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Dans ses derniers écrits, et plus particulièrement dans Les Rêveries du promeneur solitaire, Rousseau se livre à des réflexions très poussées sur sa propre vie et les singuliers événements qui l'ont conduit au triste état auquel on l'a réduit. Comment comprendre que le plus innocent des hommes soit l'objet d'une vindicte si cruelle et si injuste ? L'examen de cette destinée, aussi sombre qu'exceptionnelle, lui donne plus largement l'occasion de méditer sur le hasard, la fatalité et la Providence. Ces pages décisives se nourrissent d'influences diverses et même contraires (le stoïcisme, l'épicurisme, le matérialisme et le protestantisme) et de diverses anecdotes (sa visite aux Invalides, le souvenir d'une anecdote vécue auprès de Mme de Warens) qui visent ultimement une forme de consolation des malheurs qu'il essuie. Seule la philosophie et les consolations qu'elle permet donnent en effet l'occasion à Rousseau de se libérer de l'emprise de ses féroces ennemis.
Mots-clés : Rousseau, Lumières, stoïcisme, épicurisme, matérialisme, protestantisme, Providence, fatalité, Rousseau, Enlightenment, stoicism, epicurism, materialism, Protestantism, Providence, fatality
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Cette thèse tente de conjuguer une création littéraire et une recherche en théorie de la création. Elle ne comporte pas une partie réservée à la réflexion théorique et une autre à des textes de création, ce qui la distingue d'une thèse de création littéraire. L'objectif de cette thèse n'est pas de réfléchir, d'une part, sur le processus de la création alors que, d'autre part, s'écrit une œuvre de création. Son but est de réfléchir en théorie de la création en même temps que s'invente une forme d'écriture appropriée à la réflexion théorique en train de se développer. Ce genre d'écriture théorique a reçu le nom d'« essai comme forme ». Il a été théorisé principalement par Georg Lukács et Theodor Adorno, et mis en pratique …
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RésuméComment les théories sur la transmission et la création du sens peuvent-elles éclairer la vision de la beauté (et de son pendant, la laideur) dans la pièce de théâtre Provincetown Playhouse, juillet 1919, j'avais 19 ans de Normand Chaurette? De même que le processus de détection fonctionne dans un système basé sur des relations de substitution, la vision esthétique de la pièce passe par la pensée métaphorique. Du coup, la création du sens et la création du sentiment ressemblent au même mécanisme redoutable.
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Mots-clés : net art.
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RésuméLa sensation du temps est très particulière dans les films de John Cassavetes. Le temps est, dirait-on, étiré, suspendu. Ce « suspense », pour utiliser le terme dans un sens particulier, est souvent celui de l'attente d'une catastrophe à venir, qui se manifeste moins par une action au sens fort que par des signes signalant le basculement des personnages vers une crise, que les mouvements chaotiques de la caméra, tout comme le son, les paroles souvent imprécises, semblent accompagner. Le présent article s'applique à analyser cette apocalypse subjective ou « petite apocalypse » pour reprendre le titre d'un roman de Tadeus Konwicki, à travers Husbands (1970) et The Killing of a Chinese Bookie (1976).
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Paris est, avec peut-être New York comme seul rival, un des « personnages » les plus illustres de l'histoire du cinéma. Des « vues Lumière » jusqu'aux pérégrinations des héros de la Nouvelle Vague, de la psychogéographie de Debord aux cartographies affectives de Rohmer, en passant par les Paris vu par (1965, 1985) et autres Paris je t'aime (2006), peu de villes ont été autant filmées, et peu de villes ont eu autant d'influence sur l'imaginaire cinématographique. Il est notamment fascinant de constater la migration de cet imaginaire au sein des cinématographies asiatiques contemporaines. Cet article se penche sur le film Night and Day (2008) de Hong Sang-soo, tourné principalement dans le XIVe arrondissement à Paris, seul film de ce cinéaste sud-coréen à avoir été réalisé à l'extérieur de son pays. Le cinéma de Hong Sang-soo tourne autour d'un périmètre très limité et obsessif de lieux (cafés, bars, appartements), de quartiers et de situations (beuveries, triangles amoureux, vacances). Night and Day, avec le XIVe arrondissement comme toile de fond, en offre une énième variation, délocalisée, certes, mais totalement marquée par la présence du familier. Plutôt que d'être une expérience de la ville fondée sur le choc des cultures ou la rencontre avec l'autre, Night and Day propose un regard tout à fait décomplexé sur Paris, attentif aux « choses vues » les plus triviales, et marqué par un attachement aux lieux ordinaires, au commun, au quotidien, aux parcours du héros (qui n'y rencontre, à peu de choses près, que des Coréens). Par ailleurs, comme pour Tsai Ming-liang (Et là-bas, quelle heure est-il ? [2001], Visage [2009]) ou Hou Hsiao-hsien (Le Voyage du ballon rouge, 2007), l'appropriation de Paris est indissociable d'une culture cinéphilique (en l'occurrence, dans le cas de Hong Sang-soo, du cinéma de Rohmer). Il s'agira donc d'essayer de décrire les modes d'appropriation de l'espace de la ville dans ce film, et l'imaginaire culturel par lequel ils transitent.