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9671.Plus d’information
Afin de cerner le processus d'écriture numérique, son enseignement et son évaluation, les auteures ont interrogé les bases de données récentes par thèmes (processus, stratégies, compétences, matérialité, genres et évaluation de l'écriture numérique). L'article présente tout d'abord les caractéristiques génériques de l'écriture numérique, soit l'hypertextualité, un design adapté, l'interactivité, la multimodalité et la collaboration. Il formule ensuite, sur cette base, vingt recommandations documentées pour favoriser son enseignement à l'école. Ces recommandations vont des précautions technologiques à prendre aux questions éthiques, en passant par des conseils à propos de la structure des textes, des compétences à privilégier, des ressources auxquelles recourir et des suggestions quant aux modalités didactiques d'application.
Mots-clés : écriture numérique, multimodalité, compétences, habiletés, formation, digital writing, multimodality, competencies, skills, formation
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9672.Plus d’information
Cette étude s'intéresse aux représentations, dans la littérature jeunesse, des relations entre les enfants avec trisomie et autisme et leurs frères et soeurs, au regard des conclusions des travaux scientifiques sur les relations fraternelles à l'épreuve du handicap qui mettent en évidence l'impact différentiel de ces deux types de handicap sur la construction de ce lien. Cet intérêt pour la littérature jeunesse se justifie par le fait que lorsque les livres destinés aux jeunes enfants abordent des questions difficiles comme le handicap, ils proposent des situations et des modalités de réponse en accord avec les représentations et normes culturelles. Ainsi, ils peuvent aider au dialogue en particulier avec les frères et soeurs d'enfants avec handicap et remplir une fonction éducative. Dans cette perspective, 24 livres destinés aux enfants âgés de 3 à 12 ans, 12 pour chacun des deux types de handicap ont fait l'objet d'une analyse de contenu. Les résultats indiquent que tous les ouvrages autorisent l'expression de la souffrance et d'un rapport conflictuel avec l'enfant porteur de handicap. Mais, alors que l'empathie et les gratifications affectives perçues par la fratrie de l'enfant avec trisomie permettent d'instaurer la complicité, le rejet et l'indifférence ressentis par celle de l'enfant avec autisme peuvent entraver la construction du lien fraternel. À l'injonction parentale à la responsabilisation s'ajoute pour les frères et soeurs des enfants avec autisme l'exigence d'une compréhension inconditionnelle qui est ressentie comme injuste. Il appert donc que les livres étudiés sont susceptibles d'accompagner utilement les frères et soeurs des enfants porteurs de handicap et permettent une potentielle reprise éducative, mais ouvrent rarement sur une projection dans l'avenir.
Mots-clés : littérature jeunesse, handicap, fratrie, trisomie 21, autisme, famille, représentations sociales, children's literature, disability, siblings, down syndrome, autism, family, social representation
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9673.Plus d’information
Mots-clés : exotisme, musique française, orientalisme, xixe siècle, xxe siècle, exoticism, French music, orientalism, 19th century, 20th century
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9674.Plus d’information
La minimisation des dommages, dit-on souvent, est une règle de common law : donc, elle ne s'applique pas dans le Québec. En l'occurrence, « ne s'applique pas » signifie « ne devrait pas être appliquée » car les opposants confondent droit positif et droit normatif. Curieusement, la question est surtout débattue en droit du travail, rarement en droit civil. Cela est paradoxal, en ce sens que le Code civil n'exprime pas la règle, tandis que le Code du travail québécois — comme d'autres lois canadiennes similaires — contient un article particulier énonçant la règle explicitement. Le phénomène pourrait s'expliquer par la dimension collective du droit du travail qui tend à amplifier la portée des discussions et à les diffuser dans la population. À l'opposé, la minimisation des dommages est appliquée sans discussion dans les litiges privés et la jurisprudence tient la règle pour acquise.Cette note de recherche montre que la minimisation des dommages était connue de l'ancien droit français; malgré que les codificateurs aient décidé de ne pas l'énoncer explicitement, elle a survécu comme cas particulier de la règle de la non-compensation des dommages indirects. Aussi le débat s'est-il engagé sur des bases fragiles. L'origine de l'article 15 remonte au droit civil. Le fait que la common law comporte une règle semblable n'a aucune pertinence, dans la perspective que nous examinons ici.La véritable question est de savoir pourquoi un employeur ayant contrevenu à l'article 15 devrait bénéficier du travail d'un salarié congédié qui a eu la chance de se trouver un autre emploi ? La réponse et qu'il n'y a ici aucun bénéfice, dans le sens où l'auteur d'une faute n'a rien à payer si peu ou pas de dommage n'en est résulté. Par ailleurs, pourquoi le travailleur recevrait-il double salaire s'il est réintégré ? Serait-ce une façon d'implanter les dommages punitifs dans cette partie de notre droit du travail ? Au fond, tout le débat est d'ordre normatif, sous le couvert du droit positif. Une fois reconnue et acceptée cette assertion, les enjeux apparaissent, plus clairement, sous un jour nouveau.
