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896.Plus d’information
Les historiens ne s'entendent pas sur la nature de la diplomatie canadienne durant la guerre de Corée, de 1950 à 1953. Certains penchent vers les interprétations traditionnelles qui font ressortir les différences entre le Canada et les États-Unis au sujet de la stratégie occidentale en Asie en période de guerre froide, des différences qui ont incité Ottawa à favoriser une « diplomatie de retenue ». D'autres minimisent le fossé entre Ottawa et Washington et maintiennent plutôt que les visions du monde similaires et les intérêts communs durant la guerre froide ont grandement limité le penchant et la capacité d'Ottawa à freiner les États-Unis, pays beaucoup plus puissant. La contribution du Canada à l'Agence des Nations unies pour le relèvement de la Corée (ANURC), créée à l'automne 1950 en vue d'aider à reconstruire la Corée du Sud dévastée, fournit l'occasion de vérifier ces deux interprétations à partir de sources documentaires encore inexploitées. Le présent article explore la série de motifs, d'objectifs et de préoccupations opposés qui ont façonné l'attitude du Canada à l'égard de cet organisme des Nations unies. Il est clair que l'humanitarisme et l'attrait du commerce avec l'Asie soit entrés en ligne de compte. Mais la politique a prévalu. Le soutien accordé à l'organisme onusien a aidé Ottawa à maintenir l'appui au pays, surtout chez les libéraux et les progressistes, en faveur du brutal conflit asiatique. Les représentants du Canada, à l'instar de leurs homologues des Nations unies et des États-Unis, ont adopté l'ANURC comme un effort « novateur » pour mettre à l'honneur le développement capitaliste durant la guerre froide en Asie. Qui plus est, l'ANURC a fourni un autre levier multilatéral qu'Ottawa a utilisé pour contrebalancer, ou freiner, la tendance américaine à « faire cavalier seul ».
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897.Plus d’information
La bande dessinée coréenne (manhwa) est « animée » par l'omniprésence d'iconotermes imitant non seulement des sons (onomatopées), mais aussi des mouvements qui peuvent être tant physiques (gestes, mimiques, déplacements) que sensoriels ou psychiques (émotions, états d'âme), ou qui peuvent suggérer un aspect, une texture. Elle prend ainsi une dimension à la fois sonore, cinétique, voire émotionnelle. Face à ces idéophones, plusieurs stratégies s'offrent aux traducteurs : outre l'omission pure et simple, communément pratiquée, et la transcription phonétique en lettres latines, souvent opaque, certains leur substituent un mot ou un syntagme ; le rendu est alors trop sémantique et explicite. Le recours à un iconoterme (souvent une onomatopée) permet de restituer de manière plus suggestive et imagée, au-delà du sens, toute la force expressive ou iconique de l'idéophone d'origine, activant ainsi en sourdine l'imagination sonore, voire visuelle et émotionnelle, du lecteur-déchiffreur dans un environnement du tout-à-l'image. Or, c'est là une des spécificités, un des attraits du manhwa et de ses idéophones. Lorsque ces stratégies ne suffisent pas, la solution que nous proposons est le simple report si l'on « dessine » le sens, l'évoquant par sa disposition graphique (calligrammes).
Mots-clés : bande dessinée, iconicité, mots mimétiques, onomatopée, idéophone, comic strips, iconocity, mimetic words, onomatopoeia, ideophone
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898.Plus d’information
L'AECG pave la route à un nouveau modèle d'accords commerciaux. Les innovations y sont nombreuses mais la plus importante demeure toutefois la coopération règlementaire. Un chapitre particulier lui est consacré et de nouveaux mécanismes institutionnels ont été introduits, avec l'objectif général de rapprocher les réglementations, d'éliminer les barrières inutiles au commerce et à l'investissement, de privilégier les bonnes pratiques et la transparence et de favoriser leur convergence, y compris par la reconnaissance mutuelle. Alors que les nouvelles technologies bouleversent la production et le commerce, il ne s'agit plus tant aujourd'hui d'ouvrir les marchés que de les interconnecter. L'article replace le débat nouveau qui s'est amorcé autour de la coopération réglementaire dans ce nouveau contexte, montre en quoi la démarche initiée par l'AECG s'écarte des modèles traditionnels aussi bien de négociation commerciale que de coopération intergouvernementale, et revient sur les perspectives offertes par le Forum de coopération en matière de réglementation pour inclure la société civile aux débats.
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899.Plus d’information
Cette étude examine les différentes stratégies mises en oeuvre par les traducteurs pour rendre en français l'expressivité des interjections onomatopéiques coréennes. À la différence de l'onomatopée, une interjection est, en réaction à une situation vécue, pourvue d'un affect, d'une intention de communiquer (expressive ou injonctive). Entre manifestation émotionnelle et formulation implicite, leur ambiguïté sémantique ne permet pas d'en interpréter aisément la valeur situationnelle, telle qu'elle est communément interprétée dans la culture d'origine. À défaut d'interjections équivalentes en langue cible, les traducteurs des interjections coréennes ont donc alternativement recours soit à de simples translittérations, soit à des reformulations plus explicites non interjectives. Après avoir défini le cadre de notre étude, nous étudierons, par des exemples empruntés à la littérature coréenne, les différentes stratégies qui permettent de traduire et transmettre en français la valeur expressive et la charge émotive de ces éléments de langage dits « primaires ». Enfin, nous proposerons quelques solutions de rechange non interjectives ou somatiques pour rendre perceptible leur densité sémantique.
Mots-clés : interjections, affect, gestualité, fonction discursive, densité sémantique, interjections, affect, gestures, discursive fonction, semantic density, interjecciones, afecto, lenguaje corporal, función discursiva, densidad semántica
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900.Plus d’information
Aujourd’hui, devant la montée du populisme de droite, plusieurs acteurs politiques pensent le besoin d’un populisme de gauche. Certains secteurs politiques de gauche prônent la réinvention d’un nationalisme populiste. Malgré les différences par rapport à cette expérience qui a été forte au Brésil des années 1950/60, certains éléments se maintiennent comme un noyau dur de cette idéologie politique. Parmi eux le fétiche du développement comme croissance industrielle, le développement du « marché intérieur », la caractérisation du pays comme dépendant, la conception que cette dépendance tient aux relations d’une domination extérieure du « capital impérialiste » qui opprime et empêche la soi-disant « bourgeoisie nationale » de se développer. Le développement doit se faire en alliance aux « entrepreneurs nationaux » dirigé vers le dépassement de la dépendance à travers l’industrialisation. Cette « théologie développementiste » remonte, en vérité, à la fin de la II Guerre Mondiale avec la fondation de la CEPAL. Mais si pendant les années 1960 est devenu claire que la stratégie du grand capital brésilien était devenir transnational - chose faite pendant les années d’affirmation de la doctrine néolibérale (1990/2020), la crise de reproduction du capital a promu un processus profond de désindustrialisation. Une partie des grands capitaux brésiliens rejettent toute aspiration à une troisième voie, dont le développement devrait être dans l’intérêt de la grande majorité de la population brésilienne avec répartition des richesses. Ils fusionnent avec de grands oligopoles financiers internationaux.