Documents repérés
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32.Plus d’information
Parce qu'elle allie texte, son et image, la chanson, genre multimodal par excellence, se prête idéalement à une étude intersémiotique en classe de français. Pour permettre aux enseignants d'aller dans ce sens, un dispositif intéressant consiste à envisager successivement les trois strates à propos d'une même chanson. Le texte d'abord : les élèves sont invités à y repérer tour à tour (a) la prosodie, le rythme, les refrains, (b) les sons, les rimes, (c) les registres de langue, (d) le ton, le mode d'énonciation, (e) les actes de langage, (f) la structure narrative interne, (g) la relation externe qui est établie avec l'auditeur virtuel. La bande son ensuite : il s'agit ici d'étudier (a) l'instrumentation, (b) la voix, et (c) la scansion du texte. Le clip vidéoenfin, c'est-à-dire (a) la diégèse, l'histoire racontée par le clip, (b) les procédés de la narration visuelle, et (c) les rapports qui relient ces deux niveaux. Au départ d'un exemple utilisé comme fil rouge (une chanson de Maurane), cet article montre que cette démarche permet aux élèves de considérer chaque strate pour elle-même – tant en réception qu'en production –, sans être parasités par des éléments relevant des autres strates.
Mots-clés : Chanson, multimodalité, texte, son, image
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35.Plus d’information
Les discours sur la chanson ne prennent le plus souvent en compte que ses textes, constituant ainsi une limitation abusive de l'objet étudié. À partir de quelques exemples tirés de l'oeuvre de Georges Brassens, on analyse la façon dont le sens se construit dans la chanson, par la convergence de l'ordre linguistique (le texte), médolique, rythmique et orchestral, afin de poser les bases d'une sémiologie de la chanson.
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36.Plus d’information
La chanson que Paul Zumthor appelle « poésie orale sonorisée » est un héritage de la poésie lyrique à forme fixe. D'ailleurs, chez Gilles Vigneault, le plus médiéval des chansonniers du Québec, on trouve encore la villanelle, la ballade avec envoi. À ce titre, la chanson, comme genre, emprunte beaucoup aux figures de la rhétorique, énumération, répétition, chiasme, opposition, anaphore, etc. Elle garde surtout de la forme fixe une sorte de concision qui la rend lapidaire. Appartenant à la poésie lyrique, la chanson joue sur le rythme, sur la musicalité et, sur la tropation tout particulièrement. Elle réconcilie texte musical et texte littéraire, les marie, les oppose, assure leur efficacité réciproque par leur rencontre mesurée, ponctuée, valorisée. En ce sens, et l'évolution de la chanson d'un siècle à l'autre est allée vers cela, la chanson appartient au(x) discours et possède un pouvoir rhétorique tel qu'elle est devenue un haut lieu de la poésie chantée en même temps qu'une tribune idéologique plurielle. Le présent article a voulu illustrer cela à partir d'une chanson de Jacques Brel.
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38.Plus d’information
Cette analyse aborde le cas singulier de la circulation de la chanson J'attendrai dans la culture des années 1940, dont l'analyse des variantes permet de cerner les rapports mouvants d'une chanson aux genres chansonniers et musicaux, aux goûts et aux pratiques du public, ainsi qu'à leur ancrage au sein des champs culturels nationaux. Elle permet même, parfois, de sonder les modalités de l'évolution des modèles des rapports sociaux entre les sexes présents dans différentes versions. Ce sont ainsi autant les enjeux artistiques, culturels, sociaux et intimes à l'oeuvre qui guident notre analyse de ce cas de transfert culturel, que le repérage de vecteurs permettant de formuler une équation de la circulation culturelle des chansons à succès.