Documents repérés
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91.Plus d’information
L'ethnologue Marcel Bénéteau s'intéresse à la chanson de composition locale, un secteur négligé dans le domaine de la chanson folklorique. Le plus souvent créées par des non-professionnels sur des airs connus, les chansons de ce type ont longtemps été considérées par les experts comme étant de facture maladroite, de contenu douteux et de valeur insignifiante comparées aux pièces importées de la France à l'époque coloniale. Conséquemment, les grands folkloristes du Canada français les ont peu recueillies. Pourtant, la facture de telles chansons, qui commémorent des événements locaux, qui mettent en valeur des incidents de la petite histoire et qui commentent les conditions sociales dans les communautés en question, est au coeur même de la démarche folklorique. « Faire des chansons » est une pratique qui engage les gens dans un dialogue avec la tradition et les amène à situer leur vécu dans le contexte plus large d'un procédé transmis d'une génération à l'autre. À partir d'un corpus de chansons locales composées dans la région de Windsor, l'auteur analyse les modalités de cet art de « faire des chansons », depuis l'appropriation et l'adaptation de chants existants jusqu'à la création de nouvelles chansons. De plus, il s'intéresse à la fonction sociale des chansons locales ainsi qu'à leur apport aux études ethnologiques, linguistiques et historiques.
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93.Plus d’information
Cette note de recherche s'inscrit dans le cadre d'une étude qui vise à éclairer un processus de formation de la culture populaire québécoise en interrogeant un corpus de chansons interprétées dans des noces, entre 1920 et 1960, dans l'est du Québec. Après avoir fait un bref rappel des premiers résultats de cette recherche, ce texte présente les premières réflexions sur le rôle qu'a tenté de jouer le clergé dans la « gestion du social », voire qu'il a cherché à imposer un modèle culturel par le biais de la chanson, plus spécifiquement celles qu'on trouve dans l'ensemble des dix volumes de La Bonne chanson, publiés de 1938 à 1951. Une première analyse comparative du contenu de cinq chansons « traditionnelles » proposées par La Bonne chanson et de celui de versions orales interprétées au Québec appelle deux remarques importantes : 1) quel que soit le thème, le texte de la version présentée dans La Bonne chanson propose une description tout à fait idéalisée du sujet traité, une présentation positive de la société canadienne ; 2) les versions orales ont été réécrites, à des fins idéologiques, en une version unique et figée par l'écrit : on assiste à une « manipulation » du populaire par les élites cléricales, comme si elles avaient cherché à étouffer, pour mieux la diriger, la culture populaire représentée ici par la chanson de tradition orale.
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97.Plus d’information
Parmi les formes littéraires orales, la chanson, chez les Inuits, a toujours été une pratique générale et variée. Héritière de cette tradition, la chanson inuite contemporaine du Nunavik a connu un essor important au début des années 1970 et n'a cessé de se développer depuis. Dans le champ littéraire, les paroles de ces chansons constituent un corpus important de textes d'une vitalité remarquable au sein desquels les auteurs-compositeurs explorent des esthétiques variées, naviguent entre les langues et transmettent une partie de leur culture. En tenant compte du contexte historique, l'auteure de cet article esquisse une réflexion sur l'évolution formelle de la chanson inuite moderne et examine les relations que celle-ci entretient avec une forme plus traditionnelle. Enfin, si le corpus chansonnier ultra-contemporain du Nunavik a pour particularité d'être trilingue, il révèle néanmoins une recrudescence de textes en inuktitut. Qu'est-ce que cela signifie sur le plan du discours ?
Mots-clés : chanson inuite, littérature inuite, oralité, Nunavik, inuktitut, Inuit songs, Inuit literature, orality, Nunavik, Inuktitut, canción inuit, literatura inuit, oralidad, Nunavik, inuktitut
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98.Plus d’information
L'article explore la façon dont des auteurs et des autrices de conditions sociales diverses ont chanté les régions du Québec durant la première moitié du xxe siècle, en partant du cas du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Il suit deux pistes : l'usage de la chanson aux fins de promotion d'idées et de valeurs, souvent le fait des élites, et l'apparition non programmatique de créations émanant généralement d'autres acteurs sociaux. Pour la première, la chanson régionaliste principalement, porteuse d'un grand projet de société, est abordée. Pour la seconde, un répertoire proche de la vie quotidienne des habitants livre des vues plus tangibles et présumées plus conformes aux perceptions de la majorité de la population.