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10351.Plus d’information
Les personnages de François Ozon sont souvent aux prises avec des questions d’identité de genre et d’orientation sexuelle; leurs désirs refoulés se révèlent au sein de relations de pouvoir difficiles et parfois violentes. Cette étude s’intéresse à la transformation des relations de pouvoir dans deux de ses adaptations cinématographiques de pièces de théâtre : Gouttes d’eau sur pierres brûlantes (2000), adapté de Tropfen auf heisse Steine de Rainer Werner Fassbinder, écrite autour de 1965; et Dans la maison (2012), adapté de El chico de la ùltima fila de Juan Mayorga, écrite en 2006. Très distincts sur les plans de la langue, du style, du ton et de l’intrigue, les deux textes dramatiques ont en commun de mettre en scène des relations tordues entre un homme d’âge mûr et un très jeune homme, où le premier domine – physiquement ou mentalement – le second. Dans Tropfen auf heisse Steine, Léopold séduit Franz, l’installe chez lui et le tourmente jusqu’à ce que ce dernier se suicide. Dans El chico de la ùltima fila, le lycéen Claude Garcia s’immisce dans la famille d’un camarade de classe et se sert de la vie de cette famille comme matière pour la rédaction d’un récit épisodique qui enchante son professeur, Germain ; à la fin de la pièce, Germain frappe Claude au visage et le chasse de sa vie. Or lorsqu’Ozon adapte ces deux oeuvres dramatiques au cinéma, il y effectue des modifications importantes qui accentuent les rapports complexes de domination. En examinant les moments clés de ces deux adaptations, cet article montrera de quelles façons Dans la maison fonctionne comme contrepoids à Gouttes d’eau, où le jeune homme se fait anéantir par son amant plus âgé.
Mots-clés : adaptation, théâtralité, Fassbinder, adaptation, Mayorga, Fassbinder, theatre, Mayorga, François Ozon, François Ozon
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10353.Plus d’information
Claude Boudan, moine célestin d’un statut considérable, qui remplit plusieurs offices au sein de l’Ordre monastique, fut aussi un auteur de vers latins à la fois productif et talentueux. Parmi ses oeuvres nombreuses qui demeurent en manuscrit, le long poème en hexamètres dactyliques, intitulé De mutua hugonostici belli et catholicae pacis collatione carmen heroicum, constitue une prestation unique dans la mesure où elle donne la perspective, claire et directe, du poète monastique sur les événements récents et l’actualité des Guerres de religion en France. Écrit sur un ton énergique et même parfois polémique, ce poème raconte plusieurs incidents violents survenus entre le début des années 1560 et le massacre de la Saint-Barthélemy en 1572, d’un point de vue résolument partisan. Il ressemble en cela à une bonne part de la poésie polémique composée pendant cette période, par des auteurs aussi divers que Ronsard, d’Aubigné, Jean Dorat et Léger Duchesne.
Mots-clés : Poésie polémique, Guerres de Religion, Célestins, Rayonnement culturel monastique, littérature engagée
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10354.Plus d’information
Mots-clés : atelier d'écriture, corps, médical, déport, détour, jeu, procréation médicalement assistée, voix
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10355.Plus d’information
Les auteurs de cet article visent à comprendre comment les conceptions de pratiques sociales de référence peuvent contribuer à reconfigurer un objet d’enseignement. Dans le cas présent, ils s’intéressent à l’objet « poésie ». Une analyse de contenu du discours de 32 poètes québécois contemporains confronté à celui de 20 enseignants du secondaire a été réalisée de façon à cerner les complémentarités et les distinctions dans leurs conceptions. Quelques aspects communs ont été identifiés à première vue : la poésie est associée à un travail sur la langue, à l’expression de soi, à des visions du monde représenté et à des dimensions de l’expérience esthétique. Toutefois, les justifications que donnent les uns et les autres pour décrire ces aspects diffèrent à plusieurs égards. Les résultats ouvrent la voie à une reconfiguration de la poésie en tant qu’objet d’enseignement. Ainsi, une transposition didactique de savoirs permettant de développer un rapport plus expérientiel et créatif à la poésie comme le défendent les poètes s’ajouterait à la dimension cognitive qui domine dans les conceptions des enseignants.
Mots-clés : didactique de la littérature, didactic of literature, poésie, poetry, poètes, poets, conceptions, conceptions, knowledge, savoirs, secondary education, enseignement au secondaire
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10357.Plus d’information
Le topos de l’auberge dans l’histoire comique crée autant un effet de ressassement que de contraste : elle suscite des situations reconnaissables, conditionne des épisodes stéréotypés, programme des scénarios qu’on retrouve, avec variance et nuance, dans beaucoup de textes du même genre. Partout visible, à la fois comme figure métaphorique modélisant une sociabilité libertine de substitution ou point de contact diégétique où se concentrent en un même endroit intrigues et personnages, l’auberge correspond bien à ce que les satoriens définissent comme une « configuration narrative récurrente ». Les enjeux pluriels convoqués par le topos de l’auberge peuvent ainsi se diviser en trois grandes catégories : il s’agit d’abord d’un lieu public encourageant les rencontres; ensuite d’un lieu qui, précisément en raison de ces voisinages forcés, engendre chaos et violence; enfin d’un lieu qui non seulement héberge des récits, mais constitue en lui-même une image kaléidoscopique de la narrativité. Plus précisément encore, nous retiendrons du topos de l’auberge sa fonction métanarrative, l’une de ses propriétés constitutives permettant son repérage.
Mots-clés : Topos, Auberge, Histoire comique, Narrativité, Espace
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10358.Plus d’information
Le roman du siècle des Lumières est riche en topoi mettant en scène le mentor : Madame de Tencin dans Les Malheurs de l’amour (1747) et Madame Élie de Beaumont dans les Lettres du marquis de Roselle (1764) sont particulièrement sensibles à la mise en scène de ce personnage qui évolue depuis Fénelon de manière dramatique. Dans les textes étudiés, ce conseiller avisé, souvent une femme, évoque une philosophie qui dépasse son symbolisme classique : souvent maître à penser, il devient lui-même un porte-parole désabusé des Lumières, mais il en sera lui-même/elle-même victime. Il/elle guide le mentoré/la mentorée à travers la forêt obscure des illusions passionnelles, celles de l’amour certes, mais celles engendrées surtout par le jeu quelque peu contradictoire des intérêts de classe, de la morale bourgeoise en mal de devenir et d’une aristocratie appauvrie, décadente et libertine. Le XVIIIe siècle voit une véritable métamorphose du mentor classique : il continue de remplir le rôle pluriel de conseiller, mais aussi de modèle d’ordre narratologique surtout chez Madame de Tencin –la référence obligée demeurant Madame de Lafayette. Davantage, le mentor devient au siècle des Lumières un être en chair et en os, sensuel et passionné et dont la morale atteint plutôt une dimension anthropologique, qui ausculte les lois et les sonde à la lumière de la raison. Le siècle des « libertins » est le siècle d’un mentorat repensé, calculé, teinté souvent de ce mal existentiel, résurgence des forces du « moi » double qui caractérise l’être, une philosophie inaugurée par Montaigne et qui trouvera ses échos chez Descartes ou Pascal entre autres. Ce mal persiste au siècle de la « raison » malgré l’optimisme qui semble le caractériser. Nous limitons notre analyse aux deux romans mentionnés dans l’intitulé, mais il serait souhaitable, dans des études ultérieures et pour enrichir la base des données de la SATOR, d’élargir le débat à d’autres romans des Lumières.
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