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9675.Plus d’information
Sculptée sur la face avant du large pilier de l'église de Souillac, la représentation de bêtes sauvages déchiquetant leur proie a toujours fasciné les visiteurs. Pour les chercheurs cependant, sa complexité et son ambiguïté se sont toujours révélées difficiles à interpréter. La manière de représenter le motif découle d'une tradition animalière destinée à rehausser la vaillance masculine. Ce traitement traditionnel se trouve ici contredit par l'apparition, dans la partie supérieure du pilier, d'un homme nu, sans défense et attaqué par des animaux qui lui infligent des sévices corporels. Le pilier tient ainsi deux discours distincts et radicalement opposés sur la souffrance. Le premier reste relié aux moeurs des seigneurs féodaux et le second à l'ordre monastique. En transgressant ces frontières bien établies, l'image produit du sens et un impact psychologique par la confrontation de ces deux discours antagonistes. Il transforme la mentalité guerrière féodale, celle qui dénie la souffrance et la peur de la mort, et propose une autre vision plus près de la perception et des intérêts défendus par l'ordre monastique. En effet, pour celui-ci, la souffrance (physique et spirituelle) aussi bien que la peur de la mort se trouvent à être des éléments essentiels au futur triomphe de l'âme. Les images sculptées et leur iconographie contribuent donc dans leur originalité programmatique au changement des attitudes sociales et religieuses qui marquent la société laïque du sceau de la culpabilité. Je soutiens donc ici que les sculptures du portail de Souillac participent visuellement, dès le XIIe siècle, à la transformation radicale des mentalités.
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9678.Plus d’information
Cet article part d'un constat : la difficulté d'associer fantastique, Canada et femmes, en dehors d'une simple approche panoramique au gré de parcours singuliers. Refusant une telle approche, il convient dès lors de voir ce qu'implique cette dynamique associative, et de percevoir comment l'association permet de dégager, si l'on refait le parcours inverse, de nouvelles perspectives pour chaque terme. Pour bien délimiter le territoire de cette dynamique associative, on s'interrogera dans un premier temps sur le piège et le catalyseur que représentent les théories franco-française et anglo-étasunienne du fantastique et du gothique pour le Canada. Ce cadre permettra de mieux cerner l'élan particulier qui s'installe à partir des années 1970 : on abordera alors les récits à effets de fantastique non comme une catégorie à part, mais comme des textes qui reflètent de manière étonnante, aux plans institutionnel et métaphorique, ce qui se joue tant au Québec qu'au Canada quant à la volonté de créer des canons susceptibles d'apporter des formes d'autonomisation littéraire. Dans un second temps, on prendra pour mesure deux auteures : Anne Hébert et Margaret Atwood. Si leur production ne présente qu'épisodiquement des effets de fantastique, nous entendons aborder chez elles les récits de ce type non comme des hapax, mais selon leur exemplarité, et leur capacité de réfléchir ce qui se joue en cette période : les parcours singuliers seront appréhendés par le prisme de la dynamique associative fantastique, femmes et Canada, et permettront de dégager de nouvelles pistes de lecture.
Mots-clés : effets de fantastique, institution littéraire, comparatisme canadien, Margaret Atwood, Anne Hébert
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9679.Plus d’information
Cette étude évalue la réalité et les sources de l’affaire du « serpent de mer du Constitutionnel », attribuant à ce journal la paternité de l’invention de cette plaisanterie (canard) de journaliste, diffusée comme un gag récurrent durant le XIXe siècle. Ce n’est pas tant la diffusion des histoires de serpent de mer qui en est l’objet que cette attribution problématique, traditionnelle dans l’histoire de la presse française. Au terme du parcours, qui ressemble à une enquête policière, il est établi que la première mention d’un serpent de mer a bien eu lieu en 1817 dans ce journal, alors retitré Journal du commerce, mais qu’il n’a jamais eu l’exclusivité de la diffusion de ce canard, qui provient du reste de journaux américains : avant les actuelles numérisations des journaux, il était difficile sinon impossible de retrouver de brèves mentions voire des articles sur de tels sujets. Il était donc aisé de s’en moquer sans avoir à en fournir de justification sourcée.
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9680.Plus d’information
Dans cet ouvrage de presque 1200 pages, l’économiste Thomas Piketty explore, en une perspective historique et comparée, les soubassements idéologiques et politiques des structures économiques et sociales. Il s’agit de percer, dans le temps et l’espace, les ressorts de la relation entre la politique et l’économie, afin de comprendre comment les « régimes inégalitaires » s’établissent, se transforment ou se perpétuent. Étayant le constat d’une exacerbation des inégalités socio-économiques depuis une trentaine d’années, le chercheur propose des pistes de réflexion en faveur d’un modèle de développement socialement plus juste.