux utilisateurs un matériel plus substantiel que les parutions courantes pour une revue nouvellement disponible en version électronique, la numérisation rétrospective devient un atout. Plusieurs techniques sont disponibles. Nous avons déjà indiqué des choix à faire dans le chapitre sur la production, compte tenu des contraintes de ressources. Le format image permet assez rapidement et dans des conditions acceptables d'offrir une assez grande partie de la collection d'une revue à des prix acceptables. Un financement ad hoc serait nécessaire. Dans l'état actuel des programmes pour les revues, un tel financement peut se trouver. Ce financement permettrait d'assumer en totalité le coût de la numérisation et de l'indexation. Le coût de sa diffusion serait lié aux coûts généraux de gestion du site et à l'entretien des fichiers et du moteur de recherche. Amorti sur l'ensemble, ce coût serait assez faible pour chaque revue. Par ailleurs, dans un environnement commercial, la durée de vie marchande active des parutions d'une revue est relativement courte. On peut estimer que les ventes d'un numéro sont très faibles de 18 à 24 mois après la date de parution. En ce sens, pour les parutions courantes en version électronique, il faut envisager un mode de passage dans le rétrospectif. Il appartiendrait aux directions des revues d'établir le délai qui leur convienne, mais on peut imaginer qu'il serait souhaitable que les parutions courantes disponibles dans le Web soient versées dans le fonds rétrospectif au-delà de ce délai (restant à déterminer). Dans la mesure où ce basculement dans le rétrospectif consacre la fin de l'espérance de vie marchande de la revue, il conviendrait de donner un accès libre à ces corpus.

Le fonds rétrospectif serait accessible sans restrictions, parce que les coûts auraient été absorbés soit au moment de la numérisation rétrospective, soit lors de la parution courante, et ce fonds se composerait, d'abord, de la collection numérisée (le cas échéant) et, ensuite, des publications courantes après un délai (nécessairement). Il faut voir que le fonds rétrospectif constitue une valeur ajoutée à un portail qui se met en place et que, même dans un environnement commercial, il permet l'accès à un corpus de plus en plus considérable en accès gratuit. C'est la pratique qui est largement retenue sur le site de HighWire, par exemple. D'un autre côté, tous les efforts de diffusion de la revue, par le référencement ou autrement, rejaillissent sur la revue, dans son ensemble, à la fois pour le courant et pour le rétrospectif. Aucune démarche spécifique ne serait engagée pour le fonds rétrospectif seul.

Par ailleurs, dans la mesure où un service de prépublication serait mis en place, il devrait pouvoir trouver son financement intégral. Dans l'étude des coûts, devront être retenus les frais liés non seulement à la production, mais aussi à la diffusion. L'accès à de tels services est généralement gratuit, les stratégies de diffusion sont limitées ainsi que les services. En tout état de cause, tous ces éléments devraient faire l'objet d'estimations budgétaires et être appuyés financièrement de façon conséquente.


75 Les informations de cette section proviennentt de : Patrick J. Lynch et Sarah Horton, Yale Style Manual - Site Design, 1997. Adresse URL :http://info.med.yale.edu/caim/manual/contents.html ;
Communications Jean Lalonde, Les bâtisseurs de l'inforoute- Site indépendant d'assistance et de référence en conception de sites Web au Québec (section : 5 questions pour éviter l'échec d'un site Web d'entreprise, 1996-1998. Adresse URL : http://www.cjl.qc.ca/batisseurs/5questions.htm;
Jakob Nielsen, Top Ten Mistakes in Web Design, 1996. Adresse URL : http://www.useit.com/alertbox/9605.html;
Jakob Nielsen, Top Ten New Mistakes in Web Design, http://www.useit.com/alertbox/990530.html.   Retour

76 D'ailleurs, l'adresse d'un article devrait être reliée à celle de sa fiche descriptive. Par exemple, dans un système basé sur les DOI, la résolution d'un DOI devrait mener le lecteur sur la fiche descriptive de l'article en question.  Retour

77 Les informations de cette section proviennent : Tracey Stanley, "Moving Up The Rank", Ariadne, no 12, novembre 1997. Adresse URL : http://www.ariadne.ac.uk/issue12/search-engines/;
Tracey Stanley, " Keyword Spamming : Cheat Your Way To The Top", Ariadne, no 10, juillet 1997. Adresse URL : http://www.ariadne.ac.uk/issue10/search-engines/;
Tracey Stanley, "The relavant of underpants to seaching the Web", Ariadne, no 24, juillet 1997. Adresse URL : http://www.ariadne.ac.uk/issue24/search-engines/intro.html;
Karen Liberatore, "Getting to the Source", Macworld, 22 septembre 2000. Adresse URL : http://bondiboard.macpublishing.net/features/pov.4.4.html;
Kathleen Murphy, "Cheaters Never Win", Internetworld, Mai 1996. http://www.internetworld.com/print/1996/05/20/undercon/cheaters.html   Retour

78 Georgia Institute of Technology, Graphic,Visaulization and Usability Center, Tenth User Survey, 1998. http://www.gvu.gatech.edu/user_surveys/survey-1998-10/   Retour

79 James Hartley, "Is it appropriate to use structured abstracts in social science journals ?", Learned Publishing, vol. 10, no 4, octobre 1997, p.313-317.  Retour

80 On se base ici, comme pour les estimations qui suivent, sur un échantillon de 27 revues supportées financièrement par le CRSH. Cet échantillon a été choisi de façon aléatoire par l'organisme subventionnaire et représente la moitié des revues financées qui ont leurs bureaux administratifs (leur adresse de secrétariat) au Québec.  Retour

81 Avec le fichier Postscript, qui est l'un des " produits " de la chaîne de traitement, la revue dispose de l'équivalent d'un prêt-à-photographier pour l'imprimeur : c'est en fait le fichier Postscript qui est acheminé à l'imprimeur.  Retour

82 Pensons à New Journal of Physics, par exemple : http://njp.org/   Retour

83 Ces informations nous ont été transmises par Aldyth Holmes qui est directrice des Presses scientifiques du CNRC.  Retour

84 Marie R. Hansen dir., Project Muse, Process Report, The Johns Hopkins University Press avec The Milton S. Eisenhower Library, janvier 1995 à juin 1998, 40p.  Retour

85 Richard Hodson, "The demand for journals - fact versus fiction", Learned Publishing, vol. 11, no 3, juillet 1998, p.205-208.  Retour

86 Seulement ces coûts sont considérés, car la chaîne de traitement électronique produit une version mise en page Postscript destinée aux besoins de l'impression papier.  Retour

87 Pour avoir une idée des opérations et des étapes que recouvre la gestion des abonnements dans un environnement de revues sur support papier, on peut se référer à l'annexe 4.2. Ces étapes et opérations s'inscrivent dans un processus de travail assisté par ordinateur ; avec le portail, l'environnement change et se présentera en termes de processus électronique de travail.  Retour

88 De façon générale, le prix des abonnements des revues en sciences humaines et sociales est très modeste. Le prix pour l'abonnement institutionnel oscille entre 40 $ et 70 $.  Retour

89 De même, en raison de cette faible marge et de la présence de la collection de la revue déjà sur les rayons, l'incitation à ne retenir que l'électronique n'est pas très appuyée dans l'immédiat.  Retour

90 Les exemples en pareil domaine semblent montrer que l'effet est à peu près nul sur les abonnements ; aussi, avons-nous imputé aux individus rattachés aux institutions une propension limitée à ne pas renouveler leur abonnement dans un proche avenir.  Retour



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