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235.Plus d’information
RÉSUMÉChez Foucault le pouvoir est d'abord pensé comme déploiement de la visibilité et comme inscription des corps. On voit dans une première partie comment les figures de l'autorité disparaissent, laissant place à un espace de dispersion où s'estompe la figure de l'homme comme effet passager d'une discontinuité entre le savoir et le pouvoir. Si le pouvoir est invisible lorsqu'il se confond avec l'adéquation à soi du savoir, c'est dans un effet de résistance que se constituent nos expériences qui sont à la fois événements et significations : dans une deuxième partie nous reprenons la question du pouvoir à partir de l'impuissance du sujet à fonder son expérience, la perte de l'intériorité, la difficulté de la contestation, la perte de la profondeur, la perte du corps comme « propre » qui est aussi perte de l'excellence inhérente à tout être humain et du sexe comme affirmation de la différence (ou d'une identité). Nous croyons toujours opposer une nature intacte au déploiement du pouvoir. Nous examinons comment nous croyons trouver cette nature dans ce que nous caractérisons comme sujet de la contestation, peuple-substrat, corps-rebelle ou sexe-nature. Mais - nous le voyons dans la troisième partie - ces natures sont toujours « informées » par le pouvoir. C'est pourquoi, dans ce qui oppose une résistance au pouvoir, tels les expériences de la contestation sociale, de la sexualité et aussi du redoublement et de la transgression dans le langage, on retrouve les mêmes figures de déploiement qui caractérisent un pouvoir qui se redouble en lui-même et se dissémine dès qu'il rencontre des résistances, pour informer celles-ci. Car chez Foucault, l'expérience est une structure tripartite qui met en relation savoir, pouvoir et subjectivité.
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236.Plus d’information
Les bibliothèques existent depuis des millénaires, mais sont-elles encore d'actualité aujourd'hui ? Dans un monde de plus en plus numérique et connecté, nos villes, nos collèges et nos écoles doivent-ils encore faire de la place aux livres ? Et si les bibliothèques ne se résument pas à leur collection de livres, quelle est donc leur fonction ? Dans son ouvrage, Lankes soutient que les communautés, pour prospérer, ont besoin de bibliothèques dont les préoccupations dépassent leurs bâtiments et les livres qu'ils contiennent. Nous devons donc attendre davantage de la part de nos bibliothèques. Elles doivent être des lieux d'apprentissage qui ont à cœur les intérêts de leurs communautés sur les enjeux de la protection de la vie privée, de la propriété intellectuelle et du développement économique. Exigeons de meilleures bibliothèques est un cri de ralliement lancé aux communautés pour qu'elles haussent leurs attentes à l'égard des bibliothèques.
Mots-clés : bibliothèques, bibliothéconomie, communauté, apprentissage, innovation, création de connaissances, libraries, librarianship, community, learning, innovation, knowledge creation
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237.Plus d’information
La population régionale desservie par le magasin J. Ovide Sinclair, à Amqui dans la vallée de la Matapédia, se retrouvait jusqu'à Percé. La publicité de ce populaire magasin à rayons livre des indications très intéressantes sur la marchandise offerte et les messages qui s'en dégagent. La description des objets ainsi que certaines illustrations qui accompagnent les textes sont en effet révélatrices de pratiques et de coutumes. Les magasins multivocationnels sont emblématiques du nouvel art de vivre, développé durant les années 1950, qui se caractérise par un besoin et un désir de consommation. Il faut attirer l'acheteur et lui faire valoir l'intérêt de renouveler sa garde-robe et de modifier son habitation pour son mieux-être, son mieux-vivre et son mieux-paraître. Les habitudes et les valeurs ne se changent cependant pas tout d'un coup. Certaines pratiques transmises d'une génération à l'autre et divers comportements persistent en même temps qu'un nouveau style de vie prend forme. Ainsi, dans la publicité étudiée, le souci d'acheter des biens durables s'avère une préoccupation courante, mais il est accompagné d'un goût certain pour la dernière mode.
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238.Plus d’information
Dans la mémoire collective haïtienne, le terme congo est une insulte ; il désigne une personne encline à la soumission et à la trahison. C'est là une image paradoxale, au regard des faits et de l'histoire. Cet article tente d'élucider ce paradoxe. Il part de l'hypothèse que ce Congo-là est une construction imaginaire, résultant d'une opération de classement quasi racial et d'assignation identitaire. L'auteur montre qu'il s'agit d'une image dépréciative, élaborée au cours de la guerre d'indépendance, dans la dynamique de la lutte de pouvoir entre les divers groupes d'insurgés pour la direction de cette guerre. Au lendemain de l'indépendance d'Haïti, l'image a été reprise et cultivée par la nouvelle minorité possédante au pouvoir, dans ses efforts pour légitimer sa domination sur la masse des cultivateurs réasservis. Aujourd'hui, la fonction de justification et de légitimation de l'image dépréciative de Congo a beaucoup perdu de sa pertinence et de son efficacité. L'image survit cependant à sa fonction sociale, comme légende incontrôlée : un Congo imaginaire s'est superposé au Congo réel.
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239.Plus d’information
Si l'acrobatie aérienne occupe dès l'Antiquité une place de choix au cirque, elle connaît depuis une vingtaine d'années un essor remarquable. L'invention de nouveaux appareils permet la création d'images étonnantes dans le ciel du cirque. Grâce aux recherches développées dans les milieux universitaires, l'acrobatie aérienne s'inspire de la biomécanique sportive et bénéficie des compétences d'entraîneurs pour former des athlètes de haut niveau. La théâtralité est souvent exploitée par les artistes du cirque. Quelles en sont les manifestations dans l'acrobatie aérienne? À travers quelques personnages connus et la dramatisation du risque, il sera question de la dimension théâtrale dans l'aérien contemporain et de sa « lecture » par le spectateur. L'article comprend un glossaire de termes techniques.
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240.Plus d’information
Cet article traite du rôle que jouait la Nouvelle-France dans la consolidation de l'autorité maritime en France, d'abord sous l'Amirauté puis sous la Couronne, au début du XVIIe siècle. L'incorporation de la colonie dans ces juridictions montre que les activités outre-mer faisaient partie des calculs dynastique et politique des titulaires de la même façon que leurs offices et commissions le faisaient en France. Ces activités en Nouvelle-France étaient susceptibles des rivalités personnelles et institutionnelles. L'extension de la juridiction amirale, dedans et hors de France, encouragée par le roi, met en relief les relations intimes entre la formation de l'État et la construction de la souveraineté coloniale dans l'Atlantique français.