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783.Plus d’information
L'expansion des pratiques artistiques sociales et collaboratives depuis les années 1990 place les résidences d'artistes comme des dispositifs particulièrement adaptés à la construction d'une citoyenneté culturelle, notamment dans les zones isolées ou oubliées. De nombreuses résidences reçoivent des artistes pour des projets précis et les sélectionnent en fonction de leurs capacités présupposées à créer du commun, tout en répondant aux enjeux soulevés par les transformations sociétales et environnementales actuelles. Des entretiens avec des artistes et des responsables de résidence, une observation participante et l'analyse de récits de résidence ont permis d'établir que cette émancipation ne passe pas uniquement par la participation à des ateliers de création encadrés ou à des actions de médiation, mais par la présence même des artistes et les méthodes et pratiques de recherche qu'ils apportent sur le territoire. Cette présence temporaire s'ancre autour de l'hospitalité et des possibilités qu'elle offre localement. L'accueil constitue également l'une des conditions pour que des échanges se créent au gré des envies et des affinités personnelles, pour que les résidences puissent devenir des sites d'apprentissage et de production de connaissances libres. Notre étude montre enfin comment ces résidences, en laissant la possibilité au dissensus de s'exprimer, permettent la construction de la subjectivité et de la solidarité dans la résolution de problèmes communs, mêlant ainsi jouissance de droits culturels et exercice de la citoyenneté.
Mots-clés : résidences, citoyenneté, artistes, hospitalité, territoire, communauté, connaissance, esthétique dialogique, collaboration, apprentissage, localisme, residencies, citizenship, artists, hospitality, territory, community, knowledge, dialogical aesthetics, collaboration, learning, localism
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785.Plus d’information
Les historiens des découvertes géographiques n'ont pas encore tout dit des cartes coloniales françaises. Cette historiographie a longtemps été contaminée par un cadre conceptuel positiviste centré sur la primauté de la découverte géographique et le progrès graduel de la précision. Cet article propose une relecture de certaines cartes du voyage d'exploration de Jolliet et Marquette au Mississippi (1672- 1674). Il porte attention aux détails des cartes, à leur toponymie, aux absences, aux intérêts économiques des acteurs coloniaux ou métropolitains, enfin aux discours sur l'espace colonial. Avec l'envoi des cartes à la cour du roi de France, on assiste au déploiement d'un arsenal rhétorique visant à infléchir des politiques coloniales en matière d'expansion géographique, le tout inextricablement lié au commerce des fourrures.
Mots-clés : Louis Jolliet, Mississippi, cartographie, carte géographique, XVII siècle, toponymie, espace colonial, Louis Jolliet, Mississippi, cartography, geographical map, 17 century, toponymy, colonial space
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786.Plus d’information
D'où provient la loi prescrivant que les Autochtones soient définis par le sang, alors que l'ensemble des Canadiens l'est légalement, par le sol ? « Païens et Sauvages » n'étaient-ils pas condamnés à disparaître sans que cela ne se soit réalisé ? L'identité indienne ne se serait-elle pas diluée par adoption et surtout par intermariage avec les « blancs » ? Pourtant les sociétés autochtones n'ont-elles pas, de tout temps, intégré des étrangers (captifs, esclaves, membres d'autres ethnies, Européens) ? Le recul de la tradition et l'appropriation de la modernité auraient-ils conduit à une dilution identitaire ? Nous traitons ici du régime français. La seconde partie concernera les siècles ultérieurs.
Mots-clés : Nouvelle-France, Canada, Autochtone, droit, citoyenneté, appartenance, famille, Nouvelle-France, Canada, Natives, law, citizenship, belonging, family
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787.Plus d’information
Au milieu des années 1970, deux groupes d'amitié avec la Chine existent en parallèle à Montréal : la Société Canada-Chine et les Amitiés Québec-Chine, dont les membres se disent les « amis » de la Chine. Issus de milieux socioéconomiques et politiques très variés, ils forment, avec les maoïstes, un cercle de sinophiles qui cherchent à influencer la société québécoise au moyen de liens privilégiés avec la Chine. En se penchant sur ces acteurs, cet article met en lumière l'évolution de la sinophilie au Québec dans les années 1970, laquelle est née de la rencontre entre une tendance intellectuelle et diplomatique au sein de l'élite anglophone et les mouvements sociaux et politiques qui ébranlent la société québécoise, en particulier du côté francophone.
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788.Plus d’information
Cet entretien réalisé par Études internationales avec deux spécialistes de l'Ukraine montre que le rapport de la France au conflit ukrainien a évolué depuis l'annexion de la Crimée en 2014. Bien que refusant de reconnaître l'annexion de la Crimée, la diplomatie française a d'abord misé sur la médiation du conflit via le « format Normandie », et a mis du temps à prendre ses distances avec la Russie de Poutine. La guerre ouverte déclenchée en 2022 par la Russie a néanmoins poussé Emmanuel Macron à soutenir ouvertement l'Ukraine et à condamner de plus en plus fermement l'invasion russe. La classe politique française et les médias ne sont toutefois pas toujours au diapason d'une position résolument favorable à l'Ukraine et défavorable à la Russie.
Mots-clés : assistance militaire, atlantisme, désinformation, format de Normandie, guerre russo-ukrainienne, relation franco-russe, sanctions, atlanticism, disinformation, Franco-Russian relationship, military assistance, Normandy format, Russian-Ukrainian war, sanctions
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789.Plus d’information
Le libellé, la justification et la genèse de l’article 4 (h) de l’Acte constitutif de l’Union africaine (UA) suggèrent fortement que les fondateurs de cette organisation régionale n'avaient pas l’intention de remettre en cause le système de sécurité collective de la Charte des Nations Unies. Le texte, en ne faisant nulle mention d’une éventuelle autorisation du Conseil de sécurité, a simplement conféré à l’UA une compétence juridique interne, nécessaire à une intervention sur le territoire de ses États membres en cas de génocides, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Cette interprétation est conforme au système de sécurité régionale mis en place par le Protocole relatif à la création du Conseil de paix et de sécurité, au système de défense commune établi par le Pacte de non-agression et de défense commune ainsi qu’à la pratique de l’Union et ses États membres qui n’ont jamais revendiqué une exception régionale au droit de la Charte des Nations Unies.
Mots-clés : Union africaine, Conseil de sécurité des Nations Unies, Sécurité collective, article 4(h) de l’Acte constitutif de l’Union africaine, African Union, Security Council of United nations, collective security, article 4(h) of the Constitutive Act of the African Union