Documents repérés
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167.Plus d’information
L'étude de Marcel Bénéteaufait le bilan de la chanson traditionnelle française en Ontario et trace son évolution dans le temps et l'espace. L'auteur décrit le travail qu'il a entrepris pour déterminer en premier lieu en quoi consiste le répertoire de l'Ontario français ; à cette fin, il précise quelles sont ses balises historiques et géographiques (où et quand le répertoire s'est-il implanté sur le territoire ?) et ce qu'il comprend au juste (combien de chansons ? quelles chansons ? quelles catégories de chansons ?). Pour ce faire, il a dû s'astreindre à dépouiller les divers fonds d'archives disponibles afin de repérer, identifier et cataloguer plus de 12 000 versions de chansons recueillies en Ontario depuis la fin du xixe siècle, un travail de longue haleine qui a occupé l'auteur au cours des dix dernières années. Le résultat – premiers jalons d'un catalogue de la chanson traditionnelle française en Ontario – permet de décrire avec précision la richesse et la diversité du répertoire tout en tenant compte de ses particularités régionales et de ses apports au fonds commun que partagent les francophones des deux côtés de l'Atlantique.
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168.Plus d’information
En 1937, Marius Barbeau (1883-1969) livrait une oeuvre fondatrice, le Romancero du Canada. Inspiré du Romancéro populaire de la France de George Doncieux, le recueil s'attachait au répertoire des chansons traditionnelles du Canada français. Cet exposé sonde les origines de ce livre et compare les influences opposées subies par l'auteur – notamment celles d'Ernest Gagnon au Canada et de George Doncieux en France – afin de montrer l'originalité du projet qu'il portait en fonction des découvertes qu'il avait faites sur le terrain. On voit ainsi comment la substance du livre, son ordonnance thématique et le contenu des commentaires mettent à jour les intuitions profondes et les positions théoriques qui animent l'auteur, en particulier sur l'origine française et la haute qualité de la tradition canadienne. D'autre part, plus qu'un simple florilège, cette oeuvre de maturité se mue, sans en avoir l'air, en véritable traité de l'évolution des recherches sur la chanson populaire au Canada français.
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169.Plus d’information
L'oralité constitue le format de la chanson. Son historicité est ici examinée dans le contexte de la chanson québécoise (1960-1980), à travers les chansonniers, le spectacle de l'Osstidcho, les groupes québécois et la parole chantée des femmes. De fait, ce qui se produit particulièrement avec les chansonniers, c'est une espèce d'appropriation du langage parlé par le langage littéraire. Or, depuis le spectacle de l'Osstidcho, ce qui caractérise la chanson québécoise, c'est l'abandon d'une langue littéraire au profit d'une langue populaire. Les groupes, par exemple, ont renoncé à la métrique amplifiant plutôt le caractère accentuel de la langue française dont le mouvement pulsionnel exprime une rythmicité nord-américaine mieux affirmée. Quant aux femmes, elles ont questionné, accédant à la création intégrale, le lien entre le corps et l'oralité. Ce qui n'a pas été sans conséquence pour l'exploitation de la langue française. Depuis 1960, c'est donc par un effet de voix particulier que beaucoup de chansons ont trouvé leur « personnalité sonore ».