Documents repérés
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142.Plus d’information
La République de Venise s'est efforcée, du XVe siècle jusqu'à sa chute, de charger sa puissance politique et commerciale d'une double justification, politique et religieuse. En se servant des légendes orales qui circulaient depuis sa fondation, et en mettant en place une interprétation officielle de sa propre histoire, elle a fabriqué un mythe théologico-politique dont elle est le héros. Au tournant des XVIe et XVIIe siècles, alors que ce mythe atteint l'apogée de son influence chez le plus grand nombre des penseurs politiques européens, des contestations apparaissent, encouragées par les mutations de la méthode historique. Est-ce à dire que le mythe de Venise vit ses dernières heures ? Cet article se propose d'interroger la présence de traces du mythe politique vénitien chez les intellectuels français du XVIIe siècle. Ceux-ci, certes acquis à la lutte de Venise contre les abus politiques de la papauté depuis l'affaire de l'Interdit vénitien de 1606, prirent néanmoins part à un certain renouvellement méthodologique de l'écriture de l'histoire.
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143.Plus d’information
Cet article examine la représentation des femmes chinoises dans les récits d'ambassadeurs européens des XVIIe et XVIIIe siècles. S'appuyant sur l'ambassade hollandaise de 1655 mise en récit par Jehan de Nieuhoff et sur l'ambassade anglaise dirigée par Macartney de 1792 à 1794, mise en récit par George Leonard Staunton, ce texte examine d'une part les représentations de la beauté et la construction des genres et soutient, d'autre part que les perceptions à l'égard de la femme sont les résultats du contexte de représentation globale de la Chine à cette époque, soit le passage de la sinophilie à la sinophobie.
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149.Plus d’information
"La propriété littéraire est d’utilité générale. Toutes les vieilles législations monarchiques ont nié et nient encore la propriété littéraire. Dans quel but ? Dans un but d’asservissement. L’écrivain propriétaire, c’est l’écrivain libre. Lui ôter la propriété, c’est lui ôter l’indépendance. On l’espère du moins. De là ce sophisme singulier, qui serait puéril s’il n’était perfide : la pensée appartient à tous, donc elle ne peut être propriété, donc la propriété littéraire n’existe pas. Confusion étrange, d’abord, de la faculté de penser, qui est générale, avec la pensée, qui est individuelle ; la pensée, c’est le moi ; ensuite, confusion de la pensée, chose abstraite, avec le livre, chose matérielle. La pensée de l’écrivain, en tant que pensée, échappe à toute main qui voudrait la saisir ; elle s’envole d’âme en âme ; elle a ce don et cette force, — virum volitare per ora — ; mais le livre est distinct de la pensée ; comme livre, il est saisissable, tellement saisissable qu’il est quelquefois saisi. (On rit) Le livre, produit de l’imprimerie, appartient à l’industrie et détermine, sous toutes ses formes, un vaste mouvement commercial ; il se vend et s’achète ; il est une propriété, valeur créée et non acquise, richesse ajoutée par l’écrivain à la richesse nationale, et certes, à tous les points de vue, la plus incontestable des propriétés." (...)